Classement PISA : les élèves tchèques au-dessus de la moyenne, mais continuent de reculer

Les élèves tchèques restent parmi les mieux classés de l’Union européenne dans le nouveau classement PISA, mais leurs performances continuent de se dégrader. Publiés mardi par l’OCDE, les résultats pour l’année 2025 montrent notamment un nouveau recul en mathématiques et en compréhension de l’écrit. La Tchéquie conserve néanmoins des résultats supérieurs à la moyenne de l’OCDE et de l’UE dans les trois domaines évalués : sciences, lecture et mathématiques.

Le contraste est particulièrement intéressant avec la France. En sciences, les jeunes Tchèques obtiennent un score moyen de 490 points, contre 483 en France, pour une moyenne OCDE de 482. En compréhension de l’écrit, l’écart est encore plus net : 468 points en Tchéquie contre 456 en France, la moyenne de l’OCDE s’établissant à 461. Enfin, en mathématiques, les Tchèques atteignent 477 points, contre 458 pour les Français, alors que la moyenne OCDE est de 463.

Photo illustrative: Eva Marvanová,  ČRo

Mais ces bons résultats dans ces trois disciplines ne doivent pas masquer une tendance préoccupante : par rapport à l’édition précédente du classement PISA, ce programme international pour le suivi des acquis des élèves, les élèves tchèques ont perdu 20 points en lecture et 10 points en mathématiques depuis 2022.

Cette dégradation n’est d’ailleurs pas propre à ces deux pays. L’OCDE constate un recul global des performances : à l’échelle de l’organisation, les résultats moyens en lecture et en mathématiques atteignent en 2025 leur niveau le plus bas jamais enregistré par le classement. En moyenne, un élève de 15 ans sur cinq dans les pays de l’OCDE n’atteint désormais pas le niveau 2, considéré comme le seuil minimal de compétence, dans les trois domaines.

Photo illustrative: Michaela Danelová,  ČRo

A l’échelle du groupe de Visegrad, la Tchéquie reste dans le haut du panier, mais elle n’est pas pour autant la meilleure élève. Elle est devancée par la Pologne, notamment en maths, tandis que la Hongrie et surtout la Slovaquie affichent des résultats inférieurs. Le paradoxe est que la Tchéquie, malgré des scores solides, fait partie des pays dont les performances se dégradent, alors que la Slovaquie a réussi pour sa part à redresser les siennes entre 2022 et 2025 avec une progression en maths et en lecture et une hausse de cinq points en sciences.

En Tchéquie, le recul s’inscrit toutefois dans une tendance de fond et sur un plus long terme. En mathématiques, le score moyen des élèves a diminué d’environ 40 points depuis la toute première édition de PISA en 2003. Et la proportion d’élèves qui n’atteignent pas le niveau 2 correspond désormais à 29 % en mathématiques et 27 % en lecture, contre 21 % en sciences.

Robert Plaga | Photo: Petr Topič,  MF DNES,  LN/Profimedia

Pour le ministre tchèque de l’Éducation, Robert Plaga (ANO), il faut néanmoins retenir un élément positif : « La bonne nouvelle, c’est que la République tchèque reste, dans les trois domaines évalués, au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE. Nous le devons à nos enseignants et à nos écoles, et ce malgré le sous-financement de notre système éducatif. »

Mais Robert Plaga s’inquiète également la tendance à la baisse sur le long terme, notamment en mathématiques. Pour lui, la transformation des habitudes de lecture et l’affaiblissement de l’attention des enfants, qu’il relie à l’usage des réseaux sociaux, en sont les causes principales. « L’école telle que beaucoup d’entre nous l’ont connue dans le passé ne peut plus revenir sous la même forme », souligne-t-il toutefois.

Tomáš Zatloukal | Photo: Kateřina Cibulka,  ČRo

Un des problèmes majeurs en Tchéquie, qui explique en partie ces résultats, est celui des inégalités sociales, comme le met en lumière, pour la Radio tchèque, l’inspecteur de l’Education Tomáš Zatloukal : « C’est un facteur qui joue très fortement dans notre système éducatif, et les résultats de l’enquête confirment qu’il existe un écart de deux années et demie de scolarité entre les élèves les plus défavorisés et les plus favorisés. C’est un facteur tout à fait déterminant, qui agit ensuite à la fois sur les élèves eux-mêmes, en influençant leur parcours scolaire et leur insertion professionnelle, mais qui a également des conséquences sociales et économiques dans les territoires où le statut socio-économique de la population est plus faible. »

Photo illustrative: Ben Kerck,  Pixabay,  Pixabay License

Le classement PISA montre ainsi une situation contrastée pour la Tchéquie, avec des élèves tchèques obtenant toujours des résultats supérieurs à la moyenne de l’OCDE et faisant mieux que leurs camarades en France ou que leurs voisins slovaques dans les trois disciplines évaluées. Mais leurs performances sont en baisse depuis plusieurs années, notamment en mathématiques et en lecture, tandis que l’origine sociale continue de jouer un rôle important dans les résultats obtenus en classe.

Auteur: Anna Kubišta | Sources: iROZHLAS.cz , Ministerstvo školství
mot-clé:
lancer la lecture