Mettre en valeur l’Etat de droit

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Qui sont les « parrains » qui ont en Tchéquie le plus d’influence ? Voilà l’un des thèmes que nous avons retenu dans les articles publiés ces jours-ci dans les médias nationaux. A la une de ces derniers évidemment tout ce qui concerne l’arrestation de David Rath, un des hommes politiques tchèques les plus en vue. Nous en avons choisi un bref extrait. Nous avons également trouvé dans la presse des informations concernant les domaines et les spécialités qui ont le plus d’attrait pour les adeptes tchèques d’études universitaires.

Foto: Archiv Radia Praha
Erik Best, journaliste américain établi à Prague, a rédigé pour le serveur Aktualne.cz un article intitulé « Les cinq familles qui dominent la Tchéquie » dans lequel il cherche à répondre à la question de savoir qui sont les principaux « parrains » liés au monde des affaires et à la politique tchèque et quelles sont leurs sphères d’influence.

Petr Kellner, Marek Dospiva, Patrik Tkáč, Karel Komárek, Zdeněk Bakala. Les noms des cinq hommes d’affaires tchèques qu’il évoque dans ce contexte sont connus de l’ensemble de la population comme ceux des milliardaires tchèques possédant les plus importantes fortunes. Bien établis depuis longues années, il persiste cependant entre eux une lutte très dure pour les sphères d’influence. Erik Best précise :

Zdeněk Bakala
« Il serait difficile de définir quelle est la part de l’économie tchèque que ces familles dominent, mais on peut constater qu’elle est importante et qu’elle ne cesse d’augmenter… Le groupe PPF de Petr Kellner est par exemple le deuxième producteur d’électricité et de chauffage en Bohême. Zdeněk Bakala, quant à lui, doit sa richesse à l’extraction du charbon et à ses activités dans l’immobilier. En plus, il possède une des plus importantes maisons d’édition du pays, Economia. »

L’auteur de l’article explique la différence entre les cinq grands et les petits « parrains », parmi lesquels le plus connu est Roman Janoušek, dont on a récemment beaucoup parlé en rapport avec la publication des écoutes de ses conversations téléphoniques avec l’ancien maire de Prague, Pavel Bém. Il explique :

Roman Janoušek, photo: TV Nova
« L’origine de leur richesse et leur capacité de la maintenir et de la faire augmenter. C’est ce qui semble principalement distinguer les cinq familles en question qui savent en outre cultiver ‘les contacts gouvernementaux’ et qui se comportent de façon à éviter des informations négatives au sujet de leurs activités, dans les médias... Comparé à ces familles, les petits parrains comme Roman Janoušek sont nuls : ils ne possèdent pas de mines, de banques, de caisses d’assurance, de journaux ou de parts dans le monde des jeux de hasard. Autant d’attributs qui appartiennent en revanche à un véritable parrain tchèque ».

Plus loin, nous pouvons lire :

« L’origine de la fortune de ces cinq plus grands entrepreneurs remonte à la privatisation sauvage dans les années 1990, époque où les failles dans la législation ont permis d’acquérir d’immenses propriétés. Le tout bien sûr avec le soutien de juristes, de juges et d’hommes politiques à leur mesure. Tout en gérant aujourd’hui leurs biens de façon professionnelle, ils n’ont pas pour autant tout à fait abandonné ces pratiques en vue de multiplier leur fortune. »

Le journaliste américain conclut :

« Tandis que la crise européenne s’approfondit et fait que les banques, les groupes énergétiques, les développeurs et les groupes industriels occidentaux quittent petit à petit la Tchéquie, l’influence des cinq familles ne cesse d’augmenter. C’est une tendance très marquante dont nous sommes aujourd’hui les témoins en Tchéquie ».


