Le système d’enseignement tchèque profite plus aux filles qu’aux garçons

Photo: Lucie Maxová, ČRo

Selon une analyse publiée sur un site de l’hebdomadaire Echo, les garçons tchèques réussissent moins lors de leurs études primaires et secondaires que les filles. Nous en avons retenu quelques aperçus. Un entretien dont nous vous présenterons un extrait se penche sur la propagande russe dans les médias et la façon dont l’Union européenne est appelée à relever le défi. La quête des emplois à temps partiel par les Tchèques – un autre sujet traité dans cette revue de presse, laquelle rappellera, aussi, un massacre survenu dans le nord de la Bohême au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale.

Photo: Lucie Maxová, ČRo
Oubliez les femmes, c’est la discrimination des garçons qui a commencé. Tel est le titre d’une analyse publiée dans l’hebdomadaire Echo, dont l’auteur, Martin Weiss, constate qu’à l’ombre de la question de l’égalité entre hommes et femmes, qui est omniprésente, il existe une autre inégalité qui se développe ces dernières années. Elle se traduit par le fait que dans le système éducatif d’un pays basé sur l’ « économie de l’éducation », comme la Tchéquie, les garçons arrivent à s’imposer plus difficilement que les jeunes filles. Il décrit ainsi un phénomène sociétal dont on parle à ce jour très peu, mais qui existe selon lui réellement. Nous citons :

« En Tchéquie, à l’instar d’autres pays, ce sont les femmes qui prédominent parmi les jeunes diplômés, une situation qui n’existait pas encore il y a une dizaine ou une vingtaine d’années. En outre, une enquête auprès de 8 000 étudiants du cycle secondaire effectuée dans le cadre d’un projet financé par l’Agence technologique de la République tchèque a révélé que notre système scolaire, à chaque niveau, profitait mieux aux jeunes filles qu’aux garçons. Les filles obtenaient alors des notes nettement meilleures s’agissant de matières comme la langue tchèque ou les mathématiques et, aussi, elles étaient plus nombreuses à vouloir poursuivre des études dans une école supérieure. »

L’enquête concernée montre également la grande influence du milieu socio-économique, dont les élèves et les étudiants sont issus. S’agissant de familles incomplètes, ce sont les garçons qui semblent beaucoup plus touchés par ce handicap que les filles. Les données recueillies signalent en outre que ce sont encore les filles qui se voient plus encouragées par leurs parents pour passer le baccalauréat ou pour faire des études universitaires. C’est ainsi aux garçons que la phrase « tu n’es pas fait pour le lycée ou pour l’université » est le plus souvent adressée, tant en famille qu’à l’école.

La Tchéquie face à la propagande russe

Photo: Archives du bureau de presse du Président russe, CC BY 3.0 Unported
Comment faire front face à la propagande russe liée à la crise en Ukraine et dont la République tchèque est aussi une des cibles, par le biais entre autres de nombreux sites anonymes ou de la station prorusse Russia Today ? Peter Pomerantsev, producteur de télévision et journaliste britannique d’origine russe a répondu à cette question dans l’hebdomadaire Respekt en soulignant :

« Il est certain que l’Union européenne devrait réagir d’une manière beaucoup plus souple, ce qui n’est pas toujours le cas, car les choses traînent trop longtemps. L’Union européenne s’appuie sur des valeurs différentes que la Russie. Ce sont en premier lieu la liberté de parole et d’expression et non pas la volonté d’usurper une seule vérité. La seule possibilité, c’est de soutenir les médias et les journalistes russes alternatifs, afin que des voix autres que celles pro-kremlins retentissent en Russie. Toutefois, il ne s’agit pas de créer une seule grande chaîne, mais plusieurs chaînes de petite taille qui seront destinées à des publics variés. Les médias étrangers, dont en particulier BBC ou Reuters, devraient également essayer de se développer davantage. »

S’agissant de la situation au sein de l’Union européenne, Peter Pomerantsev, interrogé par l’hebdomadaire Respekt, estime que la question de la propagande devrait figurer au cœur de l’intérêt des services de renseignements. Une façon de déceler si les gérants souvent anonymes de médias propagandistes n’agissent pas en contradiction avec la loi ou si ceux-ci ne sont pas soutenus par des oligarques avec un passé criminel.

