Après Most et Crans-Montana, des inspections incendie renforcées en Tchéquie
Un peu plus d’un an après l’incendie qui a ravagé un restaurant à Most, faisant sept victimes et plusieurs blessés, et quelques semaines après la tragédie du bar de Crans-Montana qui a fait quarante morts la nuit du Jour de l’an, des inspections de sécurité ont commencé lundi dans les bars, clubs, discothèques et restaurants de Tchéquie et se poursuivront jusqu’en août.
Les flammes qui ont ravagé le restaurant U Kojota à Most (Bohême du Nord) le 11 janvier 2025, puis quelques mois plus tard un bar bondé à Crans-Montana, en Suisse, ont mis en lumière une réalité déplaisante : dans toute l’Europe, la sécurité incendie des établissements accueillant du public reste trop souvent négligée. Ces deux sinistres sont distincts mais ont choqué dans leurs pays respectifs : dans le sillage de ces deux tragédies, une vague de contrôles renforcés a été lancée en Tchéquie dans les bars, clubs, discothèques et restaurants.
A Most, une cérémonie du souvenir s’est déroulée il y a quelques jours, commémorant le premier anniversaire de l’incendie meurtrier qui a causé la mort de sept personnes et en a blessé plusieurs autres. L’enquête dans l’établissement sinistré a révélé des manquements graves : issues de secours insuffisantes, aménagements intérieurs non conformes et défauts dans la prévention incendie.
La question de l’installation souvent non-régulée des terrasses couvertes en hiver a immédiatement surgi dans le débat public : souvent construits de manière spontanée, sans demande d’autorisation préalable à l’administration, ces abris qui permettent d’accueillir davantage de clientèle même durant la saison froide sont chauffés grâce à ces fameux brasiers au gaz mais sans nécessairement tenir compte des conditions prescrites pour une installation sécurisée. Or, c’est justement un de ces brasiers renversés qui est la cause de l’incendie.
A la suite de cette tragédie, les pompiers avaient déjà inspecté plus de 1 700 établissements, y compris les terrasses extérieures. Près de 700 infractions avaient été relevées, entraînant des amendes totalisant 1,25 million de couronnes.
Mais l’incendie de Crans-Montana a agi comme un nouvel électrochoc : le ministre tchèque de l’Intérieur, Lubomír Metnar (ANO) a ordonné des inspections dans les bars, clubs de musique, discothèques ou encore les bars à vin du pays. Michal Valouch, chef du département de la prévention à la direction générale des sapeurs-pompiers tchèques explique le déroulement de ces inspections :
« Lors de nos contrôles, nous accordons une attention particulière à la qualité et à la capacité des issues d’évacuation. Celles-ci jouent un rôle déterminant pour permettre aux clients de quitter les lieux en cas d’incident majeur. Nous évaluons également les conditions nécessaires à une intervention de secours rapide et sécurisée, notamment la fluidité de la circulation ainsi que les accès intérieurs et extérieurs à l’ensemble du bâtiment. »
Les contrôles portent également sur des points souvent sous-estimés : des sorties de secours bloquées ou mal signalées, des rideaux, mousses acoustiques ou éléments décoratifs non ignifugés, ou encore des systèmes d’alarme absents ou défectueux. « Un lieu peut sembler sûr en apparence, mais en situation de panique et de fumée, chaque détail compte », souligne encore Michal Valouch. « Quelques secondes perdues peuvent faire la différence entre une évacuation réussie et une catastrophe. »
Outre ces contrôles exceptionnels, les sapeurs-pompiers tchèques effectuent chaque année environ 9 000 inspections de routine, précise encore Michal Palouch. Qu’elles soient déclenchées par un événement précis ou menées de manière régulière, les experts se heurtent toutefois presque toujours au même problème :
« Le problème récurrent, c’est quand le bâtiment n’est pas utilisé conformément à ce pour quoi il a été autorisé. Il en résulte naturellement que les règles de sécurité incendie ne sont pas correctement respectées, y compris en ce qui concerne l’aménagement insuffisant des issues d’évacuation. Nous sommes donc confrontés à un problème central qui se répète en permanence. »
Les autorités tchèques rappellent que ces inspections ne visent pas à sanctionner aveuglément, mais surtout à prévenir des drames. Néanmoins, des amendes et même des fermetures temporaires peuvent être prononcées en cas de violations graves. Dans certains cas, les exploitants se voient accorder un délai pour corriger les défauts constatés, à condition que le risque ne soit pas jugé immédiat.







