Les nouvelles vies du patrimoine industriel

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La quatrième édition de la biennale « Les traces industrielles » bat son plein, et entre le 17 septembre dans la phase la plus importante d'un programme qui a débuté le 1er septembre.

Une vieille fabrique, une ancienne fonderie, une carrière abandonnée, des hauts fourneaux : vous voulez passer un petit week-end de visite originale ou vous cherchez un logement qui sort de l'ordinaire ? Pas besoin d'aller chercher bien loin, les anciens bâtiments de l'ère industrielle connaissent ces dernières années une deuxième vie, loin des images négatives que les cheminées et le smog véhiculaient autrefois. Pour preuve, on parle aujourd'hui de « patrimoine industriel », et certains bâtiments sont même classés à l'UNESCO. Et la République tchèque n'est pas en reste, avec son passé industriel important, comparable à celui des pays occidentaux lors de la révolution du 19e siècle. Preuve que le public suit, « Les traces industrielles », d'un petit événement mineur, est devenu un rendez-vous attendu.

Quatre villes y participent cette année : Prague, Kladno, Liberec et Ostrava. Conférences et expositions sont au programme, mais comme le souligne Benjamin Fragner, à l'origine de la biennale, l'événement a pris des dimensions importantes avec désormais des pièces de théâtre, des concerts, des installations artistiques. A ce propos, RP lui a demandé quelles étaient les différentes façons de réutiliser des bâtiments industriels :

« Chaque type de bâtiment permet une autre utilisation et tous ne permettent pas d'être utilisés de la même façon. Par exemple, pour transformer un bâtiment en lieu d'exposition ou même en musée, seuls certains bâtiments vont correspondre, par exemple ceux qui possèdent de grandes salles spacieuses, comme les anciennes halles ou les anciens ateliers. Mais d'autres problèmes peuvent voir le jour en terme d'isolation, de luminosité. La plupart des constructions industrielles - et cela découle de la fonction d'origine - ont de grands espaces auxquels il faut trouver un rôle spécial. On n'est pas obligé d'en faire des lieux d'exposition, on peut les transformer en logements, mais ils seront différents de ceux auxquels on est habitués, comme les lofts. »

Dans le cadre de la biennale, une exposition organisée à l'hôtel de la Vieille-Ville de Prague débutera le 18 septembre. Intitulée « Le visage de l'époque industrielle », elle rassemble des photographies de l'âge d'or de l'industrie, soit à partir des années 1880 jusqu'au déclanchement de la Première Guerre mondiale. Jan Hozak du Musée national technique qui fête ses 100 ans, nous en dit plus :

« Sur les photos on voit bien comment l'architecture, quand elle était nouvelle et remplissait ses fonctions, était belle, déjà à l'époque et comment on pensait à faire en sorte qu'elle ne soit pas que fonctionnelle. De nombreux bâtiments ont été intégrés à l'environnement, ont été entourés de parcs par exemple. En ce qui concerne l'exposition, c'est un aperçu de l'histoire, pas seulement de l'architecture mais aussi du cadre de vie, une percée dans les sphères intimes des personnes, dans les cercles privés. On voit bien comment la technique s'est introduite dans les existences sans que les gens aient été parfois préparés. Ou alors ils étaient préparés et en ont profité, que l'on pense aux transports, avec le train, ou l'utilisation de la technique dans le cadre des loisirs, avec le vélo. »

La partie la plus importante de la biennale « Les traces industrielles » s'achèvera le 23 septembre, mais partout, dans les quatre villes concernées, expositions et autres rendez-vous artistiques se poursuivront jusqu'à la fin septembre.