Foot - Coupe du monde - Éliminatoires : le rêve déjà douché des Tchèques, inexistants en Croatie
Un match aura suffi à l’équipe de Tchéquie de football pour que le rêve d’une qualification directe pour la phase finale de la prochaine Coupe du monde de football s’envole déjà quasi définitivement. Dépassée techniquement, inférieure plus globalement dans tous les secteurs de jeu, la Reprezentace a été balayée par la Croatie (1-5), à Osijek, lundi soir, en éliminatoires. Il faudra désormais un très improbable concours de circonstances pour qu’elle termine à la première place de son groupe.
Pour la Tchéquie, cette logique défaite en Croatie, la deuxième la plus lourde de son histoire depuis la partition de la Tchécoslovaquie (après un 0-5 à Wembley contre l'Angleterre en 2019), constitue un douloureux retour à la réalité.
Après un début d’éliminatoires sans faute, il est vrai face à trois adversaires - les îles Féroé, Gibraltar et le Monténégro - qui ne sont pas des foudres de guerre, l’idée que la Reprezentace, qui n’a plus participé à une phase finale de Coupe du monde depuis 2006, puisse lutter avec la Croatie pour la première place du groupe L, la seule directement qualificative, s’est transformée en vaste illusion aussi vite que Luka Modrić, auteur d’un penalty et d’une passe décisive, Ivan Perišić, Ante Budimir, de nouveau sur coup de pied de réparation (comme l’on dit si bien en Belgique), et Andrej Kramarić, qui avait déjà ouvert le score de la tête en fin de première période (42e), ont enfilé, entre les 62e et 75e minutes, quatre buts comme autant de perles face à un gardien tchèque, Matěj Kovář, impuissant.
Au bout du compte, l’égalisation du capitaine Tomáš Souček, de la tête sur corner juste avant l’heure de jeu, à un moment de la partie où les Tchèques, après avoir attendu dans leur moitié de terrain durant l’essentiel de la première mi-temps, semblaient avoir enfin compris qu’il faut aussi défendre en avançant, presser et prendre un minimum de risques pour espérer marquer, n’aura été qu’un espoir de courte durée. Et ce, comme l’a admis, sans peine, le sélectionneur tchèque, Ivan Hašek :
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« Je dois d’abord reconnaître la qualité des Croates. Leur maîtrise du ballon et son exploitation dès sa récupération sont très supérieures aux nôtres. Leur victoire est amplement méritée, au-delà même des cinq buts que nous avons encaissés. Notre bon début de deuxième mi-temps nous a permis d’égaliser, mais le penalty concédé pour une faute très légère quelques minutes seulement plus tard nous a fait très mal. Leur troisième but a suivi immédiatement ou presque, et le match était alors plié. »
« Bien sûr, notre adversaire nous était supérieur, notamment techniquement, mais en football, cela ne veut pas dire que nous ne pouvez pas rivaliser. Les minutes qui ont suivi notre égalisation, alors que nous commencions à mieux jouer et pensions même pouvoir gagner, ont été le tournant du match. Mais encore une fois, il faut souligner la grande qualité de notre adversaire. »
Rien ne sert de tourner autour du pot : sans même forcer leur talent, c’est une leçon de football que la Croatie et son maître à jouer Luka Modrić, malgré ses 40 ans en septembre prochain, ont donnée à une équipe de Tchéquie dont le capitaine Tomáš Souček est probablement la meilleure incarnation.
Si le manque d’envie et de bonne volonté ne peut pas leur être reproché, la majorité des joueurs qui la composaient lundi soir, à l’exception peut-être d’un Patrick Schick abandonné à son sort sur le front de l’attaque, ont trop souffert, individuellement, de la comparaison avec leurs adversaires du jour pour, collectivement, pouvoir compenser leurs manques et espérer un meilleur résultat. Tomáš Souček :
« Nous connaissions leur qualité. Quand vous les prenez l’un après l’autre, ce sont tous de très bons joueurs. Mais nous voulions quand même nous mesurer à eux et jouer crânement notre chance. L’objectif reste le même : nous qualifier pour la Coupe du monde, où toutes les équipes et les joueurs seront du niveau de ceux de la Croatie. Nous avons donné le maximum, cela n’a pas suffi, mais je pense que l’on peut quand même retenir notre bon premier quart d’heure en deuxième mi-temps. Ce qui est regrettable, c’est que le deuxième but encaissé nous a complétement mis à genoux. »
Même s’il s’agissait de la Croatie, finaliste et médaillée de bronze des deux dernières Coupes du monde, un seul match, contre le seul adversaire costaud qu’elle aura à affronter lors de ces éliminatoires, aura donc suffi à la Tchéquie pour prendre conscience, une nouvelle fois, et comme cela a déjà été le cas à plusieurs reprises dans un passé récent, de toutes ses limites dès lors que le niveau d’exigence, technique notamment, s’élève quelque peu.
Certes, à mi-parcours, après quatre journées, la Tchéquie occupe toujours, ce mardi matin, la première place de son groupe, mais avec seulement trois points d’avance sur une Croatie qui a, elle, disputé deux matchs de moins.
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Et même s’il y aura un retour à Prague, en octobre prochain, qui, en cas de victoire, pourrait la relancer dans la course à la première place directement qualificative pour la phase finale en Amérique, on voit cependant mal, au vu de la démonstration de lundi soir, comment celle-ci pourrait échapper à la Croatie et comment la Tchéquie pourrait éviter la deuxième place synonyme, elle, de barrages.










