Les seniors, population défavorisée dans de nombreux établissements spécialisés

Иллюстративное фото: Филип Яндоурек, Чешское радио

Le ministère du Travail et des Affaires sociales entend mettre en place des normes plus strictes pour les établissements à destination des personnes âgées. Une réaction aux critiques et recommandations émises par la médiatrice de la République Anna Šabatová, qui dans un rapport, met en lumière les écarts qui peuvent exister dans les services proposés, selon les établissements, et les mauvais traitements dont sont souvent victimes les seniors. Dans un pays où la population vieillissante augmente, ce rapport dresse un constat peu reluisant du lien de la société à une de ses populations les plus fragiles. Au micro de Radio Prague, Anna Šabatová est revenue sur les conditions dans lesquelles elle et son équipe ont visité ces établissements.

Photo: Filip Jandourek, ČRo
« Mes collaborateurs et moi-même avons visité quatorze établissements agréés et sept établissements qui n’ont pas été assermentés. Nous avons publié une publication qui rassemble notre expérience de ces visites. Il faut dire qu’il n’y a pas d’établissements sans défauts. Dans le cadre du mécanisme national de la prévention des mauvais traitements, nous avons toujours quelque chose à dire. Mais c’est du ressort d’une communication entre nous-mêmes et l’établissement concerné. Après, nous rassemblons toutes les informations et faisons des recommandations qui sont adressées à la fois au grand public, aux institutions et aux autorités d’Etat. »

Vous poursuivez le travail entamé par votre prédécesseur. La situation s’est-elle améliorée depuis ?

« C’est difficile à dire car c’est un processus. Cette prévention des mauvais traitements est un travail sur le long terme. On ne peut pas dire s’il y a eu des améliorations en un an à peine. J’espère toutefois que notre travail va améliorer la situation. »

Quels sont concrètement les problèmes récurrents dans ces établissements ?

Anna Šabatová, photo: Adam Kebrt, ČRo
« Les problèmes de ces établissements sont avant tout le manque de personnel, le fait que ce dernier ne soit pas toujours qualifié. L’environnement n’est souvent pas adapté aux personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer. Il n’y a pas assez de respect pour la vie privée des seniors. On a aussi remarqué qu’on avait assez fréquemment recours à des moyens qui limitent la liberté des individus ou encore à une médication de type tranquillisants pour calmer les patients. Il n’y a pas de prévention de la malnutrition, ou pour éviter de tomber et se blesser. Ce sont des choses qui sont assez graves et il faut conclure que la solution réside dans davantage d’argent investi dans cette sphère, davantage de personnel, d’employés qualifiés et de formations. »

Où sont les responsabilités dans ces établissements ? Auprès du personnel, de la direction ?

« C’est toujours une responsabilité collective. On peut évidemment s’adresser aux directeurs d’établissements et il est clair qu’ils peuvent faire quelque chose. Mais la situation relative aux standards matériels et personnels relève d’un problème systémique. Il faut donc s’adresser directement aux autorités de l’Etat. »

On peut imaginer que ces mauvais traitements ont une conséquence directe sur la durée de vie des patients. N’est-ce pas une question de « non-assistance à personne en danger » ?

« Il s’agit d’un problème politique : combien la société est-elle prête à donner de l’argent pour que les personnes âgées puissent vivre dans de bonnes conditions ? J’espère que le ministère du Travail et des Affaires sociales va préciser les conditions nécessaires pour l’agrémentation des établissements et les standards au niveau du personnel vont augmenter. C’est en effet presque toujours une des raisons de l’imperfection de soins : un personnel surchargé et surtout pas assez nombreux. »

Photo: Filip Jandourek, ČRo
On pourrait finalement dire que c’est une question politique, mais aussi sociétale : qu’est-ce que nous, en tant que société, voulons faire pour améliorer les conditions de nos seniors ? A fortiori, lorsque l’on sait que la population est vieillissante en Europe…

« Oui, c’est vrai. Il faut penser à cela, parler de ce problème et montrer le lien de cause à effet qui existe entre de bonnes conditions de vie et un certain investissement financier à mettre en place. Mais avant tout, il faut parler de ces questions. »