Mondial 2026 : pour les Tchèques battus aux îles Féroé, rien ne va plus, mais tout reste possible
Énorme déconvenue pour l’équipe de Tchéquie de football, qui a été battue par les îles Féroé (1-2) à Torshavn, dimanche, à l’occasion de son septième et avant-dernier match de groupe comptant pour les éliminatoires pour la Coupe du monde 2026. Malgré la faiblesse de son jeu, la Reprezentace, qui ne peut désormais plus espérer terminer à la première place occupée par la Croatie, devrait néanmoins participer aux barrages en mars prochain, qui lui offriront une deuxième chance de se qualifier pour la phase finale.
En Tchéquie, ces derniers jours, la politique n’est pas la seule chose qui - ne serait-ce qu’à certains - donne le cafard. Il y a aussi le football, et c’est peu dire que la soirée de dimanche, sous la pluie de Torshavn, a été une des plus affligeantes de l’histoire de la Reprezentace.
Alors que du vestiaire féroïen s’élevaient de superbes chants bruyants et joyeux, le capitaine Tomáš Souček n’a d’ailleurs pas tardé, peu après le coup de sifflet final, à s’excuser de cette contre-performance qui fera date, puisqu’il s’agit de la première défaite concédée en onze confrontations avec les îles Féroé, un adversaire qui figure actuellement à la 136e place au classement de la FIFA.
« Nous sommes la Tchéquie et avec tout le respect que nous devons aux îles Féroé, nous devrions être capables de gagner ce genre de matchs. C’est forcément une grande déception. »
Avant même de passer devant des médias à la critique particulièrement acerbe depuis, le même Souček s’était aussi rendu, aussitôt le coup de sifflet, dans le coin du petit stade de Tórsvøllur où se trouvaient les quelques dizaines de courageaux supporters tchèques qui avaient effectué le lointain et onéreux déplacement. Pour leur expliquer que, malgré la faiblesse de leur performance, avec un seul tir cadré en l’espace de quatre-vingt-dix minutes - celui qui a permis à Adam Kabarec d’égaliser à la 78e minute - lui et ses partenaires continuent de donner le maximum pour l’équipe nationale.
Un constat qui était aussi celui d’Ivan Hašek, un sélectionneur conscient des limites de son équipe, mais qui ne s’est pas défilé pour autant au moment de faire le bilan de la soirée :
« En tant qu’entraîneur, je suis bien sûr le premier responsable. Nous ne sommes pas la première équipe à perdre ici, mais cela ne change rien au fait que nous devrions être en mesure de faire le nécessaire pour gagner ce genre de matchs. Mais pour cela, il ne faut pas commettre les erreurs qui nous ont coûté les deux buts ce soir. Est-ce une honte ? C’est le football... Parfois vous battez une équipe plus forte que vous, d’autres fois vous perdez contre une équipe plus faible. Les joueurs n’ont pas baissé les bras, même si j’aurais aimé voir d’autres choses en attaque et plus d’occasions de but. Mais il faut aussi saluer la performance de notre adversaire. C’est une équipe pénible à jouer, très bien organisée en défense et dangereuse en contre-attaque. »
De fait, les étonnantes îles Féroé, qui avaient déjà nettement battu le Monténégro (4-0) devant leur public trois jours plus tôt, ont, contre la Tchéquie, enregistré leur quatrième victoire depuis le début des éliminatoires. Avec douze points au compteur, Hanus Sorensen, Martin Agnarsson, auteurs des deux buts de leur équipe en deuxième mi-temps dimanche, et leurs partenaires peuvent d’ailleurs, en théorie, encore espérer terminer à la deuxième place du groupe L, synonyme de participation aux barrages de qualification pour le Mondial. Pour cela, il faudra toutefois qu’ils battent la Croatie chez elle le 14 novembre prochain, puis espérer un faux-pas de la Tchéquie lors de la réception de Gibraltar lors de la dernière journée des éliminatoires, trois jours plus tard.
LIRE & ECOUTER
De fait, aussi néfaste puisse-t-il être pour la réputation du football tchèque, ce revers n’aura probablement pas de conséquences dramatiques sur le plan comptable pour la Reprezentace. À moins, donc, d’un très improbable concours de circonstances, elle est en effet pratiquement assurée de terminer à la deuxième place de son groupe, derrière une Croatie confortablement installée dans le fauteuil de leader et qui, après avoir été tenue en échec à Prague jeudi dernier (0-0), a repris sa marche en avant contre Gibraltar dimanche (3-0), validant ainsi pratiquement sa qualification.
Bien que forcément sous le feu des critiques, dont beaucoup réclament son limogeage ou sa démission, Ivan Hašek reste d’ailleurs persuadé que voir la Tchéquie participer à la prochaine Coupe du monde, vingt ans après sa dernière participation à une phase finale (en 2006 en Allemagne), ne relève pas que du fantasme :
« Je ne pense pas que je devrais abandonner ou quitter le navire. Nous sommes toujours deuxièmes du groupe et finirons à cette place. J’ai dit une chose avant le début des éliminatoires, et je la maintiens : cette équipe a un seul objectif, qui est de se qualifier pour la Coupe du monde. Cela reste possible et que nous y parvenions en passant par les barrages ou non, peu importe au bout du compte. Les garçons aussi ont toujours cet objectif en tête, même si, malheureusement, et nous le reconnaissons, nous sommes passés à côté de ce match aujourd’hui. »
Comme un symbole, en raison de l’épais brouillard qui recouvrait l’archipel ce lundi, la délégation tchèque, qui devait s’envoler en fin de matinée, est restée bloquée à l’aéroport de Torshavn, l’avion en provenance de Norvège qui devait les transporter n’ayant pas pu atterir. Il y a des jours comme ça...







