Sans bourses, la dure vie des étudiants de condition modeste en Tchéquie
La Tchéquie est actuellement le pays où le nombre d’étudiants bénéficiant d’une bourse sur critères sociaux est le plus faible de toute l’Union européenne. Parmi les quelque 300 000 jeunes gens fréquentant une université ou un établissement de l’enseignement supérieur dans le pays, seuls 400 ont accès à cette aide financière. Une situation qui pourrait toutefois quelque peu évoluer prochainement grâce à une révision des modalités d’attribution.
Selon Jakub Sláma, président de la Chambre des étudiants du Conseil des écoles supérieures, « environ un tiers des étudiants [en Tchéquie] ne pourraient pas étudier s’ils ne travaillaient pas et jusqu’à un quart sont confrontés à des problèmes financiers pendant leurs études ». C’est la raison pour laquelle la Chambre s’efforce de parvenir à un assouplissement des modalités d'attribution de ces bourses attribuées sur la base d’une évaluation des critères sociaux :
« Actuellement, seuls les étudiants issus de familles dont le revenu est inférieur de 1,5 fois au montant du minimum vital peuvent prétendre à une bourse de ce type. Dans le cas d’une famille type composée de deux parents et de deux enfants, cela signifie un revenu mensuel maximum d’environ 23 000 couronnes (environ 920 euros). Dans le cas d’une famille monoparentale, disons une mère solo avec deux enfants, ce seuil est même inférieur au salaire minimum. Bien évidemment, nous considérons qu’il s'agit là d’un système totalement inadapté et dysfonctionnel », explique encore Jakub Sláma.
Un changement pourrait toutefois intervenir prochainement. Avec le soutien de l’opposition, les députés de la coalition gouvernementale proposent de relever le plafond afin que davantage d’étudiants puissent bénéficier de cette aide financière, dont le montant mensuel s’élève actuellement à environ 5 000 couronnes (200 euros).
En Tchéquie, un peu moins de 2 % des étudiants de l’enseignement supérieur bénéficient actuellement d’une bourse sur critères sociaux, soit le taux le plus faible parmi les vingt-sept pays membres de l’Union européenne. Une réalité que regrette le sociologue Daniel Prokop, interrogé, lui aussi, par la Radio tchèque :
« Un enfant n’a droit à cette bourse que si sa famille possède un revenu inférieur ou égal à 22-23 000 couronnes, tous membres confondus, ce qui correspond à une situation d’extrême pauvreté. De ce fait, de nombreux jeunes issus de familles dont les revenus se situent entre 30 000 et 35 000 couronnes (1 200 – 1 400 euros) n’ont tout simplement pas les moyens d’étudier. »
Cette situation s’explique aussi par le fait que, sur le long terme, la Tchéquie ne parvient pas à rattraper la majorité des autres pays européens en ce qui concerne le nombre d’étudiants. Légèrement supérieur à 300 000 (étudiants étrangers compris et pour une population d’environ 10,5 millions d’habitants), ce nombre est même un des plus faibles de l’UE.
De même, en 2023, la part des diplômés de l’enseignement supérieur dans la catégorie d’âge des 25-34 ans s’élevait à 33,7 % en Tchéquie, contre une moyenne de 43,1 % pour l’ensemble des Vingt-Sept.
Selon certaines estimations, une modification des conditions d’attribution de ces bourses permettrait, donc, à quelques milliers de jeunes bacheliers supplémentaires de pouvoir étudier.
Pour l’heure, aucune décision concrète n’a encore été prise. La coalition gouvernementale propose de relever le plafond de ressources en faisant passer le coefficient de 1,5 à 2,5 fois le montant du minimum vital, ce qui, toujours dans le cas d’une famille de quatre personnes, représenterait alors un revenu net légèrement inférieur à 38 000 couronnes (1 520 euros).
En relation
-
Les 5 meilleures universités de Tchéquie
Pourquoi partir étudier en Tchéquie ? Quelle est la qualité de l'enseignement ? La nouvelle série de RPI apporte quelques réponses.






