Nous avons lu dans la presse…

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Le forum de Davos en pleine période de crise. Le soutien exprimé par le président Václav Klaus à un nouveau parti eurosceptique créé en Pologne. La politique ne cesse d’attirer l’économiste Jan Švejnar, ancien candidat présidentiel. Tels sont les thèmes que nous avons retenus dans la presse tchèque de ces derniers jours.

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L’ensemble des périodiques met en relief que le Forum économique mondial de Davos se réunit au moment où, pour la première fois depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale, les Etats-Unis, le Japon et l’Europe font conjointement front à une profonde crise économique.

Dans le quotidien économique Hospodářské noviny de mercredi, nous avons pu lire : « Tous les privilégiés qui, au cours des dernières années, ont reçu une invitation à Davos, pouvaient la considérer comme une confirmation de leur réussite. Cette année, la situation est bien différente. Les banquiers hésitent à s’y rendre du fait que les actionnaires et le public leur font clairement savoir qu’ils se comporteraient de façon amorale en bénéficiant des plaisirs et du luxe d’un prestigieux centre de ski, au moment où les banques affrontent la crise ».

Le journal cite certains noms connus du monde bancaire qui s’abstiennent à l’édition de cette année de Davos, tout en rappelant en revanche la présence, l’année dernière, du très reconnu chef de la banque Lehman Brothers, Richard Fuld qui, aujourd’hui, est « l’incarnation du désastre financier ». Et de constater que seront absentes également les célébrités qui précédemment donnaient de l’éclat à l’événement.

Václav Klaus,  photo: CTK
Le président tchèque Václav Klaus est l’un des politiciens, chefs de gouvernement et chefs d’Etat, qui se donnent rendez-vous, ces jours-ci, à Davos et qui sont en revanche très nombreux. Le porte-parole présidentiel Radim Ochvat :

« Monsieur le président assiste à ce forum après plusieurs années d’absence. Il sera l’un des intervenants lors d’un dîner de travail consacré à la position de l’Europe dans le monde. Il discutera avec d’autres représentants politiques au sujet de la situation économique et des changements climatiques. »

Rappelons que dans les années 1990 et même plus tard, Václav Klaus, grand amateur de ski alpin, figurait effectivement, assez régulièrement, sur la liste des invités à Davos.

Les journaux tchèques retiennent en outre la participation assez faible de la représentation américaine. Selon un commentaire paru dans le quotidien Právo, « le plus grand problème du forum de Davos est que les remèdes à l’actuelle crise financière et économique seront à nouveau proposés par les figures qui sont à l’origine des graves problèmes que le monde connaît aujourd’hui, les mêmes qui, en fin de compte, en ont tiré profit. Et qui aujourd’hui ont la chance d’être sauvés par le pouvoir publique ».

« Le nouveau parti nationaliste polonais se vante de bénéficier des sympathies de Václav Klaus », titre l’édition de mercredi du quotidien Lidové noviny. Dans un article consacré à ce sujet, nous avons pu lire :

« La semaine dernière, le président tchèque Václav Klaus a adressé au nouveau parti catholique et nationaliste polonais Naprzod Polsko ! (En avant, la Pologne !) une lettre de salutations en vue de soutenir son action. Ce parti de droite réunit les anciens membres de la Ligue des familles polonaises et des personnes liés à la radio Maryja. La lettre en question aurait été lue au congrès constitutif du parti ».

Elle serait une réponse au message envoyé auparavant à l’adresse du président tchèque par cinq politiciens polonais, adhérents à ce nouveau parti, dans lequel ils lui expriment leur soutien, en réaction au coup d’éclat qui s’est produit récemment entre Václav Klaus et l’eurodéputé Daniel Cohn-Bendit, lors de la visite d’une délégation d’eurodéputés au Château de Prague.

Václav Klaus écrit dans sa lettre que Lidové noviny publie :

« … Je vous souhaite beaucoup de succès dans vos activités. Vous représentez précisément ce dont l’Europe a besoin. Il est inacceptable que l’Europe soit dominée par des gens qui ne considèrent pas la liberté et la démocratie comme des valeurs suprêmes. Nous, qui avons connu le communisme, en éprouvons un besoin beaucoup plus fort que les personnes qui ne partagent pas cette expérience avec nous ».

D’après une source anonyme, citée par le journal Lidové noviny, « Václav Klaus serait pour beaucoup de Polonais un modèle à suivre ou encore une figure eurosceptique connue et de ce fait son soutien pourrait compter aux élections en Pologne».

Le quotidien fait en même temps remarquer que les positions de Václav Klaus sont en bien des points différentes de celles de cette nouvelle formation polonaise qui est un parti catholique et qui a en son sein des économistes nationalistes. Et d’admettre que la lettre que Václav Klaus lui a adressée n’était autre chose qu’une formule de politesse.

Le 19 février, le président Václav Klaus prononcera un discours sur le sol du Parlement européen. Dans les pages du quotidien Mladá fronta Dnes de ce jeudi, le chef de cette institution Hans-Gert Pöttering émet l’espoir « que sa visite contribuera au succès de la présidence tchèque du Conseil de l’Union européenne et de l’Union elle-même ».

Le supplément de la dernière édition du quotidien Hospodářké noviny publie un entretien avec l’économiste tchéco-américain Jan Švejnar. Justement une année se sera écoulée en février depuis son duel avec Václav Klaus, aux dernières élections présidentielles. A ce sujet, il dit :

« Ma candidature a été le fruit d’une décision importante et sérieuse. J’ai vu que la tête de l’Etat tchèque occupait certaines positions extrêmes qui ne profitaient pas à notre pays… J’ai pris ma décision pour opposer à cet extrémisme présidentiel une alternative, pour donner une chance de penser autrement. Et c’est ce que je veux continuer à faire ».

Le mandat présidentiel en République tchèque est de cinq ans. Le mandat présent expirera donc en 2013. A la question de savoir s’il aspirait encore une fois à se porter candidat à la prochaine présidentielle, Jan Švejnar a répondu :

« Je le veux effectivement. Du moment où l’on prend une telle décision, cette aspiration devrait être de longue haleine. J’ai toujours été doué de la capacité d’expliquer mes actes, mes responsabilités, de définir où je parle pour moi-même ou bien dans un contexte plus large… La mission d’un président devrait consister à faire avancer la pensée d’une nation en sorte d´éviter tant que possible les impairs. Václav Havel s’y prenait bien. Et j’ai pris la décision d’essayer de poursuivre ce chemin. Je suis prêt à servir ».