Quelle indépendance pour la Banque centrale tchèque ?

Здание бывшей аграрной биржи. Фото: Олег Фетисов

Mercredi, le chef de l’Etat Miloš Zeman a évoqué la Banque nationale tchèque (ČNB) en indiquant qu’il ne nommerait personne en faveur de la politique de dévaluation de la couronne tchèque au sein de son conseil d’administration. Des propos qui ont fait bondir le ministre des Finances, le milliardaire et chef d’entreprise Andrej Babiš, pour qui la Banque centrale doit être une institution indépendante.

La Banque nationale tchèque, photo: Oleg Fetisov
Dans le cadre d’une visite dans la région de Karlovy Vary, le président de la République a réitéré ses critiques à l’égard de la ČNB, coupable à ses yeux de pratiquer une politique monétaire visant à affaiblir la couronne. Miloš Zeman nommera en 2016 de nouveaux membres du conseil d’administration, quatre sur sept, dont le gouverneur de la banque centrale, ce dont il s’est réjoui. Il a poursuivi en affirmant qu’il ne proposerait aucune personne favorable à la politique qu’il dénonce.

Selon lui, la ČNB soutient sa politique de dévaluation de la couronne afin de retarder l’échéance de l’entrée de la République tchèque dans la zone euro, ce qui réduirait drastiquement ses prérogatives. Au contraire, Miloš Zeman entend nommer des personnes qui ont l’intention de faciliter l’adoption de la monnaie commune européenne.

Voilà qui n’a pas plu du tout au ministre des Finances Andrej Babiš. Le leader du mouvement ANO s’est exprimé dans les colonnes du journal Mladá fronta Dnes, dont il est par ailleurs le propriétaire, pour s’offusquer de la prise de position présidentielle qu’il juge inacceptable. La banque doit être une institution indépendante a-t-il poursuivi.