« Mémoire du XXe siècle » et grand nom de la littérature tchèque, Ivan Klíma est mort

Grande figure de la littérature tchèque du XXe siècle, ancien dissident sous le régime communiste tchécoslovaque, Ivan Klíma est décédé, ce samedi, à Prague. L’écrivain et dramaturge était âgé de 94 ans. L’information a été communiquée par son fils.

A côté de grands noms comme Milan Kundera, auquel il était parfois comparé, ou Bohumil Hrabal, Ivan Klíma, dont l’œuvre comprend un peu de plus de vingt livres, et quoique un peu moins connu que ses illustres compatriotes, était un des auteurs tchèques les plus traduits dans le monde. Plusieurs de ses romans ont été publiés en français, comme « Un été d’amour » ou « Amours et ordures », ou encore son recueil d’essais « Esprit de Prague ». Les relations entre hommes et femmes auront souvent été le thème central de sa réflexion et de sa carrière littéraire.

Né en 1931 à Prague de parents d’origine juive, Ivan Klíma a été déporté en 1941 au camp de Terezín sous le Protectorat de Bohême-Moravie, où il est resté jusqu’à la fin de la guerre. En 1953, il était devenu membre du Parti communiste tchécoslovaque, avant d’en être exclu en 1967. Parti aux Etats-Unis en 1969 pour enseigner à l’université, il était revenu un an plus tard dans une Tchécoslovaquie en pleine « normalisation » après l’écrasement du Printemps de Prague, et est ensuite resté un auteur interdit par le régime jusqu’à la chute de celui-ci en 1989.

Parfois considéré aussi comme « mémoire vivante du XXe siècle », Ivan Klíma a continué à écrire aussi au début du XXIe siècle, et plusieurs de ses ouvrages, notamment « Moje šílené století » (« Mon siècle fou »), avaient reçu une excellente critique. Radio Prague International, grâce à son spécialiste de la littérature tchèque Václav Richter, a consacré de nombreuses émissions à Ivan Klíma.