Vainqueur de Wimbledon resté fidèle à son pays, le tennisman Jan Kodeš fête ses 80 ans

En 1973 Jan Kodeš triomphe à Wimbledon

Triple vainqueur de tournois du Grand Chelem, Jan Kodeš fête ses 80 ans le 1er mars 2026. Grande personnalité sportive tchécoslovaque, son parcours sportif a été marqué par sa détermination et sa fidélité à sa patrie.

Des courts pragois au trône de Wimbledon

Né à Prague juste après la fin de la Seconde Guerre mondiale, Jan Kodeš touche à sa première raquette sur les courts de tennis dont son père est le gérant. Le jeune Kodeš aime le tennis autant que le football, mais après une victoire au prestigieux tournoi de jeunes en 1964, il opte pour une carrière sur les courts. Il devient bientôt le meilleur joueur en Tchécoslovaquie.

En 1970,  Jan Kodeš remporte le tournoi de Roland-Garros | Photo: Keystone Pictures USA/Zuma Press/Profimedia

C’est à la fin des années 1960 qu’il perce sur la scène internationale, lorsque les tournois de tennis s’ouvrent aux professionnels. En 1970, il remporte le tournoi de Roland-Garros, et il défend son titre un an plus tard. Les spectateurs parisiens apprécient particulièrement son opiniâtreté et sa combativité. En 1971, il atteint également la finale de l’US Open.

Néanmoins, c’est en 1973 qu’il triomphe véritablement : à Wimbledon, il remporte une série de matchs difficiles, au cours desquels il manque à plusieurs reprises de se faire éliminer. Mais il finit par battre Alexandr Metreveli en finale, devenant ainsi le premier joueur du bloc de l’Est à remporter le tournoi le plus célèbre du monde. Pour la Tchécoslovaquie de l’époque, c’est un moment exceptionnel – et un succès sportif qui dépasse largement les frontières du pays.

Jan Kodeš | Photo: APF ČRo

« Non » aux propositions d’Europe de l’Ouest

Ses succès auraient pu permettre à Jan Kodeš de rester à l’étranger : après son triomphe à Paris en 1971, des fonctionnaires français lui proposent leur aide s’il décidait d’émigrer. Mais Kodeš la refuse : il préfère rester avec sa famille et représenter son pays, et ce même si la vie d’un sportif en Tchécoslovaquie communiste est synonyme de possibilités et de rémunération moindres.

Davis Cup 1980 : Cyril Suk,  Pavel Korda,  Pavel Složil,  Tomáš Šmíd,  Ivan Lendl et  Jan Kodeš | Photo: Jaroslav Legner,  CNC/Profimedia

Une fidélité envers sa patrie inhabituelle : à l’époque, de nombreux sportifs de la région préfèrent partir vivre dans un pays occidental, où les conditions sont meilleures. Jan Kodeš, lui, ne part pas... Et il devient, ainsi le seul et unique membre de l’équipe tchécoslovaque vainqueur de la Coupe Davis 1980 à continuer à vivre dans son pays d’origine.

La Coupe Davis... et la vie après le tennis

Jan Kodeš | Photo: ČTK/Rýdl

En 1980, il contribue à la victoire de l’équipe tchécoslovaque à la Coupe Davis. C’est là sa dernière grande bataille en compétition. Après avoir mis fin à sa carrière, il est capitaine, organisateur de tournois et président de la Fédération tchèque de tennis. Il reste très actif dans le milieu du tennis et devient une personnalité respectée du sport européen.

Jan Kodeš | Photo: Rostislav Šebesta,  ČRo

En 2014, il subit une transplantation cardiaque qui lui sauve la vie. Aujourd’hui, il continue de visiter – en tant que spectateur – les courts de tennis, un sport qu’il apprécie toujours autant.

« Je regrette de ne pas avoir remporté l’US Open. Mais sinon, je ne regrette rien de ce que j’ai vécu dans le monde du tennis », dit-il.

Jan Kodeš – mini biographie

  • Naissance : Le 1er mars 1946 à Prague
  • Titres du Grand Chelem : Roland-Garros en 1970 et en 1971 ; Wimbledon en 1973
  • Finales de l’US Open : 1971, 1973
  • Coupe Davis : vainqueur en 1980
  • Fonctions : président de la Fédération tchèque de tennis (1994-1998)
  • Reconnaissance : prix Emil Zátopek (2011)
mots clefs:
  • Sport
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