Presse : « Sans les étrangers, le marché du travail tchèque s’effondrerait »

L’importance de la main-d’œuvre étrangère pour l’économie tchèque, les caprices climatiques de cet été, les réactions liées à la mort de l’alpiniste Klára Kolouchová, le goût croissant des Tchèques pour l’immobilier à l’étranger, et les problèmes des jeunes mères tchèques sur le marché du travail : tel est le menu de cette nouvelle revue de presse.

« Sans les étrangers, le marché du travail tchèque s’effondrerait. À l’exception de l’administration publique, tous les secteurs économiques dépendent d’eux », lit-on dans le quotidien économique Hospodářské noviny, qui indique également :

« Le nombre d’étrangers en Tchéquie augmente lentement mais sûrement. Selon le dernier rapport sur les migrations publié par le ministère de l’Intérieur, ils étaient officiellement près d’un million cent mille à la fin du deuxième trimestre 2025 sur le territoire tchèque. Autrement dit, un habitant du pays sur dix est originaire de l’étranger. Les Ukrainiens, qui sont près de 600 000 et dont environ la moitié ne dispose que d’un permis de séjour temporaire, constituent la majorité des ressortissants étrangers en Tchéquie. Les Slovaques constituent le deuxième groupe le plus important, suivis des Vietnamiens. »

Selon une enquête de l’agence STEM réalisée au printemps, 69 % des Tchèques pensent qu’il y a trop d’étrangers qui travaillent dans leur pays ; pour près de la moitié d’entre eux, ils représentent une menace. Une approche que les chiffres déjouent :

« Selon les données officielles, près de 950 000 étrangers établis en Tchéquie travaillent, dont la plupart à Prague et dans la région de Bohême centrale. Les étrangers représentent ainsi près d’un cinquième de la totalité de la main-d’œuvre. Que se passerait-il alors si un gouvernement quelconque répondait à l’appel des populistes et fermait la porte aux étrangers ? La pénurie de main-d’œuvre toucherait toutes les professions. Non seulement l’industrie manufacturière, qui domine en Tchéquie, mais aussi le commerce de détail, l’hôtellerie, les services sociaux et de santé. Bref, si les étrangers étaient contraints de partir tous en même temps, nous en paierions tous le prix, car ils contribuent de manière significative aux recettes budgétaires. Le déficit budgétaire continuerait ainsi de se creuser. »

Froid, le mois de juillet en Tchéquie a été pourtant « normal »

Le mois de juillet a-t-il été froid ? Le chroniqueur du site Seznam Zprávy répond par la négative et explique pourquoi :

« Selon l’Institut hydrométéorologique tchèque, la température moyenne en juillet en Tchéquie était de 17,9 °C. Même si la plupart des gens ont trouvé ce mois très froid, les météorologues le considèrent comme “normal”. Dans la série des températures moyennes enregistrées en juillet depuis 1961, le mois de juillet de cette année se situe donc environ au milieu, étant en fait beaucoup plus chaud que la plupart des mois de juillet des années 1960 et 1970. Cela confirme ce que les météorologues et les climatologues ont souligné ces derniers jours et semaines : l’été 2025 nous semble froid en partie parce que nous nous sommes habitués à des températures plus élevées en raison du changement climatique. »

Un mois froid en Europe centrale, selon Seznam Zprávy, ne peut rien changer au constat que la planète se réchauffe et que l’été de cette année dans le monde, et toute l’année 2025, sont jusqu’à présent très chauds. « Une forte vague de chaleur qui a, entre autres, frappé la Scandinavie en juillet, la Finlande ayant enregistré 15 jours avec des températures supérieures à 30 °C, n’en est qu’un exemple marquant », conclut-il.

