UE : la Tchéquie mène l’opposition contre le principe d’« acheter européen »

La Tchéquie fait partie des neuf pays membres de l’Union européenne qui, lundi, ont appelé l’ensemble des Vingt-sept à faire preuve de la plus grande prudence quant au soutien de l’industrie européenne à travers des plans « Buy European » ou « Made in Europe ». Cette idée, qui vise à inciter le secteur public à acheter davantage de produits fabriqués dans l’UE, est défendue notamment par la France.

Selon le ministre tchèque de l’Industrie, Lukáš Vlček, qui a participé à la réunion avec ses homologues à Bruxelles, si l’Europe se doit de protéger certains secteurs stratégiques, comme la sidérurgie, elle doit néanmoins ne pas s’isoler et rester ouverte aux investissements à forte valeur ajoutée provenant d’autres pays, et ce, pour ne pas nuire à ses propres intérêts.

« Toute forme de préférence européenne doit éviter toute conséquence involontaire sur l’ouverture ou l’intégrité du marché unique », peut-on lire dans le document tchèque, une note libre destinée à être discutée et qui a été signée par l’Estonie, la Finlande, l’Irlande, la Lettonie, Malte, le Portugal, la Suède et la Slovaquie. Selon l’agence de presse tchèque ČTK, l’Allemagne, la Pologne et la Hongrie ont également manifesté leur soutien à cette initiative de Prague.

La Commission européenne doit présenter prochainement des propositions visant à renforcer l’industrie européenne tout en réduisant les émissions de CO2 et en stimulant la production de technologies propres. Ces propositions incluraient des exigences pour privilégier les biens fabriqués localement, et ce, dans le but de réduire la dépendance de l’UE vis-à-vis des importations en provenance de Chine notamment.