Tennis : Kvitová et Šafářová, deux Tchèques au Masters qui font la fierté de Navrátilová

Petra Kvitová, photo: ČTK

Deux Tchèques, Petra Kvitová et Lucie Šafářová, participent cette semaine au Masters, tournoi réunissant à Singapour les huit meilleures joueuses de la saison. Si aucun autre pays n’est aussi bien représenté que la République tchèque à ce dernier grand rendez-vous individuel de la saison, Kvitová et Šafářová ont toutefois raté leur entrée en matière lundi en perdant toutes deux leur premier match de groupe.

Martina Navrátilová, photo: ČT
Américaine jusqu’au bout des ongles, même dans son accent lorsqu’elle parle tchèque, Martina Navrátilová n’en reste pas moins très attentive aux parcours des joueuses issues du pays qui l’a vue grandir et où elle-même est venue au tennis. Et le fait que celles-ci soient régulières au plus haut niveau ces dernières années ne laisse pas indifférente la Pragoise de naissance, vainqueur huit fois du Masters durant sa carrière :

« C’est incroyable ! Le tennis tchèque est dans une position fantastique. Bon, Tomáš Berdych, le pauvre, est seul chez les hommes et la relève tarde à pointer le bout de son nez, ce qui est inquiétant, mais il participera à Londres à son quatrième Masters consécutif. Quant aux filles, elles sont fantastiques. Elles font de très belles choses et je suis vraiment fière d’elles. »

Avec Petra Kvitová et Lucie Šafářová, mais aussi Karolína Plíšková, actuelle 15e mondiale et vainqueur ou finaliste de cinq tournois cette saison, le tennis féminin tchèque possède une génération dorée qui n’est pas sans rappeler celle des années 1980 et 1990, une génération dont, malgré son passeport américain, a également fait partie Martina Navrátilová :

« Quand je jouais encore, il y avait Hana Mandlíková, Helena Suková et plus tard Jana Novotná, toutes d’excellentes joueuses qui ont remporté des tournois du Grand Chelem ou en ont été finalistes. C’est absolument remarquable d’avoir autant de succès sur le long terme pour un petit pays de 10 millions d’habitants, et même 14 quand c’était encore la Tchécoslovaquie. Et je ne parle pas même pas de Marina Hingis qui est née en Slovaquie et dont la mère est tchèque. Finalement, quand vous regardez bien, il n’y a jamais eu beaucoup de creux : il y a toujours eu un joueur ou une joueuse tchèque qui a figuré parmi les meilleurs mondiaux et qui a gagné quelque chose. »

Petra Kvitová, photo: ČTK
Malgré ces louanges, qui ne sont pas les premières du genre, c’est bien un lundi noir qu’ont connu les joueuses tchèques pour leurs débuts dans le tournoi de simple du Masters. Placées dans le même groupe, le « blanc », Petra Kvitová et Lucie Šafářová se sont toutes deux inclinées, respectivement contre l’Allemande Angelique Kerber en deux sets (2-6, 6-7) pour la première et l’Espagnole Garbine Muguruza sur un score presque identique (3-6, 6-7) pour la seconde.

Pour le premier match de simple dans un Masters de sa carrière, c’est toutefois sans trop de regrets que Lucie Šafářová, qui participe également à l’épreuve de double à Singapour avec l'Américaine Bethanie Mattek-Sands, est ressortie du court. Hospitalisée en septembre dernier en raison d’une infection bactérienne qui a compliqué ses plans pour la fin de la saison, la finaliste du dernier Roland-Garros, une performance à laquelle la Tchèque doit en grande partie sa qualification pour le Masters, estimait ne pas avoir à rougir de sa prestation :

« C’est en quelque sorte un défi pour moi. Je suis d’abord contente de pouvoir être ici et de m’être qualifiée malgré tout. Je pense que cela a été un match équilibré contre Garbine. Même si j’ai perdu, je dois retenir le positif, car j’avais en face de moi la quatrième joueuse mondiale actuelle (Muguruza est désormais 3e selon le dernier classement publié par la WTA lundi, ndlr). Ce n’est pas le moment de cogiter. Un nouveau match de double m’attend ce mardi, puis un autre simple mercredi et ainsi de suite, j’aurai donc suffisamment de travail cette semaine pour cela. »

Lucie Šafářová, photo: ČT
Ce prochain labeur qui attend Lucie Šafářová prendra la forme d’une opposition qui ne manquera pas de sel contre Petra Kvitová, mercredi. Les deux compatriotes, qui se retrouveront ensuite dans la même équipe en novembre à Prague pour la finale de la Fed Cup contre la Russie de Maria Sharapova, se sont déjà affrontées à sept reprises sur le circuit professionnel depuis le début de leur carrière, avec toujours une victoire de Kvitová à la clef. Et cette dernière, pas encore totalement remise de la mononucléose qu’elle a contractée au printemps dernier, signerait volontiers pour une issue semblable cette fois encore. Un succès dans ce duel tchéco-tchèque lui permettrait de se relancer dans le tournoi et de continuer à songer à une nouvelle victoire finale dans un Masters qu’elle a déjà remporté en 2011.