Une exposition sur les antifascistes allemands en Tchécoslovaquie vient d’être inaugurée à Berlin

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Le chef des sociaux-démocrates tchèques, Jiří Paroubek, a rencontré la direction du Parti social-démocrate allemand, le SPD, mardi, à Berlin. Au siège du parti, il a inauguré une exposition documentant la situation des antifascistes alllemands en Tchécoslovaquie pendant et après la guerre.

Jiří Paroubek
En 2005, le gouvernement tchèque alors dirigé par Jiří Paroubek avait fait un geste de bonne volonté en présentant ses excuses aux Allemands des Sudètes, adversaires actifs du nazisme qui, au lieu d’être reconnus, avaient été durement frappés par les mesures prises après la guerre par le gouvernement tchécoslovaque à l’égard de la population dite ennemie. Face aux persécutions subies comme la perte des logements et des emplois, certains antifascistes ont préféré partir en Allemagne dans le cadre de ce qu’on appelait alors les déplacements volontaires.

Le projet ‘Les héros oubliés’ a ainsi vu le jour, il y a trois ans. Ses résultats sont présentés à une exposition du même nom installée dans la ville d’Ústí nad Labem, d’où elle s’est déplacée à Berlin. A l’occasion de son inauguration, Jiří Paroubek a rappelé notamment:

« Du point de vue moral et humain, je dois condamner les excès commis lors de l’expulsion. Or, s’il n’y avait pas eu de Henlein et ses sympathisants au sein de la minorité allemande, il n’y aurait pas eu l’éclatement de la Tchécoslovaquie et toutes les conséquences. »

Plus de 130 familles ont été contactées dans le cadre du projet ‘Les Héros oubliés.’ Une base riche de 100 000 données réunies jusqu’à présent n’est pas définitive. Les historiens qui prennent part au projet ont recueilli plus de 70 témoignages de personnes directement concernées ou de leurs familles en République tchèque, en Allemagne, en Autriche, en Grande-Bretagne, au Canada et aux Etats-Unis. Le projet démontre qui étaient ces héros oubliés qui ont eu le courage de manifester dans leur comportement quotidien leur résistance civique et leurs positions antinazies : membres de divers partis politiques, syndicalistes, ouvriers, prêtres…

Après la ville d’Ústí nad Labem, c’est à Berlin que les destins des Allemands des Sudètes antifascistes sont rappelés jusqu’au 11 janvier prochain.