Les Tchèques boivent de moins en moins de bière !

Photo: Lenka Žižková

Bon sang, mais que se passe-t-il ? Les chiffres sont tombés comme un couperet pour l’industrie de la bière en République tchèque. Après cinq années de croissance, la production brassicole du pays a baissé en 2017 et cela s’explique essentiellement par un recul de la consommation des Tchèques de leur boisson nationale.

František Šámal, photo: Archives de l'Union nationale des brasseries et malteries
20,32 millions d’hectolitres du précieux breuvage sont sortis des brasseries tchèques l’an passé. C’est 0,7 % de moins qu’en 2016 et, inutile de tourner en rond, l’explication est simple, les Tchèques boivent moins de bière. La consommation annuelle par tête de pipe s’est élevée à 138 litres, en recul de dix pintes sur une année. C’est un chiffre historiquement bas selon František Šámal, le président de l’Union nationale des brasseries et malteries :

« C’est clairement le chiffre le plus faible de l’histoire. La consommation par personne a atteint jusqu’à 162 litres, autour de l’année 1990. C’est un phénomène qui est principalement causé par la chute de la consommation de bière à la pression. »

Car les Tchèques désertent de plus en plus les pubs pour privilégier une consommation casanière, ce dont peut témoigner la hausse continue des ventes de bières en canette. Selon Martina Ferencová, membre de l’organisation de défense des intérêts des brasseurs, cette tendance, qui n’est pourtant pas nouvelle, serait à mettre sur le dos de réglementations introduites récemment qui nuiraient à l’activité des tenanciers de bars, en particulier l’interdiction de la cigarette dans les bars et restaurants.

Tout n’est pas perdu pour autant pour les brasseries tchèques puisqu’elles parviennent à exporter toujours davantage vers l’étranger. Martina Ferencová :

« Au total, 4,6 millions d’hectolitres de bière ont été exportés depuis la République tchèque l’an passé, ce qui correspond à une croissance sur un an de 4 %. La croissance des exportations est commune à toutes les formes de bière et parallèlement à cela, on a aussi de plus en plus de tavernes sur le modèle tchèque à l’étranger. »

Photo: Lenka Žižková
Les exportations, voilà qui serait la seule voie de salut possible pour les brasseurs du pays si l’on en croit František Šámal :

« C’est la seule chance pour les brasseries. Il faut exporter, et principalement hors de l’Union européenne car le marché en Europe est saturé. Et on peut supposer que sur le marché national, la consommation va continuer de stagner, voire même de diminuer. »

Des perspectives plutôt sombres donc, d'autant plus que, parallèlement, il faut noter que les importations de bière ont crû en République tchèque en 2017. Elles restent cependant au niveau le plus faible parmi les pays de l’Union européenne.