Marcela Maftoul : « Il n’y avait pas de quoi respirer dans la Tchécoslovaquie des années 1970 »
Née en 1947 de parents juifs rescapés de la Shoah, Marcela Maftoul a toujours eu le goût de l’exploration. Traductrice et interprète, elle est partie en 1978 à Paris, où son mari a obtenu un poste à l’université. Dans la capitale française, Marcela a collaboré avec les revues d’exil « Svědectví » (Témoignage), « 150 000 mots » et « Lettre Internationale ». À Grenoble, où la famille a déménagé, elle s’est consacrée à l’informatique, avant de découvrir la magie de l’hypnose. Aujourd’hui, elle la partage entre les deux pays, la France et la Tchéquie.
Extraits :
« Nous avions le visa de longue durée et l’autorisation de partir. Nous sommes partis en voiture et nous pouvions donc prendre ce qui retrait dedans. J’en ai gardé le souvenir d’une humiliation, car il fallait dédouaner tout ce qu’on avait, y compris mes culottes. J’ai dû payer 3 ou 4 couronnes par culotte de frais de douane. À l’époque, notre fils avait quatre ans et j’étais enceinte de notre deuxième enfant qui est donc né en France, de même que le troisième. »
« J’ai commencé à enseigner le russe à l’université, j’allaitais dans les pauses… C’est un technicien du laboratoire de mon mari qui gardait mon bébé pendant les cours. Pendant plusieurs années, c’était précaire. »
« J’ai fait un DEA d’études est-européennes pour passer le concours des Affaires étrangères. Parallèlement, je faisais des traductions du russe pour les revues Témoignage et 150 000 mots. (…) Nos amis américains nous ont rendu visite à Paris. Lui, il était informaticien et je lui ai raconté mes difficultés à être financièrement indépendante de mon mari. Il m’a dit : ‘Tu es traductrice. L’informatique, ce n’est que la traduction d’un système dans un autre système.’ Alors j’ai pris de cours d’informatique et j’ai commencé à travailler à l’université comme informaticienne, d’abord à Paris puis à Grenoble, où j’ai encore approfondi ma formation pour devenir ingénieure multimédia suis spécialisée dans e-learning. »