Presse : l’opposition tchèque en panne
Cette nouvelle revue de presse s’intéresse d’abord à l’opposition tchèque fragmentée et en difficulté, avant d’aborder les défis posés par la sécheresse qui frappe le pays. Elle revient également sur le nombre record de centenaires, très majoritairement des femmes, la hausse des prix et la présence tchèque aux Championnats d’Europe d’athlétisme.
D’habitude, moins d’un an après les élections, la cote du gouvernement s’affaiblit. En Tchéquie pourtant, on constate le contraire. Le quotidien Hospodářské noviny rapporte que le mouvement ANO, qui a remporté les élections législatives en octobre 2025 avec 34,51 % des voix, reste stable selon le dernier sondage de Median, conservant presque le même score. Les partis de la coalition et de l’opposition ont obtenu, en termes de sièges, exactement le même résultat qu’aux élections d’il y a dix mois. En revanche, les intentions de vote en faveur des partis de la coalition Spolu (Ensemble) sont en baisse. » Qu’est-ce qui explique cette situation peu réjouissante, voire tragique, pour l’opposition ? » se demande le journal :
« Les partis d’opposition ne parviennent toujours pas à formuler une alternative compréhensible et crédible qui convaincrait une partie des électeurs d’ANO qu’une coalition dirigée par l’opposition serait préférable à celle de Babiš. En outre, l’opposition est fragmentée en cinq partis qui tentent chacun de se démarquer. Leurs messages destinés aux électeurs se brouillent ainsi les uns les autres, se cannibalisent et, au final, s’annihilent. La futilité de l’opposition s’illustre sans doute le mieux par la façon dont le public connaît, ou plutôt ignore, ses dirigeants. Selon un sondage NMS réalisé pour le site Novinky, la majorité des Tchèques ne savent pas du tout qui dirige réellement les partis d’opposition. »
Selon l’éditorialiste du journal économique, cette opposition fragmentée pourrait tirer des leçons de la Hongrie qui a vu s’unir son opposition au sein de la formation Tizsa, avec un programme unique et un seul leader.
La sécheresse frappe la Tchéquie
L’Europe fait partie des continents qui se réchauffent le plus rapidement. Comme le nombre de décès dus à la chaleur a augmenté de 30 % au cours des vingt dernières années, l’Organisation mondiale de la santé a appelé les différents États à disposer d’un plan d’action. Les pays de l’UE en ont presque tous un et l’utilisent sauf, comme l’indique l’hebdomadaire Respekt, la Tchéquie :
« Cette semaine, le gouvernement a renouvelé la Coalition nationale contre la sécheresse qui sera dirigée par Andrej Babiš. Mais jusque-là, il n’a pris aucune mesure. Il n’a convoqué ni une équipe de crise ni un groupe interministériel pour étudier des solutions permettant de faire face à cette nouvelle situation. C’est un paradoxe, car les institutions tchèques sont généralement capables de réagir immédiatement aux inondations, aux tornades ou aux incendies. »
Respekt indique également que Prague est la seule ville tchèque à disposer d’un plan d’adaptation au changement climatique, qui n’est toutefois mis en œuvre que partiellement, notamment en raison d’un manque de consensus politique. Et d’ajouter que « la Tchéquie devrait s’inspirer en France, qui se prépare depuis plus de vingt ans aux vagues de chaleur causées par le changement climatique ».
A ce propos, le site Aktualne.cz rapporte qu’avec la hausse des températures, les fausses informations sur le climat refont surface. Elles remettent en cause le lien entre les vagues de chaleur et le changement climatique, minimisent les risques sanitaires ou s’en prennent aux mesures de lutte mises en œuvre. On les retrouve sur les réseaux sociaux, dans les médias et dans les déclarations de certains responsables politiques qui relativisent les connaissances scientifiques et reprennent des arguments que les experts qualifient de réfutés depuis longtemps. Selon le site pourtant, le déni pur et simple s’estompe avec les vagues de chaleur, car on ne peut pas prétendre qu’il ne se passe rien alors que les records de température tombent les uns après les autres. Or, les contestataires tentent pour le moins de minimiser les faits.
