Presse : la guerre commerciale imposée par Donald Trump, un défi pour la Tchéquie aussi
Cette nouvelle revue de presse s’intéresse d’abord aux nouveaux droits de douane imposés par Donald Trump. D’autres sujets à son menu : les efforts mis en œuvre pour tenter d’améliorer la communication entre les acteurs du secteur de la santé et les patients, la maternité de substitution, la prudence toute nouvelle du chef du mouvement ANO à l’égard du président américain. Un mot enfin sur le réalisateur français Yves Boisset, récemment décédé.
« L’Europe devrait se concentrer principalement sur elle-même », estime l’auteur d’un article publié dans le journal économique Hospodářské noviny :
« La meilleure réponse possible aux actions de Donald Trump est double. Il s’agit d’essayer de conclure autant d’accords de libre-échange que possible avec des pays tiers et, surtout, d’améliorer le fonctionnement de notre marché commun européen. L’important est de supprimer un certain nombre de barrières qui persistent, notamment en matière de services. Cela concerne diverses autorisations et les doubles standards que les entrepreneurs doivent surmonter lorsqu’ils veulent mettre sur pied une entreprise dans un Etat membre de l’UE autre que le leur. La suppression de ces obstacles donnerait un véritable coup de fouet à l’économie. »
« La guerre tarifaire lancée par Trump est pire que prévu », titre le journal Forum24.cz qui souligne :
« Ces nouveaux tarifs ne font pas de distinction entre alliés et ennemis. Trump considère le monde entier comme essentiellement hostile et le traite en conséquence. Selon lui, l’Amérique ne peut s’enrichir qu’à condition d’être indépendante et d’arnaquer les pays étrangers au lieu de se faire arnaquer elle-même par eux. »
« Le tourbillon tarifaire de Trump marque en fait la fin de l’ère de la mondialisation telle que nous l’avons connue pendant des décennies », peut-on lire sur le site du magazine Respekt. Le commentateur du site Seznam Zprávy observe que le paquet de nouveaux droits de douane sera ressenti également par l’industrie tchèque. « La Tchéquie connaîtra une hausse des prix tout comme un afflux de produits chinois », explique-t-il.
Le site info.cz rappelle pour sa part que l’année dernière, la Tchéquie a exporté davantage vers les Etats-Unis qu’elle n’en a importé, enregistrant un excédent commercial de 3,9 milliards de couronnes. Le journal en ligne Echo24.cz remarque que c’est la Slovaquie qui devrait être la plus durement touchée par les droits de douane de Trump, car elle est le troisième plus gros exportateur de voitures d’Europe vers les Etats-Unis.
Les médecins tchèques, prêts à mieux communiquer
Un médecin pressé qui n’a ni le temps ni l’envie d’expliquer sa procédure. Le manquer d’intérêt pour écouter les problèmes de santé décrits, la communication du diagnostic par téléphone, le ton arrogant, une approche qui fait que le patient est traité comme un hypocondriaque. Autant de moments dont pratiquement tout le monde en Tchéquie a fait l’expérience. Toutefois, comme l’explique l’hebdomadaire Respekt qui réagit à un récent cas très médiatisé d’un conflit entre une patiente et sa gynécologue, la situation tend à s’améliorer :
« Les problèmes de communication constituent l’une des principales lacunes dans le système de santé tchèque. Dans le passé, les facultés de médecine n’enseignaient pas du tout la façon de mener correctement une conversation avec un patient. A l’heure actuelle, tous les étudiants en médecine, hommes et femmes, suivent une formation à la communication au cours de leurs études. Mais contrairement aux matières établies depuis longtemps, celle-ci cherche encore sa place et sa forme dans le programme d’études. Certaines facultés collaborent à ce sujet avec de vrais experts, d’autres se contentent de scènes jouées par les étudiants eux-mêmes. Les matières liées à la communication ont également une importance différente selon les facultés. »
Les experts s’accordent à dire que la tendance tchèque à cet égard suit celle déjà habituelle à l’étranger. Le renforcement de la place de la communication dans la médecine générale, comme l’explique encore le magazine, est le fruit des efforts de longue date de plusieurs pionniers locaux, qui ont trouvé leur inspiration lors de leurs séjours professionnels en Occident.
