Magdalena Kozena au festival Printemps de Prague

Magdalena Kozena, photo: CTK

C'est devant la salle archicomble du Théâtre national que la cantatrice tchèque Magdalena Kozena a donné deux récitals dans le cadre du festival Printemps de Prague.

Magdalena Kozena, photo: CTK
C'était une des rares occasions pour le public tchèque d'entendre cette mezzo-soprano qui chante désormais dans les plus grands théâtres lyriques du monde et a déjà obtenu plusieurs prix d'interprétation. Au programme du récital il y avait d'abord une cantate basée sur le poème de Francesco Petrarca « Trionfo della morte » écrite et dédié à Magdalena Kozena par le doyen des compositeurs tchèques Zdenek Lukas. La cantatrice a apprécié son oeuvre :

« Sa musique n'est pas moderne dans le sens le plus strict du terme. C'est une musique beaucoup plus agréable à écouter que beaucoup de compositions qu'on écrit à l'époque actuelle. J'ai pris un grand plaisir à interpréter cette oeuvre. Il n'y pas beaucoup de compositeurs qui savent bien écrire pour la voix, la musique vocale. De nombreux compositeurs modernes ont l'impression que la voix humaine est un instrument de musique et souvent ils créent des oeuvres qui posent de telles difficultés au niveau de la technique vocale qu'on ne peut pas les chanter. »

Magdalena Kozena, photo: CTK
La seconde partie de la soirée a été consacrée à la musique de Wolfgang Amadeus Mozart dont nous célébrons le 250e anniversaire de la naissance. Accompagnée de l'orchestre Prague Philharmonia dirigé par Michel Swierczewski, Magdalena Kozena a chanté plusieurs airs d'opéra et de concert de ce compositeur. Elle s'est montrée à l'aise dans le répertoire pour soprano et on en vient à se demander quelle sera l'évolution de sa voix et de sa tessiture. Le musicologue Ivan Ruml résume l'impression de cette soirée :

« Ce qui nous frappe chez Magdalena Kozena, c'est son approche intelligente de la partition. Elle cherche toujours à saisir le sentiment qui est à la base d'une oeuvre et qui se cache sous les paroles et la musique. Elle cherche à exprimer vraiment ce que l'auteur a mis dans son oeuvre. Elle dispose d'une tessiture de deux octaves et demie, ses graves sont cultivés sans la rudesse qui caractérise par exemple l'école vocale russe. Pour l'instant sa voix n'a pas encore atteint sa plénitude mais il est probable qu'elle évoluera vers le haut et nous rencontrerons Magdalena Kozena, à l'avenir, sur les scènes de grands théâtres dans les rôles de soprano comme c'était le cas, par exemple, de la mezzo lituanienne Violetta Urmana, qui a évolué vers les rôles de soprano dramatique. »