Une nette prédominance des femmes centenaires par rapport aux hommes
En Tchéquie, le record du nombre de personnes âgées de cent ans et plus vient d’être battu. En juin, l’Administration tchèque de la sécurité sociale en a recensé 1 186, soit le double par rapport à 2016. D’après Seznam Zprávy, ce record absolu pourrait ne pas tenir longtemps :
« Certes, les personnes ayant atteint l’âge de cent ans et plus représentent un groupe restreint, voire une élite. Mais les statistiques montrent clairement que, même en Tchéquie, de plus en plus de personnes atteignent cet âge presque mythique. À l’avenir, il ne s’agira d’ailleurs plus de centaines, mais de milliers, voire de dizaines de milliers de personnes. Ces données constituent un bon bilan pour le pays et pour le système de santé national. Pour les uns en effet, elles évoque une vie plus saine et plus heureuse, pour d’autres des premiers signes avant-coureurs d’une tendance. »
Les données sur les centenaires montrent également une nette prédominance des femmes par rapport aux hommes. Le constat qu’on compte une femme centenaire pour six hommes s’explique, selon Seznam Zprávy, par le fait que les femmes restent actives même à un âge avancé et par le fait que la société offre aux femmes diverses activités et possibilités, alors que pour les hommes, l’offre est beaucoup plus limitée.
La hausse des prix, un problème partagé par Babiš et Trump
« Babiš et Trump sont tous deux confrontés au même problème. Les électeurs vont-ils les sanctionner lors des élections ? » Voilà le titre percutant d’un texte publié sur le site Info.cz dans lequel on peut lire :
« La hausse des prix est de retour, et avec elle, l’inquiétude des responsables politiques. Alors qu’Andrej Babiš et Donald Trump avaient promis à leurs électeurs un coût de la vie moins élevé, la hausse des prix des services et le coût élevé des crédits immobiliers révèlent une dure réalité. Aujourd’hui, la hausse des prix est, avec l’immigration et la sécurité, le thème principal qui détermine l’issue des élections. Celui qui parvient à convaincre les gens qu’il est capable de mettre fin à la cherté l’emporte. Par ailleurs, les campagnes électorales tchèques ont été dominées par ce thème, tant en 2021 qu’en 2025. Et c’est précisément le sentiment d’une hausse générale des prix, de concert avec le problème de l’immigration, qui a propulsé Donald Trump pour la deuxième fois à la Maison Blanche. »
L’éditorialiste du site Info.cz s’attend à ce que la hausse des prix influence de manière décisive les élections de mi-mandat aux Etats-Unis, tout comme les élections municipales et sénatoriales chez nous. D’autant plus que nous vivons à une époque marquée par de fortes pressions inflationnistes. « Les derniers chiffres de l’inflation publiés cette semaine montrent que la stabilité des prix ne semble pas à l’ordre du jour pour le moment. Tant chez nous qu’aux États-Unis, il ne s’agit pas seulement de la hausse des prix de l’énergie provoquée par le conflit en Iran et la fermeture du détroit d’Ormuz. Dans les deux cas, la hausse des prix des services constitue un signal d’alerte », ajoute-t-il.
L’athlétisme tchèque dans l’attente d’un vent frais
La présence tchèque aux Championnats d’Europe d’athlétisme à Birmingham essuie de nombreuses critiques dans les médias locaux. Le chroniqueur du site Sport.cz, par exemple, écrit :
« Il existe de nombreux indicateurs permettant d’évaluer les performances d’une équipe nationale d’athlétisme lors d’un grand rendez-vous. Le nombre de médailles, le nombre de places en finale ou encore la qualité des performances réalisées. Or, lors des Championnats d’Europe à Birmingham, l’équipe tchèque a échoué sur tous ces plans, à quelques exceptions près. Le bilan des médailles est certes le plus visible, mais ce n’est pas celui qui en dit le plus long. Ce qui est alarmant, c’est le nombre extrêmement faible de places en finale. Sur quarante départs, seuls cinq se sont soldés par une place parmi les huit premiers. Un minimum historique, car au cours des sept derniers championnats d’Europe, le nombre de places parmi les huit premiers avait toujours été à deux chiffres. Aujourd’hui, les Tchèques se retrouvent relégués au classement par nations derrière la Croatie, la Turquie ou Israël. Parmi l’élite européenne, seule Lurdes Gloria Manuel, 4e en finale du 400 mètres, s’est véritablement imposée au cours de la saison. »
Le chroniqueur conclut pourtant sur un ton prudemment optimiste affirmant que chez les jeunes, les Tchèques font partie de l’élite absolue en Europe. Ce sont précisément leurs résultats obtenus lors des compétitions juniors qui constituent pour lui cette fameuse lueur au bout du tunnel.




