Prima TV, la deuxième chaîne privée tchèque, attise la convoitise des plus grands groupes de médias

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Selon une information publiée par le quotidien Mlada fronta Dnes, trois importants groupes de médias, dont la News Corporation du magnat australo-américain Rupert Murdoch, seraient intéressés par l'acquisition de Prima, une des deux chaînes de télévision privées tchèques actuellement en plein essor.

Le slogan est connu en France avec M6, auto-proclamée « la petite chaîne qui monte, qui monte... ». Sur un marché télévisuel tchèque peu concurrentiel, composé de deux chaînes publiques gérées par Ceska Televize et de deux autres commerciales que reçoit chaque foyer, la devise pourrait s'appliquer à Prima, une chaîne créée en 1993 avec à ses débuts une seule couverture régionale. Et si depuis 1995 Prima TV s'est mise à émettre ses programmes sur l'ensemble du territoire, ce n'est que depuis quelque temps cependant que la chaîne connaît une expansion sans précédent. De série en série et de reality-show en reality-show, ce développement la fait peu à peu sortir de l'ombre de sa grande soeur, TV Nova, l'autre chaîne privée qui, dès sa naissance en 1994, a écrasé la concurrence en termes d'audience et de parts de marché publicitaire. Il y a quelques semaines de cela, alors que Prima présentait à la presse sa grille de rentrée, avec des programmes conçus pour s'attaquer à la suprématie de Nova, le directeur de cette dernière prenait d'ailleurs encore de haut Prima, comparant celle-ci à une Trabant qui voudrait faire la course avec une BMW.

Mais depuis, bien des choses ont changé. Deux semaines après que les deux chaînes aient chacune lancé leur nouvelle émission de télé-réalité au concept similaire, pour les placer en concurrence frontale quotidienne à l´heure de plus grande écoute, c'est Prima qui récolte les faveurs d'un public tchèque qui découvre avec curiosité ce nouveau type de divertissement.

Il n'en fallait pas plus pour que les spéculations sur le rachat de Prima ne refassent surface. Mercredi, Mlada fronta Dnes, qui était le seul journal à rapporter l'information, a même barré sa « une » du titre « Le milliardaire Murdoch veut acheter Prima ». En fait, si Rupert Murdoch, qui se trouve à la tête d'un véritable empire médiatique avec sa News Corporation, semble effectivement intéressé par la chaîne tchèque, deux autres groupes, l'allemand RTL Group et plus encore le suédois MTG, seraient également sur les rangs, et ce bien qu'aucun de ces investisseurs potentiels n'ait pour l'instant fait part officiellement de son intérêt. Quoiqu'il en soit, les manoeuvres se poursuivent dans les coulisses et si cette lutte de mastodontes se soldait par la vente de Prima, dont la valeur est estimée entre 330 et 400 millions d'euros, c'est l'ensemble du marché télévisuel tchèque qui pourrait s'en trouver bouleversé. Prima TV ne serait alors sans doute plus la petite chaîne qui monte, mais bien la chaîne au sommet.