On ne plaisante pas avec le budget

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Une bavure, sans doute du ministre de l'Enseignement ; il a pris des engagements budgétaires qu'il n'a pas tenus. Aujourd'hui, les étudiants menacent de faire grève tandis que certains recteurs demandent le départ du ministre. Les détails avec Omar Mounir.

Les syndicats du supérieur ont menacé, ce jeudi, au terme d'une réunion, de se mettre en grève. La raison en est le budget que le ministre de l'Enseignement, Eduard Zeman, a promis aux universités et n'a pas honoré. Deux milliards de couronnes manquent dans l'escarcelle. Les syndicats du supérieur les réclament et adressent une menace indirecte aux députés. Si, à l'adoption du budget par le Parlement, les deux milliards n'y sont pas, ces syndicats se déclarent décidés à déclencher une grève de protestation. Un dessein qui bénéficie, désormais, du soutien du président de l'Union de la Confédération des syndicats tchéco-moraves, Richard Falbr. Ce dernier demande cependant à ce que aucune initiative ne soit prise, tant que toutes les voix de la négociation ne sont pas épuisées.

Pour sa part, le ministre de l'Enseignement, considérant que rien n'est encore joué au Parlement, trouve prématurée cette montée au créneau. Pour plus de précision, il ajoute que si rien ne dit que les deux milliards seront obtenus, rien ne dit non plus qu'ils sont perdus. Ce fut aussi, pour le ministre, l'occasion de rappeler que le gouvernement social-démocrate a opéré, dans le bon sens, de profondes réformes dans l'enseignement et donné aux écoles plus d'argent que jamais.

Il n'empêche que la réunion de jeudi à l'air d'avoir tourné au procès du ministère et de la politique générale du gouvernement en matière d'enseignement. "Si les responsables politiques voudraient être à nos yeux des partenaires crédibles, ils ne doivent pas nous donner une parole pour la retirer l'instant d'après", a déclaré le recteur de l'Université Charles, Ivan Wilhelm. Il a attiré l'attention sur le fait qu'il ne s'agit pas seulement d'une question d'argent, mais de toute une attitude de l'Etat, vis-à-vis des écoles.

Ce ne sont, évidemment pas, les recteurs qui appelleront à la grève. Il ne leur revient pas de le faire. C'est le travail des syndicats. Il se pourrait même que cette paralysie de l'enseignement supérieur conduise certains de ces recteurs à démissionner. C'est que la crise est plus grave qu'elle n'en a l'air, à première vue. Apparemment, les recteurs se sentent aussi responsables de cette promesse non tenue par le ministre. Un recteur a même parlé de suspension des cours. Le recteur de l'Université Charles a déclaré vouloir que l'on juge s'il doit rester en fonction ou non. Le budget est décidément une question très sérieuse, avec laquelle il ne faut pas plaisanter.

Auteur: Omar Mounir
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