Reprise du trafic ferroviaire sur le lieu d’un accident d’un train EuroCity qui a fait, vendredi, 7 morts

Photo: CTK

Le trafic ferroviaire a partiellement repris, dimanche soir, à Studénka, en Moravie du Nord, où un accident d’un train EuroCity provoqué par l’effondrement d’un pont en reconstruction a fait, vendredi, 7 morts et 67 blessés. Les premiers éléments de l’enquête démontrent que la faute serait à chercher du côté de la société qui réparait le pont au-dessus des voies. Il s’agit du pire accident ferroviaire survenu sur le territoire tchèque depuis 1995.

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Les causes de l’effondrement du pont en reconstruction datant de 1961 font l’objet d’une enquête de la police et de la compagnie tchèque des chemins de fer. L’expertise prendra des semaines, mais les enquêteurs soupçonnent déjà ce qui a pu être la cause de la chute du colosse métallique. Jiří Jícha, enquêteur de la Police de RT :

« Selon la version principale, il y a eu des manquements d’ordre technique lors de la reconstruction du pont, concrètement une insuffisance de la construction statique qui soutient le pont. »

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De nouveaux éléments sur cet accident ont été révélés après l’examen de la boîte noire. Grâce à sa réaction rapide, le conducteur qui a survécu à l’accident, a sauvé la vie à des dizaines, sinon des centaines de passagers du train international reliant la ville polonaise de Cracovie à Prague : à 300 mètres du pont, il s’est aperçu qu’il commençait à s’effondrer sur les rails. Il a freiné d’urgence et ralenti ainsi la vitesse du train de 134 km/h à 90 km. Puis, il est allé se cacher dans la salle des machines de sa locomotive. Six secondes plus tard, le choc s’est produit : la locomotive a heurté le pont, les trois premiers wagons sont passés par dessus elle et les autres ont déraillé.

Mirek Topolánek et Donald Tusk, photo: CTK
De nombreuses unités de sauvetage sont venues en aide aux gens coincés dans les wagons déformés. Le premier ministre tchèque Mirek Topolánek qui s’est rendu sur les lieux de l’accident, ainsi que son homologue polonais Donald Tusk, a apprécié le travail des sauveteurs : le dernier blessé a été sorti des débris et transporté à l’hôpital deux heures après l’accident. Les victimes sont trois femmes et deux hommes de nationalité tchèque, une Polonaise et un Ukrainien. Parmi les blessés, l’une des plus dramatique est l’histoire d’une petite fille transportée à l’hôpital sans parents et sans identité. Son père l’a enfin retrouvée dimanche soir. A l’aide d’un test ADN, on a établi, dans la nuit de samedi à dimanche, l’identité de la dernière victime qui demeurait inconnue : une femme de 29 ans de la ville d’Ostrava. 33 personnes étaient toujours hospitalisées, ce lundi. Beaucoup en garderont des séquelles toute leur vie comme un jeune garçon qui s’est vu amputer les deux jambes.

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La compagnie des chemins de fer va procéder sans tarder au dédommagement des victimes. Ondřej Kubala, son porte-parole :

« Une somme de 240 000 couronnes (10 000 euros) est prévue pour chaque membre de la famille des victimes – les époux, les parents, les enfants. Pour les blessés, le montant variera en fonction du nombre de jours passés à l’hôpital et des interventions subies. »

Il ressort des dépositions des témoins qu’une panne ou une mauvaise sécurisation d’une construction hydraulique qui devait poser le pont à sa place serait fort probablement à l’origine de son effondrement. La firme Bögl-Krysl qui a obtenu la commande, ainsi que le fournisseur général, la société de construction d’Ostrava ODS, se sont refusées à tout commentaire.

Les tractions trolleys n’ont pas encore été renouvelées, le trafic a pourtant repris sur le lieu de l’accident : le premier train rapide, Chopin, y est passé dimanche, vers 2 heures du matin, soit 40 heures après l’accident.