Toujours entre la Bretagne et la Tchéquie, Bran sort son nouvel album « Galette complète »

Bran

« Galette complète » — tel est le titre du nouvel album de Bran, un groupe pragois qui s’est fait une place singulière en Tchéquie grâce à ses interprétations inattendues de la musique bretonne, qu’il explore depuis plus de vingt-cinq ans. Mais malgré ce que pourraient laisser attendre cette référence culinaire et la pochette – avec son emblématique jaune d’œuf trônant au milieu d’une galette, clin d’œil évident à la Bretagne –, ce disque se distingue des précédents : aux côtés de morceaux en français et en breton puisés dans le folklore celte, la moitié de l’album est cette fois dédiée à des compositions originales en tchèque. Les musiciens de Bran ouvrent ainsi une nouvelle étape dans leur parcours et prouvent qu’ils savent encore se réinventer.

Photo: Indies Scope

Marins, pays lointains ou histoires d’outre-temps : Bran (un titre qui signifie le corbeau) propose un joli mélange des classiques de la musique bretonne et de ses propres chansons aux influences diverses. Fondé à Prague à la fin des années 1990 par David Pajot, originaire de Lorient en Bretagne, le groupe a beaucoup évolué au fil des années pour devenir, en 2010, une formation 100 % tchèque. Depuis, il cherche sa propre voix, comme en témoignait déjà le précédent album « Beaj vat! » sorti en 2016 qui, pour la toute première fois, comportait deux chansons dans la langue maternelle des musiciens.

Avec « Galette complète », officiellement présentée en octobre dernier, neuf longues années après « Beaj vat! », cette volonté de s’exprimer en tchèque s’est encore intensifiée. Six des douze chansons de l’album sont donc des créations originales du guitariste Vojtěch Jindra. Ces nouvelles compositions reposent sur des textes plus intimes qui dialoguent avec le répertoire originel et que Bran « habille » de son traditionnel manteau musical celte. Parmi elles, par exemple, « O mořích » (« Sur les mers » en français).

Les musiciens décrivent « Galette complète » comme un album de transition, oscillant entre leur passé et l’esquisse d’une direction future. Cette fusion est particulièrement perceptible (ou plutôt audible) dans « Žízeň » (« La soif »), l’une des premières chansons écrites en tchèque, qui cache même une petite surprise : un passage chanté en français. Mais on trouve aussi de quoi surprendre dans le choix des classiques bretons – notamment avec le chant de Noël « Entre le bœuf et l’âne gris », proposé, naturellement, dans une version particulièrement originale.

« Dis quand viendras tu voir la mer ?

Seul à deux nos yeux seront ouverts

Sur ce monde où tout s’assemble

Ça nous ressemble »


Et pourquoi donc donner à l’album le nom d’un plat ? Selon ses auteurs, ce titre, qui est avant tout celui d’une pièce instrumentale de l’album, est né de l’idée d’un visuel où le jaune d’œuf devient un symbole fort : « Ne restons pas enfermés dans l’image de la cuisine : le jaune d’œuf représente un soleil, et les plis au bord de la galette deviennent tantôt des vagues marines, tantôt des dunes de sable. C’est tout un monde qui s’ouvre ainsi à nous », explique avec humour le groupe sur son site web.

Dans les semaines à venir, Bran présentera ce nouveau disque au public à travers ses nombreux concerts organisés un peu partout en Tchéquie, à commencer par les vernissages à Prague et à Brno, qui auront lieu respectivement les 10 et 11 février prochains. Pour en savoir plus sur les dates du groupe : branband.cz.