Rénové, le Musée de la ville de Prague offre une plongée ultra-moderne dans la Prague du XIXe siècle

La nouvelle exposition numérique et interactive au Musée de la ville de Prague

Le public était particulièrement nombreux, samedi 6 décembre, pour la réouverture du bâtiment principal du Musée de la ville de Prague. Après cinq années de travaux de rénovation, l’institution située dans le quartier de Florenc propose à ses visiteurs de découvrir une exposition numérique et interactive inédite, inspirée de l’une des pièces les plus précieuses qu’elle possède : la monumentale maquette de Prague réalisée par Antonín Langweil.

Subventionné par la ville de Prague, le musée, appelé « Muzeum Prahy » en tchèque, possède des collections consacrées essentiellement à l’histoire de la ville. Et comme l’explique son directeur, Ivo Macek, « à une époque dominée par les technologies modernes », l’idée de cette nouvelle exposition, intitulée « La Ville dans le temps », était « de sortir l’histoire des vitrines pour la faire revivre et de la mettre en mouvement ». La dépoussiérer en quelque sorte pour mieux y faire plonger ses visiteurs :

Ivo Macek | Photo: Michaela Říhová,  ČTK

« Partout dans le monde, les musées municipaux recherchent une nouvelle approche pour rester à la fois pertinents et attrayants aux yeux du public, et notamment des plus jeunes. C’est la raison pour laquelle nous avons décidé de proposer différents thèmes se rapportant à l’histoire de Prague sous forme de supports audiovisuels. Nous pensons et espérons que les visiteurs apprécieront le fait qu’ils n’ont pratiquement rien à lire, qu’il n’y a pas ici des dizaines de vitrines avec des milliers de légendes, et que toutes les informations sont en fait dissimulées sous ce que j’appelerais une couche d’installation audiovisuelle. »

Toujours selon Ivo Macek, l’objectif, à travers cet environnement très actuel, est de recréer l’atmosphère de Prague dans la première moitié du XIXe siècle, au moment de la réalisation de la maquette par Antonín Langweil. En leur montrant l’évolution tout à la fois  historique, sociale et architecturale de la ville, cette nouvelle exposition propose à ses visiteurs de comparer ce qu’était la ville il y a un peu plus de deux siècles, « une ville relativement silencieuse » toujours selon le directeur du musée, à ce qu’elle est devenue depuis, jusqu’à aujourd’hui.

La maquette par Antonín Langweil | Photo: Vít Šimánek,  ČTK

Rare témoignage physique d’une Prague disparue, qui permet notamment de voir à quoi ressembler l’ancien quartier juif avant sa démolition au début du XXe siècle et plus généralement le centre-ville, cette maquette d’Antonín Langweil est un impressionnant modèle en papier fruit de onze années de patient travail d’un homme à la fois artiste et bibliotécaire. Une maquette monumentale que la direction du Musée de Prague a cette fois choisi de présenter non plus comme un seul bloc, comme cela était le cas jusqu’à la réalisation de cette nouvelle exposition :

« Nous ne l’avons pas vraiment découpée, mais comme la maquette de Langweil se présente en quelque sorte sous la forme d’un puzzle, nous l’avons divisée en douze ensembles thématiques correspondant à différents quartiers de la ville afin que les gens puissent mieux en observer les détails et mieux s’y repérer. »

La maquette par Antonín Langweil | Photo: BoysPlayNice,  Musée de la ville de Prague

Dans la salle dite « d’immersion », unique en son genre pour un musée en Tchéquie, plus de 2 000 bâtiments des quartiers de la Vieille Ville, de Malá Strana et de Hradčany (Château), avant même les transformations du centre historique, sont également représentés à toute petite échelle (1:480) sur une surface d’un peu plus de vingt mètres carrés, le tout à l’aide de sons et de projections sur le sol et les murs.

Photo: BoysPlayNice,  Musée de la ville de Prague

« Prague, dédale de ruelles sinueuses, enchevêtrement de maisons serrées les unes contre les autres, labyrinthe de cours et de jardins pris au piège dans la structure de la ville comme dans une toile d’araignée », entendent ainsi, par exemple, les visiteurs du musée. Et s’il ne s’agit pas tout à fait de la « Prague [qui] ne nous lâchera pas » de Franz Kafka, cette « petite mère [qui] a des griffes », selon le célèbre écrivain pragois, cela y ressemble un peu quand même.

Et à en juger par la longue file qui s’est formée samedi dans la matinée avant même l’ouverture des portes du musée, puis dimanche, l’attente qui a accompagné cette réouverture était particulièrement grande. Attirés, aussi, par la gratuité de l’entrée, qui restera en vigueur encore pendants quelques mois, les Pragois, petits et grands, n’étaient pas les seuls curieux. D’autres étaient venus parfois de plus loin, comme ce père de famille de Moravie, visiblement séduit :

Musée de la ville de Prague | Photo: Michaela Říhová,  ČTK

« C’est très beau, nous avons particulièrement apprécié la maquette de Langweil, elle est magnifique ! Les visualisations sont également très intéressantes. Nous avons été impressionnés par le fait que l’on puisse observer les deux rives de la rivière depuis un seul point et suivre leur évolution historique. »

Cette nouvelle exposition permanente sera complétée à l’avenir par des expositions temporaires dans d’autres salles. Dès l’année prochaine, une exposition destinée aux plus jeunes visiteurs, intitulée « La fourmilière de Prague », viendra s’y ajouter, histoire de montrer aux enfants le comportement des habitants des villes à travers une analogie avec celui des fourmis.

Photo: BoysPlayNice,  Musée de la ville de Prague