L'histoire de la famille noble Kinsky

Radslav Kinsky, photo: CTK

Aujourd'hui, je voudrais attirer votre attention sur une exposition intéressante qui sera ouverte jusqu'à la fin du mois de septembre dans le manège du château de Zdar nad Sazavou. L'exposition « Dieu, l'honneur et la gloire » présente des tableaux, des photographies et des objets d'art lieu présentant l'histoire et le destin de la famille noble Kinsky. A cette occasion, je voudrais vous présenter cette famille qui a donné une série d'hommes remarquables à notre pays.

Si je devais présenter les traits de caractère principaux de la famille Kinsky, je dirais le patriotisme, et cela durant toute l'histoire. Quatre comtes Kinsky ont occupé la fonction de plus haut chancelier du pays, beaucoup d'entre eux étaient des diplomates ou des économistes réputés qui ont contribué à la naissance de la tradition de l'élevage des chevaux et de la cynégétique. Ils ont aussi fait construire en Bohême et en Moravie une série de monuments architectoniques précieux.

A la veille de la signature du traité de Munich, les représentants de douze familles nobles, conduits par Zdenek et Frantisek Kinsky, ont présenté au président d'alors, Edvard Benes, une déclaration sur l'inviolabilité de l'Etat tchécoslovaque et de ses frontières. Six mois plus tard, après l'occupation de la Tchécoslovaquie par les troupes nazies, ils ont présenté un mémorandum au président du protectorat de Bohême et de Moravie, Emil Hacha, dans lequel ils se sont fait connaître ouvertement et avec netteté à la nationalité tchèque. A l'époque, c'était un acte très courageux, ce dont témoigne d'ailleurs la réaction des nazis. Beaucoup de leurs biens ont été confisqués ou placés sous l'administration forcée, certains comtes finissant même sur l'échafaud.

Parmi les membres de la famille Kinsky qui sont revenus après les changements politiques de 1987 dans leur ancienne patrie, il y a justement le comte Radslav Kinsky de Zdar nad Sazavou. Au début des années 90, le château de ses ancêtres lui a été restitué. Ceux qui ont déjà vu l'exposition ne peuvent que constater que Radslav Kinsky sait tenir ses promesses et fait tout ce qui est en ses moyens pour que cet héritage culturel soit non seulement bien entretenu mais aussi accessible au public.

Radslav Kinsky, photo: CTK
Les origines de la ville historique de Zdar nad Sazavou au bord de la rivière Sazava remontent à 1252, date à laquelle un couvent cistercien fut fondé dans une forêt impénétrable à la frontière tchèque et morave. L'histoire la plus lointaine du monastère et de la ville est décrite dans un manuscrit médiéval unique en son genre - la chronique en vers «Cronica domus Sarensis», écrit en latin par le moine Jindrich Rezbar autour de l'an 1300. Le monastère a connu son plus grand essor au XVIIIe siècle, sous la direction de l'abbé Vaclav Vejmluva, celui-là même qui a invité à Zdar le célèbre architecte Jan Santini Aichel. Ce dernier a transformé la ville en un centre de style architectonique que l'on appelle le gothique baroque tchèque. Le monastère cistercien, le château du comte Radslav Kinsky, actuellement, est devenu le centre culturel de la ville de Zdar nad Sazavou. J'ai trouvé le docteur Radslav Kinsky dans son bureau décoré de trophées de chasse. Il m'a parlé de l'histoire de sa famille fondée, selon une vieille légende, par Teta, soeur de la princesse Libuse, et par un hercule qui, les mains vides, a tué un sanglier pour le mettre à ses pieds...

Après l'occupation de la Tchécoslovaquie par Hitler, en 1939, les familles nobles ont été contraintes d'adopter la nationalité allemande. La famille Kinsky a rejeté cette proposition, ce qui n'était pas sans conséquences pour ses membres...

Après le putsch communiste en février 1948, une vingtaine de familles nobles, sur un total d'environ soixante, sont restées en Tchécoslovaquie. Celles qui sont restées ont été expropriées, beaucoup de nobles ont été mis en prison ou ont été condamnés à exercer des professions manuelles. La famille Kinsky est partie pour l'étranger mais le jeune Radslav est resté pour terminer son service militaire. Il n'a quitté le pays qu'en 1958 pour rejoindre sa famille en France. Il ne retourne dans son pays natal qu'en 1989 pour s'occuper des biens de ses ancêtres. Depuis son retour à Zdar nad Sazavou, il a réussi à faire reconstruire une grande partie de son château, il s'occupe de pisciculture et de ses vastes forêts. C'est son emploi du temps quotidien...

Auteur: Astrid Hofmanová
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