L’Office pour la protection juridique internationale des enfants bloqué par l’association de pères divorcés

La protestation de l’association de pères divorcés K213, photo: CTK

L’Office pour la protection juridique internationale des enfants a une nouvelle directrice, l’avocate pragoise Lenka Pavlova. Or le siège de l’office à Brno est depuis plusieurs jours bloqué par l’association de pères divorcés K213 qui n’ont pas laissé entrer sa nouvelle directrice, lui reprochant notamment d’être représentante d’organisations féministes.

La protestation de l’association de pères divorcés K213, photo: CTK
Natalie Barao, Sofie et Lucas Krainik, Adrian Santana – des noms d’enfants de familles mixtes dont les médias ont parlé ces derniers mois en rapport avec les enlèvements parentaux internationaux. Dans ces affaires, l’Office pour la protection internationale des enfants était présenté comme une institution ne défendant pas conséquemment leurs droits. Ce qu’on appelle enlèvements internationaux d’enfants ne représentent que 5% de l’agenda de l’Office : sa mission est d’exiger le versement effectif des pensions alimentaires pour les enfants tchèques à l’étranger et vice-versa, de s’occuper des adoptions internationales et du régime de la garde des enfants. Le cas d’enfants enlevés, la nouvelle directrice Lenka Pavlova en a fait l’expérience: elle était l’avocate de Natalie Barao que son père a emmenée avec lui au Portugal, malgré les protestations de sa mère.

Le ministre du Travail et des Affaires sociales Petr Necas qui a introduit la nouvelle directrice dans ses fonctions espère qu’elle saura regarder chaque affaire avant tout d’un point de vue humain. Et c’est aussi ce que souhaite la présidente du Fonds pour les enfants maltraités, Marie Vodickova :

« J’y vois un espoir pour que les enfants soient épargnés par les drames et les traumatismes auxquels ils sont parfois exposés. »

Avec quels projets, la nouvelle directrice Lenka Pavlova, arrive-t-elle dans les fonctions ? Tout d’abord elle veut modifier la loi sur la demande d’exequatur – les cas où les enfants sont confiés à la garde de l’un des parents sur ordre du tribunal, et la loi sur la famille, notamment sa partie concernant la tutelle. Elle veut aussi faire valoir le droit de l’enfant à exprimer son opinion sur les procédures qui le concernent :

« Je ne suis pas du tout d’accord avec ceux qui mettent en doute le droit de l’Office de connaître l’avis de l’enfant, tant que les limites ne seront pas posées de la part de ses représentants légitimes, de ses parents. »

Petr Necas et Lanka Pavlova, photo: CTK
Lenka Pavlova veut aussi que la priorité soit donnée aux règlements extrajudiciaires des conflits de garde d’enfants. Sa nomination est cependant mise en cause par l’association K213 réunissant quelques 480 membres – les pères divorcés qui n’ont pas la possibilité de voir régulièrement leurs enfants. Leur porte-parole Jiri Fiala reproche à Lenka Pavlova d’être représentante d’organisations féministes militantes. Lenka Pavlova, ainsi que ses anciens collaborateurs, rejettent cette accusation. D’autant que dans sa pratique d’avocat, les hommes bénéficiant de la garde représentaient un pourcentage assez élevé. Le blocage de l’Office a été sévèrement critiqué par le ministre Necas. Quant à la nouvelle directrice, elle travaille dans un autre lieu, en attendant la fin de la protestation. Elle n’a pas non plus l’intention de céder.