L’alpiniste Klára Kolouchová : un chemin à la fois admiré et critiqué

Une chroniqueuse de l’hebdomadaire Respekt revient sur les réactions liées à la mort de l’alpiniste tchèque Klára Kolouchová, 46 ans, retrouvée il y a plus d’un mois, après une chute sur le Nanga Parbat, neuvième plus haut sommet du monde, dans l’Himalaya :

« Dans les commentaires qui ont suivi la tragédie, certains ont exprimé une profonde admiration pour son courage et sa volonté de ne pas abandonner ses rêves, tandis que d’autres l’ont sévèrement critiquée et lui ont reproché durement sa décision de se lancer dans une ascension extrême en tant que mère de deux enfants et épouse. Les accusations d’égoïsme ont été répétées avec une intensité qui invite à se demander : que révèle réellement cette réaction ? Pourquoi de tels jugements ont-ils envahi l’espace public ? »

Pour l’auteure du texte, la réponse est évidente : la société pardonne aux hommes de prendre des risques comme faisant partie de leur identité, mais elle les reproche aux femmes, surtout si elles sont mères :

« Klára Kolouchová n’était pas seulement une alpiniste ; elle était le symbole de quelque chose que beaucoup de gens ont réprimé ou abandonné en eux-mêmes : le courage de suivre ses rêves même au prix du risque, la liberté de ne pas se soumettre aux attentes de son entourage, la conscience que le sens de la vie n’est pas la perfection, mais l’accomplissement. Elle n’est pas morte parce qu’elle était égoïste. Elle est morte comme une personne qui a pris sa vie en main. C’est peut-être cette autonomie qui suscite l’admiration chez certains et la colère chez d’autres. »

L’intérêt croissant des Tchèques pour l’immobilier à l’étranger

L’intérêt des Tchèques pour l’immobilier à l’étranger ne cesse de croître, une tendance que l’on observe également en Pologne ou en Slovaquie. Le journal en ligne echo24.cz précise :

« Posséder son propre appartement au bord de la mer n’est plus, depuis longtemps, un privilège des multimillionnaires. De plus en plus de Tchèques se rendent compte qu’ils peuvent acheter un bien immobilier sur les côtes ensoleillées de l’Espagne, de la Croatie, de l’Italie ou de la Grèce pour un prix équivalent à celui d’un appartement moyen à Prague. Les chalets de montagne en Autriche ou les appartements d’investissement à Dubaï sont également très prisés. Les biens immobiliers à l’étranger leur servent de résidence secondaire, de maison de campagne pour le week-end ou d’investissement rentable. »

C’est notamment en raison des prix élevés des appartements dans leur pays que les Tchèques trouvent aujourd’hui de nouvelles opportunités à l’étranger. Pour le prix d’un studio à Prague, comme l’ajoute le journal, il est possible d’acheter un appartement entièrement équipé au bord de la mer ou à la montagne, souvent avec un rendement plus efficace.

« Le choix de la destination dépend souvent des préférences personnelles (mer, chaleur, montagne, etc.), de la disponibilité de vols directs et d’un environnement fiscal ou juridique favorable. L’intérêt des Tchèques pour l’immobilier à l’étranger réduit en outre la demande pour les propriétés de loisirs dans leur pays. Alors que les prix des chalets et des maisons de campagne dans le pays ont explosé pendant la pandémie, la demande a baissé au cours des deux dernières années », indique encore le journal.

Le marché du travail peu accueillant pour les jeunes mères tchèques

Les mères de petits enfants travaillent en Tchéquie moins qu’elles ne le voudraient. C’est ce dont fait part un texte publié dans le journal Deník N, qui s’intéresse à ce que cela coûte au pays et à ce qu’il faudrait changer :

« Selon une analyse de l’institut CERGE-EI, en Tchéquie, 93 % des mères souhaitent travailler avant le quatrième anniversaire de leur plus jeune enfant, mais en réalité, seules 52 % d’entre elles y parviennent. De plus, certaines d’entre elles ne consacrent pas autant de temps à leur travail qu’elles le souhaiteraient. Les analyses économiques révèlent que les budgets publics tchèques perdent ainsi plus de dix milliards de couronnes par an. »

Ces femmes cherchent principalement des emplois à temps partiel, mais leur offre est particulièrement insuffisante, même si la situation commence à s’améliorer lentement. En outre, comme l’indique également le journal, les mères rencontrent d’autres obstacles sur le marché du travail, tels que les préjugés sociaux et le manque de places en crèche pour leurs enfants.