« J’ai touché la Vénus de Věstonice, mais faut pas le dire ! C’était un vrai voyage dans le temps »
Le projet Venuše 100, lancé en 2025 pour célébrer le centenaire de la découverte de la célèbre Vénus de Dolní Věstonice, propose une série d’expositions et événements majeurs. À Brno, l’exposition principale se tient jusqu’au 28 septembre 2025 au palais Dietrichstein du musée morave, où Martina Galetová est chercheuse, spécialisée dans l’art préhistorique. Elle a répondu aux questions de RPI.
Je suis venu ce matin un peu avant 9h, il y avait déjà la queue pour voir la Vénus de Věstonice. Apparemment, c’est déjà un grand succès cette exposition ?
« Oui, jusqu’ici il y a eu beaucoup de visiteurs, il y a plusieurs événements qui accompagnent cette exposition et cette Vénus. Donc il y a toujours beaucoup de monde qui vient. »
Et actuellement, il est environ 11h, fin juillet, et il y a encore beaucoup de monde dans la file d’attente à la caisse et pour entrer, parce que c’est un nombre restreint pour voir cet objet unique. Dans quelle mesure est-ce difficile d’exposer cet objet si petit, mais si célèbre ?
« L’exposition c’est limité, il y a seulement 20 personnes qui peuvent entrer en même temps, donc c’est ça qui ralentit un peu. Mais exposer cette figurine originale, exposer cette Vénus, il fallait le faire, parce que c’est son anniversaire, le centenaire de la découverte de cette Vénus. On a choisi d’exposer cette Vénus de façon à pouvoir voir cet objet en trois dimensions de tous les côtés. Donc la Vénus est exposée debout et à l’aide d’un support de bijoux, elle tourne, et ainsi on peut vraiment bien voir cette statuette de tous les côtés. »
Le musée a fait participer notamment des écoles et d’autres institutions, avec à l’entrée des dessins d’enfants ou alors des maquettes, et puis aussi une maquette presque à taille humaine qu’on peut démonter…
« Bien sûr, on a essayé d’attirer l’attention des jeunes publics aussi, c’est ce que vous avez vu, cette exposition des participants à un concours organisé dans les écoles primaires, ils ont été invités de dessiner la Vénus d’aujourd’hui. La remise des prix a été organisée avec les élèves et instituteurs. »
C’est un événement très important pour la ville de Brno. D’ailleurs on voit que la Vénus est affiché en très grand avec un panneau également lumineux la nuit…
« Pour exposer cette Vénus, pour célébrer cette Vénus, c’est un projet qui s’est développé, Vénus 100, avec l’aide financière de la ville de Brno et d’autres. »
Alors que l’avatar de Karel Absolon, qui est celui qui a découvert la Vénus de Věstonice, se met à parler derrière nous grâce à l’IA. On peut lui poser des questions en tchèque ?
« Oui, tout à fait, même en anglais. »
Il y a une réplique de la Vénus avec un certificat, qu’est-ce que c’est ?
« C’est une réplique conforme, mais donc le nombre de cette réplique est limité, et pour cette raison il y a toujours un certificat numéroté avec, pour chaque copie. »
« Il y a par ailleurs d’autres expositions dans le cadre de ce projet Venus 100, à l’archeopark Pavlov, ils exposent la deuxième vie de la Vénus de Dolní Věstonice, donc vous pouvez voir vraiment la deuxième vie qu’elle vit, la Vénus, depuis sa découverte. Et puis, une autre exposition est organisée au château Mikulov, avec des images et des œuvres, sur la manière dont la Vénus a influencé les œuvres d’art et du design. »
Une question un peu plus personnelle maintenant : qu’est-ce qu’elle représente pour vous, cette Vénus de Věstonice ? Comment est-ce qu’elle est entrée dans votre vie ?
« Moi, personnellement, c’est un peu difficile à dire, mais j’étudie l’art préhistorique en général, donc la Vénus fait partie de cet objet d’étude, et puis, très jeune déjà j’ai beaucoup aimé la Vénus, parce qu’elle est en terre cuite et il y avait d’autres petits objets qui ont été découverts. J’ai fait des expériences, j’ai travaillé avec l’argile, donc j’ai vraiment une relation personnelle avec cet objet, mais je continue d’étudier d’autres objets d’art préhistorique. »
Avez-vous pu la toucher ?
« La Vénus ? Oui, mais il ne faut pas le dire, parce que la Vénus, c’est un original et il est intouchable ! Mais je l’ai touchée avec des gants, oui, parce que j’ai étudié son cas de très près, donc oui. »
C’était comment, de la toucher ?
« Surprenant, toujours c’est surprenant, parce qu’en plus, comme elle a cette empreinte d’un enfant ou d’une femme sur le dos, il y a vraiment quelqu’un qui l’a touchée aussi, donc c’est une relation directe avec la préhistoire, avec quelqu’un de la préhistoire - c’est comme une téléportation dans le temps, un pont avec la préhistoire. »
La Vénus de Věstonice (Věstonická venuše en tchèque) a environ 29 000 ans.
Elle date du Paléolithique supérieur, plus précisément de la période appelée Gravettien, entre 29 000 et 25 000 avant notre ère. Cette statuette en céramique, découverte en 1925 près de Dolní Věstonice, en Moravie du Sud, est l'une des plus anciennes représentations humaines connues en terre cuite au monde.
Le visiteur peut admirer à Brno l’original de la statuette tournant sur un socle sécurisé, permettant une visualisation à 360° incluant son dos, rarement montré publiquement. Des fragments d’autres statuettes y sont également présentés, accompagnés de panneaux contextualisant l’époque des chasseurs de mammouths et les résultats d’analyses récentes en micro‑CT.
Parallèlement, l’exposition « Deuxième vie de la Vénus » se tient jusqu’au 30 novembre 2025, dans deux lieux complémentaires : l’Archeopark de Pavlov et le château de Mikulov.









