Des plongeurs tchèques explorent l’épave du Britannic, navire « frère » du Titanic
Plus d’un siècle après le naufrage du navire HMHS Britannic au large de la Grèce, plusieurs objets ont été remontés à la surface pour la première fois, ont annoncé les autorités grecques à la mi-septembre. Une autre mission d’exploration, fin octobre, a impliqué quatre plongeurs tchèques et un plongeur slovaque.
C’est la plus grande épave de paquebot au monde : coulé le 21 novembre 1916, le HMHS Britannic est un navire-jumeau du Titanic. Construit après celui-ci, il est censé être plus sûr et plus luxueux que ce dernier, car des leçons sont censées avoir été tirées de son naufrage. Lancé le 26 février 1914, le Britannic n’aura toutefois jamais la carrière commerciale qui lui était promise : la guerre éclate en été et il est réquisitionné par la Royal Navy qui le transforme en navire-hôpital. Entre 1915 et 1916, il sillonne les mers entre le Royaume-Uni et les Dardanelles, tristement connues pour avoir été le lieu d’une sanglante bataille, revers majeur à ce moment de la guerre pour les Alliés.
C’est lors de sa sixième traversée qu’il heurte une mine allemande avant de couler en moins d’une heure. Le naufrage fait 30 morts parmi les 1 065 personnes à bord. Il faudra attendre 1975 et Jacques-Yves Cousteau et sa Calypso, équipée d’un sonar, pour que l’épave soit localisée et en partie explorée.
Il y a eu plusieurs expéditions visant à explorer l’épave qui se trouve à 120 mètres de profondeur, mais les conditions sont extrêmes et ces missions de plongée sont considérées comme les plus dangereuses au monde.
Les 28, 30 et 31 octobre, quatre plongeurs tchèques et un plongeur slovaque, épaulés par une équipe technique, et soutenus par les autorités grecques et le propriétaire du bateau Simon Mills, sont descendus jusqu’à l’épave, avec pour objectif de documenter son état actuel et d’explorer trois sections du navire : la poupe avec les hélices, le pont promenade à bâbord, d’où les plongeurs ont pu apercevoir l’intérieur du navire, et la proue avec la passerelle de commandement.
« Lorsque nous sommes arrivés au pont promenade, une vue à couper le souffle s’est offerte à nous. Nous avons pu jeter un œil à l’intérieur, où, après plus de 100 ans, les détails de la construction et des traces de l’intérieur d’origine étaient encore visibles », a déclaré Petr Slezák, le chef de l’expédition.
Selon lui, lors d’une de leurs plongées, les plongeurs ont atteint la passerelle du capitaine, où ils ont découvert deux télégraphes du navire bien conservés et toujours solidement fixés à leur emplacement d’origine. Bien que recouverts de sédiments et de coraux, leurs cadrans et leurs leviers de commande sont restés lisibles jusqu’à aujourd’hui.
Ce géant des mers – à l’origine, il devait être baptisé Gigantic – est, 109 ans plus tard dans un état toujours excellent, couché sur son côté tribord. Chaque plongée dure plusieurs heures et exige une précision extrême, des procédures bien rodées ainsi qu’une bonne condition physique et mentale.
A plus de cent mètres de profondeur, aucune erreur n’est permise, soulignent les plongeurs Martin Janeček et Tomáš Zloch, qui ont participé en 2023 à la découverte de l’épave du sous-marin allemand UC-55 au large des côtes de l’archipel écossais des Shetland.
Cette expédition tchéco-slovaque de fin octobre fait suite à une autre mission internationale réalisée quelques semaines auparavant qui a permis de remonter à la surface, et pour la toute première fois, des objets du Britannic : la cloche d’alerte du navire, la lampe de signalisation, divers équipements de première et deuxième classes, des carreaux de céramique provenant de la décoration d’un bain turc et une paire de jumelles d’observation. Autant de témoins muets d’un naufrage qui n’a jamais eu le retentissement de celui du Titanic.






