Ludek Marold

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Ludek Marold était un peintre et illustrateur de grand talent. Malheureusement, une mort prématurée a mis brutalement fin à la création de l'artiste. Les illustrations de Ludek Marold décorent les pages des romans de la littérature tchèque et française. Son oeuvre picturale est appréciée par les amateurs de peinture de tout âge.

Fils illégitime d'un militaire de carrière, Ludek Marold est né en août 1865, à Prague. Sa mère souffrait de tuberculose et quitta le monde lorsque son fils Ludek avait dix ans. Le garçonnet a été élevé par Josefa, la soeur de sa mère. Tante Josefa est restée célibataire et s'occupait de son neveu avec le plus grand soin. L'arrière-grand-père et le grand-père de L. Marold étaient militaires de carrière, tout comme son père. Josefa estimait donc que son neveu allait suivre les études à l'école militaire et poursuivre pour ainsi dire la tradition familiale. Les notes de L. Marold étaient plutôt médiocres. Il ne réussit pas à passer l'examen d'admission. Toutefois, tante Josefa ne désespérait point. Sachant que le jeune Ludek manifestait visiblement un talent pictural depuis son enfance, elle lui suggéra de s'inscrire aux examens à l'Ecole des beaux-arts. L. Marold passe les examens et est admis. La méthode d'enseignement à l'Ecole des beaux-arts était obsolète, rigide. L. Marold ne rentrait pas dans la case; ses dessins ne correspondaient pas aux exigences des professeurs. Après une année d'étude, le jeune peintre est exclu de l'école.

arrive en 1888, lorsque le peintre présente en public le tableau Fliegende Blätter et envoie régulièrement ses illustrations à Prague, aux magazines Zlata Praha et Svetozor. En 1886 L. Marold réalise les illustrations de son premier roman Monsieur le marquis de Servac Heller. Un an plus tard, il rentre à Prague. Au retour, le jeune illustrateur est admis à l'atelier du professseur Max Pirner où il pense perfectionner son style. L. Marold est alors âgé de vingt-deux ans. Malgré le jeune âge du peintre et illustrateur, le directeur de l'Ecole des arts décoratifs lui propose d'enseigner dans son école. Le jeune peintre accepte, mais ne développe cette activité que pendant très peu de temps. Le premier grand succèsLe marché aux oeufs (actuellement, Galerie nationale à Prague). Huile très vivante ; les personnages donnent l'impression de vouloir sortir de la toile et venir vous parler. L. Marold a réussi à créer un reflet parfait de la réalité. Vers la fin des années quatre-vingts du siècle dernier, L. Marold est envoyé par L'Ecole des arts décoratifs à Paris, pour suivre une formation de professeur en arts décoratifs. Une bourse de 200 francs lui est accordée. Cette option s'avéra erronée! L. Marold cesse presqu'aussitôt de fréquenter les cours. Ainsi, il n'est plus autorisé à bénéficier de la somme de 200 francs. La bourse lui est retirée.

L. Marold est loin de se plaindre. Il peut librement observer la vie dans les rues de Paris, illustrer et peindre : la richesse, l'élégance, la misère, l'hypocrisie, bref : la vie qui pullule. Ses huiles et illustrations reflètent la vie des Parisiennes et Parisiens au quotidien. Le nom de L. Marold commence à avoir une telle renommée que les éditions Hachette lui proposent l'illustration du roman Le mari de Jaqueline, de Theuriet. Les illustrations sont très appréciées et L. Marold obtient d'autres propositions d'illustrations.

L. Marold aimait beaucoup Paris. Il a résidé dans la capitale de la France pendant neuf ans, excepté quelques brefs voyages sur Prague. A Paris, il a également rencontré la femme de sa vie, Zdenka. L. Marold a commencé par fréquenter Bozena Makovska, la fille du locataire du restaurant tchèque au Palais Royal et représentant de la brasserie de Pilsen à Paris. Ils sortaient souvent en compagnie des deux soeurs de Bozena. Au cours d'une excursion, la soeur de Bozena, Zdenka, s'est fait une contusion à la cheville. Estimant avoir été la cause de l'accident, L. Marold s'occupe de Zdenka et en tombe éperdument amoureux. Finalement, il épousa Zdenka Makovska le 7. mars 1891. L'un des témoins à son mariage était le peintre Alfons Mucha. Peu après les noces, la femme de Marold, Zdenka, a donné le jour à un fils, Ludvik. Trois ans après leur mariage L. Marold a loué une charmante villa à Meudon dans la banlieu de Paris. La villa possèdait également un atelier, situé au milieu d'un magnifique jardin couvert d'arbustes et de rosiers.

Parmi les iromans que L. Marold a illustré individuellement, je citerais l'Obstacle, l'Evangéliste et l'Arlésienne d'Alphonse Daudet, Ma grande de Paul Margueritte, Sur le retour de Perret, Amour et amitié de Rosny et autres. L. Marold a également participé avec d'autres auteurs à l'illustration du roman de l'abbé Prévost Manon Lescaut.

Le peintre et illustrateur accepte la proposition de peindre la vue panoramique de la bataille de Lipany à l'occasion de l'Exposititon de l'architecture et des constructions mécaniques. En 1897, Ludek Marold revient à Prague. Un an après, il achève son oeuvre dans le délai prévu, mais en peu de temps, l'artiste succombe à la fièvre thyphoide.

La femme de L. Marold à réussit à décrocher un bref engagement au théâtre et quelques rôles insignifiants. Elle tente de trouver du travail à l'étranger, mais en vain. Finalement, elle ouvre une boutique de modiste, encore sans succès. N'ayant pas l'habitude de gérer une vie indépendante, elle se suicide cinq ans après le décès de son mari bien aimé. Ludvik, le fils de L. Marold, a été élevé par tante Josefa, déjà très âgée à l'époque, qui avait déjà consacré sa vie au père de Ludvik, Ludek Marold.

Une première exposition de l'ensemble des oeuvres de l'artiste a suivi, trois mois après le décès du peintre. Plus de quatre cent oeuvres ont été réunis : esquisses, illlustrations, tableaux... La vue panaromique de la bataille de Lipany est une oeuvre grandiose et impressionnante. La peinture est placée sur un mur du pavillon situé dans le Parc des expositions, à Prague (Vystaviste), complétée par des accessoires de l'époque, canon, fusils...