Entretien croisé exclusif avec Camille Cottin et Nathan Ambrosioni pour Les enfants vont bien, en première mondiale à Karlovy Vary

Camille Cottin et Nathan Ambrosioni

L'actrice française à la carrière internationale Camille Cottin était à Karlovy Vary pour présenter en première mondiale et avec son réalisateur Nathan Ambrosioni le film Les enfants vont bien. Camille Cottin avait déjà le rôle principal dans le précédent film - Toni en famille - de celui qui, à 25 ans seulement, en est déjà à son troisième long-métrage. Dans Les enfants vont bien, une mère (Juliette Armanet) disparaît dans la nature et abandonne son fils et sa fille de 10 et 6 ans à sa sœur (Camille Cottin).

Extraits de cet entretien à écouter en appuyant sur Lecture 

Camille Cottin, bonjour. Est-ce que vous pourriez poser la première question à Nathan, s’il vous plaît ?

Camille Cottin | Photo: Film Servis Festival Karlovy Vary

Camille Cottin : « Oh la la, complètement prise au dépourvu ! Attendez, deux secondes, il faut que je réfléchisse... Bonjour Nathan. Qu’est-ce qui a été le plus exaltant, et qu’est-ce qui a été le plus vertigineux sur ce film ? »

Nathan Ambrosioni : « C’est une question difficile. Mais bon... Les grands moments de bonheur, c’était de travailler avec toi, de te revoir sur un tournage, de te voir avec les enfants, de voir Jeanne incarnée si merveilleusement par toi. Se retrouver sur le plateau, c’était très fort. »

« Les grands moments de doute, c’était aussi de travailler avec les enfants. C’était à la fois une joie et une inquiétude, car ce sont des êtres qu’on doit protéger à tout prix, et en même temps, il fallait qu’ils s’intègrent à un film très dur. Il fallait que, pour eux, ça paraisse un jeu, sans les traumatiser, mais que ce soit crédible pour le spectateur, au point de le bouleverser. C’était un équilibre très délicat. »

Nathan Ambrosioni,  Camille Cottin et le producteur Nicolas Dumont | Photo: Film Servis Festival Karlovy Vary

« Et maintenant, une question pour Camille. Camille, à quel point c'était génial de travailler avec moi à nouveau ? »

Les Enfants vont bien | Photo: Film Servis Festival Karlovy Vary

Camille Cottin : « Écoute Nathan, j’ai encore du mal à m’en remettre ! Déjà, j’ai du mal à croire qu’on est là, côte à côte, en train de faire cette interview ensemble. En vérité, c’est tellement rare dans une vie d’avoir des gens qu’on aime autant artistiquement qu’humainement. C’est la quête absolue. Je disais tout à l’heure qu’on était dans un état de grâce à venir ici, à prendre l’avion pour présenter ce film, te retrouver… Tout est beau dans ce voyage avec toi. »

Vous aviez l’air très ému pendant la première ici à Karlovy Vary. Quelle a été votre impression à ce moment-là ?

Nathan Ambrosioni : « J’étais très stressé, vraiment. Peu importe le lieu, je suis toujours tendu à l’idée de montrer un film. Là, il y avait 1 200 personnes, c’était très intense. Mais même avec quatre spectateurs, ce serait stressant. C’est dur de montrer un film sur lequel on a travaillé aussi longtemps. Et ce n’est pas comme Toni en famille, qui était une comédie, où l’on perçoit les réactions du public ; ici, on ne sait pas, on passe deux heures à se demander s’ils aiment. C’est éprouvant. On veut que ça plaise, on fait des films pour les gens, et on a un constant besoin d’attention. Ce n’est pas facile, mais j’étais heureux de le vivre avec toi. »

Nicolas Dumont,  Nathan Ambrosioni et Camille Cottin | Photo: Film Servis Festival Karlovy Vary

Et pour vous Camille Cottin, de vous voir à l’écran, puis d’avoir une standing ovation après ?

Camille Cottin | Photo: Juan Muttoni,  Radio Prague Int.

Camille Cottin : « Bien sûr que j’ai peur. Mais je suis surtout très touchée par l’émotion de Nathan. Nous, les acteurs, on travaille en amont, puis intensément pendant le tournage, et après, on disparaît. On s’est quittés en novembre ou décembre. Depuis, Nathan n’a pas quitté le film une seule seconde. Il a eu cinq jours de vacances depuis, et on est en juillet. Émotionnellement, c’est énorme. Il est à nu, au plus proche de lui-même. C’est si fort que je suis complètement focalisée sur lui. Évidemment, j’espère que le film sera bien accueilli, que je n’ai pas fait n'importe quoi, mais ce qui domine, c’est de partager son émotion. »

'Les enfants vont bien' | Photo: Film Servis Festival Karlovy Vary

Vu l’accueil du public hier, ça s’est plutôt bien passé… À propos du titre : en anglais, le film s'appelle Out of love, ce qui est ambivalent, alors qu’en français Les enfants vont bien ou en tchèque (Z lásky) ne l’est pas vraiment. Lequel des deux préférez-vous, entre le titre français et le titre anglais ?

Camille Cottin et Nathan Ambrosioni | Photo: Juan Muttoni,  Radio Prague Int.

Nathan Ambrosioni : « Le titre anglais est très intéressant, car il peut signifier “sans amour” ou “par amour”, ce qui représente très bien le film. Le titre français a un contre-sens plus intense, presque ironique, puisqu’on espère que les enfants vont bien, mais ce n’est pas vraiment le cas dans le film. C'est chouette de voyager avec ce titre anglais qui est moralement ambigu, on y projette ce qu’on veut. C’est une belle idée de StudioCanal, nos distributeurs. »

L'organisation du festival nous fait signe qu'il ne nous reste du temps que pour une seule question donc dernière question - tous les Tchèques aussi se la posent - Camille Cottin : Dix pour cent, c’est pour quand ?

Camille Cottin : « C’est en préparation. Ça suit son cours. Dites-leur que ça suit son cours, et que je me fais une joie de le faire. »

Avec Les enfants vont bien, 11 autres films sont dans la compétition principale cette année, dont le film tchèque Sbormistr, présenté dimanche soir en première mondiale à Karlovy Vary, où le festival international du film se poursuit jusqu'au 12 juillet. www.kviff.com

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