Les emplois de travail à temps partiel demeurent en Tchéquie peu accessibles

Photo: Archives de Radio Prague
Les Tchèques sont de plus en plus souvent en quête de contrats de travail à temps partiel, tandis que les employeurs refusent, dans la majorité des cas, de satisfaire à leurs demandes. Plus de détails dans une des récentes éditions du quotidien Právo qui a écrit :

« Selon les dernières statistiques, presqu’un tiers des demandeurs d’emploi tchèques cherchent un emploi à temps partiel. Et il ne s’agit pas seulement, et de loin, de parents en congé maternité. Pourtant, dans le cadre de l’Union européenne, la République tchèque fait partie des pays dans lesquels cette pratique n’est que très faiblement répandue, car les entreprises et les firmes privilégient le travail à temps plein. »

Une pareille disproportion entre la demande et l’offre concerne également la formation, car d’une manière générale, les employeurs exigent un niveau de formation plus élevé que celui qu’offrent les candidats. La plus sollicitée est la licence de bachelier, suivie d’une licence d’apprentissage. Le journal note également que les demandeurs d’emploi peuvent compléter leur formation sous forme de cours de requalification, subventionnés par l’Office de travail de la République tchèque... L’emploi est aussi le sujet d’un texte mis en ligne sur le site du quotidien internet Deník Referendum qui indique :

« A en croire un nouveau sondage sociologique, les allocations sociales n’agissent pas comme un facteur pouvant diminuer la motivation des sans-emplois de chercher un travail. Toutes les personnes interrogées ont déclaré leur préférence pour la certitude d’un emploi convenablement payé à des subventions de l’Etat. D’autant plus que, dans beaucoup de cas, la perception d’allocations sociales est liée à une forte frustration et à un sentiment d’infériorité. »

Rappel d’un massacre survenu dans le nord de la Bohême au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale

L'explosion dans un dépôt de munitions, photo: Archives de la ville d'Ústí nad Labem
Un texte publié sur le site echo24.cz rappelle un événement tragique qui s’est produit au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, le 31 juillet 1945, dans la ville d’Ústí nad Labem, dans le nord de la Bohême. Ce jour-là, un dépôt local de munitions a explosé causant la mort de 27 personnes et laissant des dizaines de blessés graves. Considérée par la population locale comme un sabotage allemand, l’explosion a provoqué le jour même dans les rues de la ville des violences lors desquelles des dizaines d’habitants allemands ont été massacrés. L’auteur du texte poursuit :

« Les causes de l’explosion du dépôt de munitions et du carnage consécutif n’ont jamais été tout à fait élucidées. Selon certains historiens, le massacre avait pour objectif de démontrer la nécessité du transfert des Allemands des Sudètes qui était à l’époque négocié à Potsdam. Une véritable enquête sur les deux incidents n’a pourtant jamais été véritablement menée, car rendue difficile en raison des buts propagandistes suivis par les deux parties. Tandis que les Allemands ont qualifié le pogrome de « Lidice des Sudètes », en référence au nom du village tchèque écrasé en 1942 par les nazis, la partie tchèque, quant à elle, l’a décrit comme une action perfide de saboteurs allemands. Beaucoup défendent d’un autre côté la théorie qui veut que la chaîne des tragédies a été déclenchée par un concours malheureux de circonstances. »

C’est à partir des années 1990 que les historiens et les journalistes se sont de nouveau intéressés à cet événement tragique, l’un de ceux s’inscrivant dans le contexte des « règlements de compte » sauvages de l’après-guerre. Le texte mis en ligne sur le site cho24.cz présente aussi quelques extraits d’importants témoignages qui ont pu être à cette fin réunis.