Petr Kolar, Chevalier de la légion d'honneur

Petr Kolar, photo: Jana Sustova

Le prêtre jésuite Petr Kolar a reçu cette semaine des mains de l'ambassadeur de France à Prague les insignes de Chevalier de la légion d'honneur. Passé à l'Ouest en 1968, Petr Kolar est resté longtemps à Paris, d'où il a activement soutenu les émigrés et la dissidence tchécoslovaques. Aujourd'hui, après avoir aussi été journaliste, Petr Kolar est membre du Conseil supérieur de l'audiovisuel tchèque.

Petr Kolar, photo: Jana Sustova
« Recevoir la Légion d'honneur, c'est le sentiment d'être vieux, parce que c'est toujours quand on est vieux qu'on reçoit médailles et récompenses... Mais c'est aussi un point d'orgue pour mes activités en France et ici. Pour vous donner un exemple, j'étais chargé du service des réfugiés tchèques à Paris, et revenu à Prague je suis devenu aumônier du groupe francophone, essentiellement des Français. Donc, en France je servais les Tchèques, et ici j'ai servi les Français. »

Quel est votre meilleur souvenir de cette période d'exil en France ?

L'ambassadeur de France Charles Fries et Petr Kolar, photo: Jana Sustova
« L'élément le plus émouvant et le plus surprenant pour moi, ce sont les possibilités d'études et de formation que j'ai eues à Paris. Moi qui ne pouvais pas accéder à une formation correcte en Tchécoslovaquie, je me suis retrouvé dans une maison où il y avait 130 000 livres dans une bibliothèque dont la porte était à côté de la mienne, et j'avais la clé dans la poche... Et tous les ans, trois excellents professeurs se sont penchés sur le sort de celui qu'on appelait « le Tchèque barré sans provisions », c'est-à-dire moi, pour m'aider à trouver mon chemin dans ma formation assez compliquée en France. C'est ce que j'ai ramené de plus précieux de mon séjour en France. »

Vous avez également travaillé avec Pavel Tigrid à Paris, quels souvenirs gardez-vous de cette collaboration ?

« De Pavel Tigrid j'ai appris certaines choses. Je me souviens lui avoir demandé : 'Comment fais-tu pour que chaque numéro de ta revue soit si bon ?', et il m'a dit : 'Il y a une chose à faire, la porter dans ta tête et chaque fois que tu rencontres quelqu'un, il faut te demander si ça pourrait être utile pour ta revue, et si tu fais ça, ta revue sera bonne aussi'. Ca m'a beaucoup servi dans le journalisme. »

Vous parlez de la revue Svedectvi-Temoignages de Pavel Tigrid. Il y aura une plaque symbolique aposée le 10 avril à Paris sur l'immeuble de la revue. Serez-vous à la cérémonie ?

« J'ai été invité, mais malheureusement je serai à Rome à ce moment-là, donc je ne pourrai pas y assister. En fait, la plaque aurait dû être aposée au moment où j'étais à Paris pour l'anniversaire de la Charte 77, mais il y a eu du retard et je ne pourrai pas être cette fois à Paris, même si j'aime beaucoup la ville... »