DiAMANT TZiGANE, l’âme de l’Europe de l’Est en musique
Vendredi 30 mai, La Fabrika, à Prague 7, a résonné au son vibrant du groupe DiAMANT TZiGANE, qui s’y est produit dans le cadre du festival Khamoro, le plus grand festival rom au monde, organisé tout au long de la semaine précédente dans la capitale tchèque.
Né d’une rencontre humaine et artistique à Paris, DiAMANT TZiGANE est bien plus qu’un simple groupe : c’est une aventure faite d’exil, de passion et de transmission. Fondé par Slava, musicien ukrainien, et Jana, chanteuse d’origine tsigane de Moscou, le groupe s’est formé au fil des années avec des artistes venus de Moldavie, de Roumanie et de Russie. Ensemble, ils redonnent vie aux traditions musicales tziganes avec une énergie contagieuse, des arrangements sur mesure, et une complicité palpable, sur scène comme en dehors.
À l’origine, Diamant Tzigane n’était qu’un duo : Slava et Jana, couple à la scène comme à la ville. Installés en France il y a une vingtaine d’années, ils décident alors de lancer un projet musical qui leur ressemble.
Slava :“À l’origine, c’était un duo. Ma femme et moi. On vient d’Europe de l’Est : moi, je suis Ukrainien, et elle est Tzigane de Moscou. On a commencé à deux, puis petit à petit, d’autres artistes nous ont rejoints. Par exemple, notre bassiste Sébastien, un très, très bon musicien, tzigane roumain.”
Parmi ces rencontres marquantes, il y a Igor, violoniste virtuose, croisé dans les coulisses des cabarets parisiens :
“On se connaît bien avec Igor, on a beaucoup travaillé ensemble dans les cabarets parisiens. On a une grande expérience commune, donc on continue à collaborer. Donc on le prend toujours dans nos affaires, parce que c'est un violoniste extraordinaire. Et on est très bien ensemble, musicalement et humainement.”
Le groupe s’est fait connaître dans les lieux tels que le Raspoutine ou Aux Trois Maillets, et s’est peu à peu étoffé. Aujourd’hui, DiAMANT TZiGANE réunit un noyau dur de sept artistes, venus d’Ukraine, de Moldavie, de Russie et de Roumanie, toujours soudés autour du couple fondateur : un contrebassiste, un violoniste, un accordéoniste, et deux danseuses.
Slava : “Ce n’est pas pour rien qu’on s’est retrouvés. Chacun avait son parcours, et le destin a voulu qu’on se croise tous à Paris. Ça a créé ce mélange. Et c’est aussi une histoire humaine : on s’entend vraiment bien… On ne s’engueule pas trop… juste deux ou trois fois par semaine », ajoute Slava, le sourire dans la voix.
La musique comme destin
Pour ces musiciens, la musique n’est pas un choix, c’est une vocation.
“On ne sait rien faire d’autre. On n’est pas avocats, pas informaticiens. On sait jouer des instruments et chanter. C’est tout ce qu’on sait faire.”
Leur répertoire est constitué en grande majorité de morceaux traditionnels arrangés, sans compositions originales mais avec une forte part d’improvisation, véritable signature du groupe.
“Tous les morceaux, ce sont les anciens morceaux folkloriques. On essaie de, comment dire, d'apporter notre touche, mais on va dire que 80% de nos répertoires, ce sont les morceaux folkloriques anciens. On ne fait pas les compositions, on ne compose pas la musique, non. On arrange.”
Des scènes parisiennes aux festivals européens
Aujourd’hui, DiAMANT TZiGANE partage son temps entre l'événementiel privé (mariages, soirées, cabarets) et scènes publiques (festivals et concerts).
“Quelque chose qui nous permet de survivre avec ce métier, c’est bien évidemment ce qu’on appelle l’événementiel. C’est-à-dire que la plupart des prestations, bien évidemment, ce sont les cabarets. Quand je dis “événementiel”, c’est tout ce qui est mariages, etc. C’est pour ça que, de plus en plus, on a quand même des concerts publics. Des concerts publics, les festivals notamment. Ce qui nous permet aussi de voyager. C’est un métier extraordinaire. Donc moi, je dirais… je dirais que c’est 50-50 : un petit peu événementiel, et un petit peu des concerts comme ça, sur la vraie scène.”
Ces dernières années, ils ont également développé un projet original intitulé "Les romances tziganes", mêlant musique tzigane et musique baroque, en collaboration avec des musiciens classiques français, dont Madame Borsarello, issue d’une célèbre dynastie de musique de chambre.
“Dernièrement, on a fait un projet avec des musiciens classiques. Vraiment des musiciens de musique médiévale, de musique baroque. Et on a fait un programme des romances tziganes anciennes. J'ai fait les arrangements. Et en fait, on a tourné ça un peu sous la sauce de musique baroque.”
Ce programme plus intimiste, destiné aux églises et aux petites salles, a déjà été joué trois étés de suite à travers la France. Musicalement proche du fado, mais chanté en tzigane, ce projet offre un autre visage du groupe : plus épuré, plus mélancolique.
Une rencontre avec le public tchèque
DiAMANT TZiGANE a récemment été invité à se produire au festival Khamoro, le plus grand festival rom au monde, qui s'est tenu à Prague du 25 au 31 mai 2025 . Ce festival, dont le nom signifie « Soleil » en romani, célèbre la richesse de la culture rom à travers des concerts, des défilés, des ateliers et des expositions, attirant chaque année environ 10 000 visiteurs venus de Tchéquie et d'ailleurs .
Pour les membres de DiAMANT TZiGANE, cette participation a été marquante. Slava a souligné l'ampleur et la qualité de l'événement :
“En plus, il faut dire ce qu'il y a, c'est un très très grand événement, c'est prestigieux, c'est super bien organisé. L'accueil est très très bon et le public est extraordinaire. Le public danse, le public est extraordinaire, tout simplement. C'était impressionnant. Donc la question ne se posait même pas, c'est tout de suite oui.”
Pour Igor, déjà venu plusieurs fois à Prague, ce festival n’est qu’un nouveau chapitre d’une longue histoire musicale :
“La première fois que je suis venu à Prague, c’était avec ma femme. On a adoré la ville. On a visité pendant quelques jours, c’était magique. Et là, avec le festival Khamoro, c’est la troisième fois que j’y joue. Le public est vraiment extraordinaire, super accueillant. On s’éclate.”
Le public tchèque a répondu présent, dansant, chantant et accueillant avec chaleur et enthousiasme cette musique pleine d’âme. La participation de DiAMANT TZiGANE au festival Khamoro a renforcé les liens entre les artistes et le public, soulignant l'universalité et la vitalité de la culture rom.