« La procureure Lenka Bradáčová et son équipe de policiers ont adressé aux hommes politiques un message on ne peut plus clair : vous n’êtes pas les seuls à gouverner ici, car il y a aussi la justice qui met ses droits en valeur. »

David Rath
C’est ce que l’on peut lire sur le site Respekt.cz, dans un des nombreux commentaires qui ont été publiés dans les médias en rapport avec l’arrestation du président de la région de Bohême centrale David Rath et de sept autres personnes, soupçonnées et accusées de corruption et d’autres crimes graves. L’événement survenu cette semaine a même attiré l’attention des médias étrangers, le journal allemand Die Welt le caractérisant, par exemple, de « plus grande affaire de corruption dans le pays depuis 1989, année de la chute du régime communiste ».

Dans le commentaire sur le site cité ci-dessus, nous avons également pu lire :

« Il faut se féliciter d’avoir vu agir des procureurs et des policiers qui commencent à travailler indépendamment du pouvoir politique, il faut se féliciter également de ce que nous avons des hommes politiques qui les laissent faire – le ministre de l’Intérieur Jan Kubice et le ministre de la Justice, Jiří Pospíšil... Nous n’avons qu’à espérer que désormais même les membres les plus influents du gouvernement ou du parlement et du sénat ne pourront plus se sentir en sécurité ».

Et l’auteur de l’article d’ajouter :

« Il y a lieu de croire que c’est une des hirondelles qui augurent des temps meilleurs. Désormais il y a un réel espoir que le droit, qui le seul est à même de défier les hommes politiques, ne sera plus bafoué, ignoré ou détesté. Il s’agit là d’une arme bien plus efficace que les manifestations envisagées prochainement pas les syndicats. »


Près d’un mois avant les examens d’entrée à l’université, un des suppléments du quotidien Lidové noviny s’est interrogé sur les options et les spécialités préférées des étudiants tchèques qui viennent de terminer leurs études secondaires et sur leurs chances d’être admis dans une haute école ou à l’université.

Ces chances, d’après le journal, sont cette année plus grandes qu’auparavant, car nombreuses sont les hautes écoles où l’offre est supérieure à la demande. Ceci dit, il existe toujours des facultés et des spécialités qui ne peuvent pas satisfaire, et de loin, les attentes des étudiants. Il explique :

« C’est vrai en premier lieu pour la médecine dentaire qui se présente aujourd’hui comme l’option la plus demandée à l’échelle nationale. Par exemple, la faculté de Brno ne dispose que d’une soixantaine de places pour plus de 1 700 candidats. L’Université Charles, elle, ne pourra accepter qu’une centaine d’étudiants, soit un candidat sur dix ».

Lidové noviny précise qu’il s’agit d’une évolution nouvelle, car il y a dix ans encore, l’intérêt des étudiants tchèques pour la stomatologie était assez faible. C’étaient les facultés de droit qui figuraient en tête du top 10 des écoles les plus prisées. Or, même si l’intérêt pour les études de droit demeure toujours assez important, il a nettement tendance à diminuer.

« Comme le veut la tradition, ce sont aussi les facultés de sciences humaines qui intéressent beaucoup de jeunes et dont un grand nombre sera, hélas, refusé », écrit le journal qui indique que la spécialité la plus prisée dans ce domaine est, comme par le passé, la psychologie. La tradition veut aussi que ce soient les études techniques qui aient le moins d’attrait pour les jeunes.

Le quotidien Lidové noviny dresse aussi une assez longue liste des hautes écoles privées qui existent dans le pays, signalant qu’elles n’offrent pas seulement des études traditionnelles, en économie ou en droit, mais également des spécialités comme la théologie, la pédagogie ou le travail social.

Les études dans des hautes écoles et dans des universités publiques ne sont pas payantes. Le prix d’études privées varie selon l’école. Le prix de base pour une année d’études étant de près de 30 000 couronnes (l’équivalent de quelque 1 200 euros), il peut aller jusqu’à concurrence de 50 000 couronnes ou beaucoup plus, notamment quand il s’agit d’études en langue anglaise.