Malá Inventura : le meilleur du nouveau théâtre sur les scènes pragoises

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Le théâtre, la danse, le cirque : toutes ces disciplines s’entremêlent dans les spectacles du nouveau théâtre présentés cette semaine dans le cadre du festival Malá Inventura (Le Petit inventaire). Déjà traditionnel en République tchèque, cet événement amène sur les scènes pragoises les pièces les plus marquantes de l’année précédente. En charge des relations internationales du festival, Fabienne Haber en dit plus sur la programmation de cette quatorzième édition qui se tient du 22 au 29 février :

« Il y a beaucoup de compagnies connues, comme la Spitfire Company et d’autres que l’on retrouve régulièrement. Et après, il y a des projets que l’on avait envie de présenter et qui sont classés dans la catégorie ‘jeune’, donc des artistes émergents. Cette année, il y a trois pièces qui font partie de cette catégorie : ‘Synovial’, ‘Work’ de la compagnie Ryba řvoucí et le troisième qui s’appelle Heydrich. »

Ce festival, ce n’est pas seulement du théâtre. Quels sont les autres événements qui accompagnent la programmation ?

« La mission du festival, c’est aussi de développer des réseaux entre professionnels. Il y a alors beaucoup d’événements de networking. Cette année, tous ces événements, qu’il s’agisse des rencontres entre professionnels, des présentations des projets ou des rencontres entre artistes et programmateurs vont avoir lieu dans un très bel espace au studio Alta que nous avons inauguré l’année dernière pendant le festival. Il va y avoir des tables ce qui va transformer cet espace en un café interactif et ouvert, une sorte d’installation avec des performances où il y aurait beaucoup d’actions. Et l’idée consiste à préparer huit tables complétement élaborées et imaginées par huit compagnies reconnues du monde du nouveau théâtre. »

Deux compagnies françaises se présenteront cette année dans le cadre du festival Malá Inventura. Le mercredi 24 février au théâtre La Fabrika, le public pourra assister à une représentation de la compagnie Chantier des Images, fruit d’une résidence de cinq semaines à Varnsdorf en République tchèque. Ses interprètes, la danseuse d’origine tchèque Nikola Križková et l’Italien Damiano Ottavio Bigi révèlent l’histoire de la compagnie, ainsi que les principaux thèmes du spectacle :

'Give me 10 seconds', photo: La Fabrika
Nikola Križková : « On a créé la compagnie-association Chantier des images en 2013 à Paris. Moi, Nikola Križková, comme chorégraphe et mon compagnon espagnol Amador Artiga qui vient de l’art plastique, de la scénographie et qui est comédien. Dans le travail, il est alors beaucoup plus dans le visuel et dans l’écriture de la pièce et moi, je suis plus dans l’écriture du mouvement. Pour ce projet-là, on collabore avec danseur et chorégraphe Damiano Ottavio Bigi. Ce spectacle, nous l’avons créé en République tchèque parce qu’il y a l’association Nová síť qui nous soutient depuis deux ou trois ans. Et nous travaillons même avec un musicien tchèque qui s’appelle Michal Reynaud. La pièce est alors née en République tchèque même si la compagnie est basée à Paris. »

La représentation s’appelle « Give me 10 seconds ». Pourriez-vous présenter davantage ce spectacle ?

Nikola Križková : « Le thème principal est l’identité. Nous avons parlé de ‘qui sommes-nous’. Si nous sommes toujours les mêmes, est-ce que je suis la même en face de mon ami, de ma mère, de mon mari, de mon enfant… Comment cela transforme notre identité dans la société. Est-ce que je suis celui qui je veux être. »

Damiano Ottavio Bigi : « Et Amador, il a fait également une connexion avec le Minotaure de Dürrenmatt. C’est un minotaure dans un labyrinthe de miroirs, donc toujours en face de lui-même. On est alors partis aussi un peu dans la mythologie. Selon Amador, il y avait aussi au début une autre histoire : on se fait une idée de quelqu’un pendant les dix premières secondes où on le regarde. Et même si après on connaît cette personne, cette image va nous suivre pour le reste du temps. Donc nous avons parlé aussi de cela. Mais c’est un thème tellement ouvert que l’on aurait pu faire un spectacle complet uniquement sur ce sujet-là. »

'Cow Love', photo: La Fabrika
Le deuxième projet français, un spectacle de la compagnie Société protectrice de petites idées qui est intitulé Cow love (l’Amour vache), se tiendra le dimanche 28 février, également au théâtre La Fabrika. Fabienne Haber indique :

« C’est un duo plein d’humour qui mélange le sport, le cirque et le chant. Et le spectacle a l’air complétement déjanté. »

Le festival n’oublie pas les plus jeunes. Différents ateliers interactifs, ainsi qu’une pièce née en collaboration avec une artiste japonaise dans laquelle les enfants partiront à la recherche d’un endroit où vivre, seront préparés tout au long de la semaine. Pour plus d’information sur le festival : http://www.malainventura.cz.