Nouvelles Samedi, 02. JANVIER, 1999

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Discours du Président Havel

Dans son discours traditionnel du jour de l'An, le Préþident tchèque Vaclav Havel a dénoncé le manque de respect pour les droits de l'homme, l'intoléþance et le racisme qui se manifestent dans la société tchèque. "Il y a longtemps déjà, nous avons abbatu le grand mur qui nous séparait de l'Europe démocratique, mais nous tolérons, qu'autour de nous, commencent à se dresser, lentement et sans bruit, de nouveaux murs qui ne sont pas meilleurs que ceux qui sont déjà tombés. Ces murs du genre nouveau ne séparent pas seulement les individus ou des groupes sociaux, mais, dans une mesure de plus en plus inquiétante, aussi les groupes ethniques", déclaré le Préþident. Ces murs se manifestent dans les tendances négatives vis-à-vis des Roms ou bien des Allemands, des Russes, des Améþicains, des Arabes, des Européens et parfois même des Juifs. "Nombreux sont ceux, a souligné Vaclav Havel, qui semblent oublier que c'est le rapport vis- à-vis des minorités qui est le critère de la qualité de la démocratie et commencent à s'habituer de nouveau à l'idée tristement célèbre des droits de la majorité. Selon Vaclav Havel, cet esprit des murs, qui commence à se manifester dans la société, ne pourrait avoir qu'une seule conséquence: une lente paralysie des élements importants de la démocratie comme le principe de l'égalité, le respect des droits de l'homme et des difféþences culturelles, la bonne coexistence et l'esprit de la responsabilité. Néþnmoins, le Président n'a pas oublié non plus de parler de certaines tendances positives de l'évolution actuelle de la société tchèque qui se manifestent, entre autres, dans notre intégration dans les structures atlantiques et européennes. Ce processus est aussi une épreuve qui pourrait être salutaire pour notre société. "Le degré d'enthousiasme avec lequel nous réaliseront la vision d'une Europe unie et pourtant diversifiée ... nous dira clairement si nous possédons assez d'énergie et d'assurance pour chassez définitivement le démon des murs au royaume des ombres," a déclaré Vaclav Havel. Il a rappelé dans son discours aussi la partition de la Tchécoslovaquie en 1993 et a salué la dernière évolution en Slovaquie qui demontre enfin, après les débuts difficles, la maturité et la culture politique de ce jeune pays. "Il semble même que ce n'est qu'aujourd'hui que la partition de la Tchécoslovaquie trouve son sens véritable: ce n'est qu'ajourd'hui que nous pouvons participer, en tant que véritables partenaires et sans scrupules, à la création d'une Europe où règnent le respect mutuel et le principe de l'égalité et de la coopération de tous." Vaclav Havel a remercié également tous ceux qui ont contribué à l'édification des institutions démocratiques fondamentales et ont créé les conditions pour l'économie de marché en République tchèque.

La fin d'année à Prague

Comme d'habitude, lors des festivités de la fin d'année, Prague a été envahie par des touristes. Cependant, cette fois-ci les célébrations dans les rues ont été moins spectaculaires et moins violantes. C'était dû, sans doute, aussi au déploiement important des effectifs de la police qui surveillaient les rues de la capitale pendant la nuit de Saint-Sylvestre.

Le premier bébé de l'année

Une seconde seulement après minuit, est née, à l'hôpital de Prague-Vinohrady, Klarka Hulanova. Elle est devenue donc, très probablement, le premier bébé tchèque de l'année 1999. Elle se porte bien, son poids est de 3750 grammes et elle mesure 52 centimètres. En tant que premier bébé de l'année de la capitale elle recevra de la municipalité de Prague une somme de 15 000 couronnes, près de 3000 FF.

Rencontre tchéco-slovaque

Malgré les intempéries et un vent fort et glacial, on a célébré la Saint-Sylvestre aussi sur la frontière tchéco- slovaque. Une rencontre des fervants de l'amitié tchéþo- slovaque a eu lieu sur la montagne Velka Javorina dans le massif qui sépare la Republique tchèque et la Slovaquie. Les participants, parmi lesquels il y a avait, entre autres, le vice-premier ministre tchèque, Egon Lansky, et les ministres de l'environnement de Slovaquie, de Hongrie et de Tchèquie, ont chanté ensemble l'hymne tchéþoslovaque.

Un concert de la Philharmonie tchèque

L'Orchestre philharmonique tchèque a fait ses adieux à l'année 1998 dans la grande salle du Rudolfinum à Prague par un concert. L'orchestre dirigé par Vladimir Valek a exéþuté des oeuvres légères des compositeurs tchèques Dvorak, Smetana, Nedbal, Janacek et Fucik, mais aussi celles des maîtres de l'opérette Franz von Suppé, Franz Lehar et Johann Strauss. Au programme de ce concert, qui s'est transformé finalement en une espèce de carnaval, il y avait aussi une composition pour quatre contrebasses intitulée "Strauss dans une niche de chien".