Mike Downey, juré du festival One World à Prague : « Le documentaire reflète les bouleversements du monde »

Le festival international de films documentaires Jeden svět (One World) s’achève ce jeudi à Prague. Membre du jury principal de cette 27e édition, le producteur irlando-britannique Mike Downey a répondu aux questions de RPI.

Extraits de cet entretien disponible en intégralité dans sa version audio :

Mike Downey | Photo: Damil Kalogjera,  Wikimedia Commons,  CC BY-SA 4.0

Pouvez-vous nous parler en premier lieu de votre lien, du rapport que vous entretenez avec Prague et avec la Tchéquie dans son ensemble ?

« Comme vous le savez, je suis producteur de cinéma et je suis très engagé dans le cinéma et la politique en général. Mais à Prague, j'ai fait peut-être quatre ou cinq films dans ma vie. Donc j'ai passé sûrement, je n'ai pas bien calculé, mais sûrement un an de ma vie à Prague, les environs, Benešov et d’autres endroits de Tchéquie. »

Quels sont les souvenirs les plus marquants que vous avez de ces passages ici ?

'Franz' | Photo: Marlene Film Production

« Les longues nuits à Radost... Et puis, pour le travail, j'ai fait un film qui s'appelle Franz, d’Agnieszka Holland, qui était en compétition pour les Lions de l’Académie tchèque du cinéma, avec quinze nominations en tout. »

Et c'est le dernier projet en date, un projet important, puisqu'il s’agit du film sur Franz Kafka, réalisé par cette réalisatrice qui a étudié ici à la FAMU.

Agnieszka Holland et Idan Weiss  | Photo: Michal Ureš,  Marlene Film Production

« Et qui a aussi été incarcérée ici, en 1968. Faire un film sur Kafka, c'est peut-être attaquer un des grands sujets de la littérature tchèque, qui est un monstre sacré de la littérature. Donc je pense que nous avons été très fiers en tant qu’étrangers. Je suis irlandais. »

Et elle est polonaise…

« Elle est polonaise. Mais je crois qu’elle est dans le cœur des Tchèques, comme quelqu’un qui comprend très bien la culture tchèque et qui est très attachée à la Tchéquie. »

Est-ce que vous comprenez, vous, cette culture tchèque ? Vous avez également par le passé travaillé sur des projets d’Alice Nellis, notamment.

'Šarlatán',  photo: Alžběta Jungrová,  Marlene Film Production

« Ah oui, oui, j’ai fait ça il y a longtemps. J’ai aussi travaillé sur le film d’une autre icône  de l’histoire tchèque, Charlatan. Ça a été le candidat tchèque pour les Oscars à l’époque. Franz, cette année, était le film candidat présenté par la Pologne pour les Oscars. »

Pas beaucoup de blagues 

Dans ce festival One World, Jeden svět, avez-vous vu des choses qui vous ont surpris ?

Photo: Festival One World

« Oui. Je fais aussi des documentaires, mais en général je fais des films de fiction. Donc le monde documentaire, quand j’entre dedans, ça m’étonne toujours qu’il y ait tant de créativité, tant d’engagement, tant de pouvoir social dans ce qu’on fait dans cette forme. Jeden svět, One World, c’est une des plus importantes vitrines de films de conscience et d’engagement. Donc pour moi, les films sont un peu difficiles. Il n’y a pas beaucoup de blagues... Mais ça me donne quelque chose d’avoir la possibilité d’être ici. Je ne vais pas parler spécifiquement des qualités de films en particulier car je ne peux pas en tant que membre du jury, mais le niveau est très élevé. Et je suis très content de voir tant de talents. »

Est-ce que ces films documentaires aujourd’hui reflètent le bouleversement du monde que l’on vit actuellement ?

Photo: Festival One World

« Oui. C’est très actuel. Les films sont très importants. C’est une grande réflexion sur bouleversement du monde que l’on trouve maintenant dans beaucoup de scénarios différents. Et c’est bien qu’il y ait des gens qui font des efforts pour proposer ces réflexions, parce que le monde que je vois maintenant, et que je crois que tout le monde voit, ça ne va pas s’améliorer. Ça ne va pas s’améliorer très bientôt. »

Vous avez reçu ici, il y a quelques années, le prix du festival Febiofest. Avez-vous des liens, des amis ici ? Des gens dont vous appréciez le travail ou peut-être simplement la compagnie à Prague ?

Mike Downey a reçu le prix du festival Febiofest en 2021 | Photo: Česká editoriální fotografie/Profimedia

« Oh, il y a tant d’amis et tant de gens. Il y a ma partenaire productrice, Šárka Cimbalová, avec qui j’ai fait quatre ou cinq films avec Agnieszka maintenant. Après vous avoir parlé, je vais prendre une bière avec Karel Och, qui dirige le programme du Festival international du film de Karlovy Vary. Et je suis toujours très content de voir demain mes amis de la famille Trojan, les acteurs Josef et son père Ivan. Plus je passe de temps ici, plus de gens apparaissent, et nous finissons toujours par nous retrouver. »