Serge Baudo – citoyen d’honneur de Prague

Pavel Bém et Serge Baudo, photo: CTK

Le chef d’orchestre français Serge Baudo, 80 ans, est intimement connu des amateurs tchèques de musique classique. Sa collaboration avec les orchestres nationaux - notamment la Philharmonie tchèque et l’Orchestre symphonique de la capitale Prague FOK – est de longue date. Elle a effectivement commencé il y a près de cinquante ans sans jamais vraiment s’interrompre. Mardi, cette belle et longue histoire d’amour franco-tchèque a reçu une belle consécration, lorsque le chef d’orchestre français, visiblement ému, s’est vu décerner des mains du maire de Prague, Pavel Bém, le titre de citoyen d’honneur de Prague. On l’écoute.

Pavel Bém et Serge Baudo, photo: CTK
« C’est un peu comme un rêve, parce que je m’intéresse toujours si je suis digne de cette distinction. Pour moi, c’est le résultat d’un travail extraordinaire qui m’est reconnu à Prague, ce n’est pas d’ailleurs la première fois que mon travail est reconnu à Prague. Je dois dire que les musiciens tchèques, de toute nature, m’ont rendu un hommage exceptionnel durant toute ma vie de musicien ».

Gardez-vous encore un souvenir de votre premier concert donné il y a un demi-siècle à Prague ?

«Oui, je m’en souviens. C’était au mois de janvier, terriblement froid, dans un pays qui souffrait terriblement, il y avait de la neige partout, il y avait peu de lumière dans Prague, cependant la musique avec l’Orchestre de FOK m’a apporté une lumière tellement exceptionnelle que j’ai senti tout de suite que je serai un musicien tchèque ».

Vous avez fait découvrir au public tchèque plusieurs compositeurs français…

Serge Baudo, photo: CTK
« Je ne saurais plus tous les énumérer. Mais en tout cas, Honegger, Dutieux, Landowski… Il y en a beaucoup. Et je dois dire que c’est aussi à la demande, grâce à la curiosité des musiciens tchèques que j’ai eu cette possibilité. »

En ce qui concerne le public tchèque, on le dit parfois assez conservateur. Partagez-vous cet avis ?

« Je considère que le public en général est conservateur. Le public tchèque ne fait pas exception. Encore je trouve qu’il y a depuis un certain temps une évolution très importante, car on ne peut pas toujours jouer avec des compositeurs d’un musée. Il faut penser à l’avenir».

Avez-vous à Prague, aussi, des attaches personnelles ?

Serge Baudo et sa femme Madeleine Baudo, photo: CTK
« Bien sûr. J’ai même une amie qui doit avoir dans les 88 ou 86 ans qui chantait dans le chœur philharmonique de Prague quand j’ai fait le Martyre de saint Sébastien pour la première fois à Prague et c’est elle qui me servait de traductrice, car elle parlait très bien français et elle le parle encore toujours. Il y a aussi toute la dynastie des Páleníček qui sont des musiciens merveilleux et d’autres artistes ».

Mme Madeleine Baudo accompagne son mari depuis le début de son périple pragois. Se souvient-elle encore de sa première découverte de Prague ?

« Oui, je me souviens très bien, nous sommes arrivés et j’ai trouvé l’aéroport très triste. Vraiment, je me demandais où j’étais, ce que c’était, et puis, nous sommes arrivés dans la ville et petit à petit on a vu les gens, on a vu la ville, qui était en ce moment-là non pas refaite comme maintenant, et tout cela nous a beaucoup marqué et tous les deux, on s’est senti très bien, on s’est presque senti chez nous ».

Accompagnez-vous à chaque fois votre mari à Prague ?

« Oui, toujours, à Prague ça toujours. Les autres villes, pas toujours. J’ai même amené avec moi un pavé de Prague pour le mettre sur mon bureau, parce que pour moi, Prague c’est ça ».