Lubomir Zaoralek: Non au "noyau dur" de l'Union européenne

Lubomir Zaoralek
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Lors de sa récente visite en France, le président de la Chambre des députés tchèque Lubomir Zaoralek s'est entretenu avec des hommes politiques français, dont M. Edouard Balladur, chef de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale. Le concept controversé de l'Europe à deux ou plusieurs vitesses a été l'un des principaux sujets abordés.

Lors de chacune de ses rencontres, Lubomir Zaoralek a refusé l'idée de la création de ce que l'on appelle le "noyau dur" de l'Union européenne, un groupe de pays dont l'intégration avancée leur permettrait de jouer un rôle important et en quelque sorte privilégié dans la politique européenne. Il a constaté que, heureusement, ses interlocuteurs n'insistaient pas sur ce concept. "Même M. Balladur, chef de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale, a finalement déclaré que son idée d'une Europe à plusieurs vitesses n'était pas la même chose que la création d'un "noyau dur". Ceci dit, je n'ai pas eu l'occasion de rencontrer M. Sarkozy qui avait évoqué récemment six grands pays européens en tant que "noyau dur" de l'Union. Tout cela est pour nous tout à fait inadmissible et c'est ce que j'ai souligné lors de toutes les rencontres".

Lubomir Zaoralek refuse non seulement le concept selon lequel un groupe de pays jouerait un rôle plus important que les autres membres de l'Union, mais il se montre également réticent à l'idée d'une Europe à plusieurs vitesses. D'après cette idée défendue, par exemple, par Edouard Balladur, certains pays membres pourraient progresser plus rapidement que d'autres sur la voie de l'intégration européenne.

Lubomir Zaoralek ne partage pas cet avis :"Je ne pense pas qu'il soit nécessaire de conserver les "orbites" différentes qui se créent au sein de l'Union européenne parce que, par exemple, certains pays sont membres de l'Espace Schengen ou de l'Union monétaire. Certes, dans l'Union européenne il y a plusieurs types d'intégration. Par contre, il est évident que les objectifs des pays de l'Union sont communs. Les nouveaux pays membres désirent, eux aussi, intégrer l'Union monétaire et l'Espace Schengen. La Tchéquie s'apprête à intégrer Schengen en 2007 et l'Union monétaire en 2010. S'il y a des différences aujourd'hui, aucun pays ne désire s'éterniser dans cette situation. Notre objectif est de créer un espace homogène, une Europe où existeraient les mêmes règles pour tous."