Partout en Europe, les pompiers tchèques sont sur le pont
En raison de la multiplication des incendies dans le sud de l’Europe, les envois de pompiers tchèques dans le cadre de missions d’aide à l’étranger n’ont jamais semblé aussi nombreux que cet été.
Vingt-deux d’entre eux étaient tout récemment encore en Grèce, où ils ont lutté pour contenir le monstre de feu et l’empêcher d’entrer dans Athènes. Depuis lundi après-midi, et le départ d’une nouvelle équipe à bord d’un hélicoptère tout juste revenu d’Albanie samedi dernier, les voici désormais en Espagne, où les flammes ravagent depuis plusieurs jours l’ouest du pays et qui, plus généralement, est confrontée aux dommages les plus graves de ces vingt dernières années.
À la suite d’une demande d’aide formulée par les autorités espagnoles, une équipe spécialisée dans la lutte contre les incendies par voie aérienne et les opérations de sauvetage par hélicoptère a pris la direction de la péninsule Ibérique. Cette équipe, qui compte au total sept personnes, est composée notamment du commandant de la brigade du corps des pompiers de la région de Moravie-Sud et de deux sauveteurs aériens de la région de Moravie-Silésie.
S’ils ne sont donc pas forcément très nombreux, le constat, au fil de l’été et de leurs envois en mission, est néanmoins frappant : de la Bulgarie à la France, où leur travail avait déjà été très apprécié l’année dernière lors des inondations dans le Pas-de-Calais, en passant par la Macédoine du Nord, le Monténégro ou, donc, encore l’Albanie, la Grèce et désormais la péninsule ibérique, les pompiers tchèques sont partout ou presque. Et ces derniers mois et semaines, bien évidemment d’abord dans le sud de l’Europe. Depuis le début de l’année, ce sont ainsi près de quatre-vingts pompiers tchèques qui ont participé ou continuent de participer à ces diverses missions d’urgence à l’étranger.
L’envoi de ces équipes tchèques se déroule dans le cadre du Mécanisme européen de protection civile qui permet aux pays participants, pas nécessairement membres de l’Union européenne, de coordonner leur aide face à une situation d’urgence de grande ampleur à laquelle ne peut pas faire face seule la protection civile d’un pays, comme dans le cas, donc, d’incendies ou d’inondations. Un système d’entraide, comme le précise Iva Brejzová, directrice générale du Corps de sauvetage des pompiers de la République tchèque :
« Lorsqu’un événement exceptionnel survient dans un pays donné, un événement qui dépasse les capacités de son système, les autorités du pays en question peuvent décider d’envoyer un message via le système. Ce message est alors transmis à Bruxelles, au centre de coordination des interventions d’urgence, et les autres États peuvent y réagir en disant ‘oui, nous pouvons vous aider ». C’est alors au pays touché qu’il appartient de donner suite ou non à cette réponse. Si la réponse est positive, le mécanisme se met en place et du matériel spécifique ou des personnes spécialisées dans un domaine de compétence bien précis sont préparés pour être envoyés sur place. »
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En près de vingt-cinq ans d’existence, depuis son institution en 2001, ce mécanisme a été activé quelque huit cents fois. En 2024, il l’a ainsi été à cinquante-huit reprises, et pas seulement lors d’incendies de forêt, mais aussi à l’occasion d’autres événements exceptionnels, tels que des catastrophes naturelles, comme les graves inondations qui ont aussi frappé la Moravie à l’automne 2024, des crises sanitaires ou des conflits.
Mais les pompiers tchèques n’opèrent pas seulement en Europe. En juillet dernier, seize membres de l’USAR (Urban Search and Rescue), unité spécialisée dans ce type de mission suite aux catastrophes naturelles, avaient ainsi été la seule équipe étrangère à participer à la recherche des nombreuses personnes portées disparues suite aux inondations dévastatrices au Texas.
Et si cette mission s’inscrivait alors dans le cadre d’un accord bilatéral entre l’ambassade tchèque aux États-Unis et la Garde nationale du Texas, par le passé, l’USAR est intervenue aussi, par exemple, suite aux tremblements de terre en Turquie et en Syrie ou à Beyrouth en 2020, après les explosions dans le port.








