Selon ses dirigeants, la Tchéquie ne parviendra pas à la neutralité carbone sans nucléaire et sans l’aide de l’UE

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675 milliards de couronnes (26 milliards d’euros) : selon Andrej Babiš, c’est ce que coûterait à la République tchèque les diverses mesures nécessaires pour parvenir à la neutralité carbone en 2050. Le Premier ministre estime que l’Union européenne devrait tenir compte de cette « somme astronomique » dans l’établissement de son prochain budget.

Photo: Commission européenne
Le chef du gouvernement a fait cette annonce sur son compte twitter après sa rencontre, ce mercredi, avec le ministre de l’Environnement, Richard Brabec, membre lui aussi du mouvement populiste ANO, le directeur général de la société énergétique ČEZ, dont le capital est contrôlé à hauteur de 70 % par l’Etat tchèque, et la secrétaire d’Etat en charge des affaires européennes, Milena Hrdinková. Cette réunion a servi à établir la stratégie tchèque dans l’optique du sommet européen qui s’ouvrira à Bruxelles ce jeudi.

« La Tchéquie veut aussi parvenir à la neutralité carbone, mais sans nucléaire nous n’y arriverons pas, l’UE doit reconnaître le nucléaire est une source sans émissions. Certains Etats sont toujours contre. Nous devons les convaincre avec l’aide de la Commission européenne », a écrit Andrej Babiš. Avant cela, mardi, Milena Hrdinková avait fait savoir que la Tchéquie ne pouvait pas encore s’engager à respecter cette neutralité.

En octobre dernier, les dirigeants de ČEZ ont indiqué que la société entendait cesser d’exploiter d’ici 2040 la majorité de ses centrales fonctionnant au charbon. Leur capacité de production devrait passer des 6,2 GW actuels à 0,7 GW.

Vendredi dernier, les représentants en République tchèque du mouvement écologique étudiant Fridays for Future ont rencontré Andrej Babiš et plusieurs autres ministres vendredi à Prague. A l’issue de cette rencontre, qualifiée « d’improductive », le porte-parole du groupe a annoncé que les manifestations se poursuivraient. Il a aussi regretté la mauvaise volonté du Premier ministre. « Il a refusé de soutenir la neutralité carbone pour 2050. Il a dit qu’il s’y opposerait de nouveau lors du prochain sommet européen, ce qui est une position avec laquelle nous ne sommes absolument pas d’accord », a expliqué Petr Doubravský.

De son côté, le chef du gouvernement a indiqué qu’il avait proposé aux étudiants de coopérer, mais que ceux-ci n’étaient visiblement pas intéressés. Pour sa part, le ministre de l’Environnement a remarqué que les discussions avaient été animées, mais qu’il attendait des étudiants qu’ils lui fassent des suggestions concrètes auxquelles le gouvernement pourrait réagir.