La maternité de substitution, une zone grise dans la législation tchèque
Jiří Pospíšil, leader du parti de centre-droit TOP 09 pour les élections législatives à Prague, a récemment annoncé qu’il allait quitter son poste d’adjoint au maire. La raison : avec son compagnon, ils ont eu recours à une mère porteuse et vont avoir un enfant. Le journal Deník N rapporte que le politicien a été critiqué pour cela par certains de ses collègues de la coalition gouvernementale Spolu (Ensemble) :
« Les cas comme celui de Pospíšil devraient être interdits par la loi, car la maternité par une mère porteuse constitue actuellement une zone grise dans la législation tchèque. ‘Nous ne sommes pas des dieux et ne sommes pas censés jouer avec ces choses-là, tout comme ne le sont ni les législateurs, ni les cliniques’, déclare par exemple Eva Decroix, vice-présidente du parti de droite ODS, selon laquelle cet institut est destiné à servir seulement en cas d’infertilité pour des couples mariés. »
Deník N précise que la maternité de substitution n’est pas interdite en Tchéquie, mais qu’elle n’est pas non plus définie de quelque manière que ce soit :
« Ces dernières années, un groupe de travail parlementaire s’est réuni pour préparer un projet de loi sur cette question. Cependant, il est très probable qu’il ne sera pas adopté avant la fin de la législature. Le projet qui a été préparé fixe des règles assez strictes concernant les personnes qui voudraient avoir recours à une mère porteuse. Ainsi, pour les couples homosexuels, l’option de la maternité de substitution ne serait pas possible légalement. »
Andrej Babiš, désormais plus prudent dans son affection pour Donald Trump
« Andrej Babiš, chef du mouvement ANO et leader de l’opposition parlementaire, se réfère désormais au maître de la Maison Blanche avec une certaine prudence », titre un texte publié dans le journal en ligne Lidovky.cz. Depuis le premier mandat de Donald Trump, la casquette rouge est pourtant devenue, comme le rappelle son auteur, un élément marquant de la garde-robe politique des représentants du mouvement ANO :
« L’affection de Babiš pour Trump est tout à fait logique. Tous deux sont des hommes d’affaires, tous deux tirent leur légitimité politique de leur prétendue réussite dans les affaires. Mais Babiš ne s’est jamais profilé comme un ‘conservateur pur et dur’, comme un combattant contre le droit à l’avortement ou le libéralisme en matière de genre. Par ailleurs, en Tchéquie où la population est assez libérale à ce sujet, il aurait du mal à réussir. En revanche, la position déterminée de Donald Trump contre l’immigration lui convient parfaitement. »
Malgré ses déclarations au sujet de la paix en Ukraine, Donald Trump n’a pas trouvé jusqu’à présent d’entente avec Vladimir Poutine. La guerre tarifaire que Trump a déclenchée, y compris contre l’Union européenne, est une autre raison pour laquelle Andrej Babiš parle désormais de Trump avec une certaine prudence. Dans un récent débat sur le site du journal Mladá fronta Dnes, il est allé jusqu’ à caractériser certaines actions de président américain de « choquantes ». Et l’éditorialiste du journal de conclure :
« Andrej Babiš devrait également tenir compte du sondage de l’agence STEM/MARK réalisée auprès de la population tchèque peu avant l’élection présidentielle américaine qui favorisait Kamala Harris. Il sent peut-être lui-même que sa version tchèque de la Trump Tower pourrait facilement s’effondrer comme les tours jumelles de New York le 11 septembre 2001. »
Les traces d’Yves Boisset en Tchéquie
Les médias locaux ont retenu le décès du réalisateur français Yves Boisset, à l’âge de 86 ans, pour rappeler, comme l’a fait par exemple le site aktualne.cz :
« Il existe des liens qui attachaient Yves Boisset à la République tchèque et à la Tchécoslovaquie. Le Festival international du film de Karlovy Vary lui a décerné un prix en 1979 pour La Femme flic et trois ans plus tard pour le film antimilitariste Allons z’enfants ! En 1999, lors de la 34e édition du festival, le réalisateur français a même été président de son jury international. »






