Une jument blanche s'offre le Grand Steeple-chase de Pardubice sous les yeux de la princesse Anne

Dusan Andres et Sixteen, photo: CTK

La 117e édition du Grand Steeple-chase de Pardubice a été disputée dimanche. Pour la première fois dans l'histoire longue de plus de 130 ans de cette légendaire course d'obstacles considérée comme l'une des difficiles en Europe, c'est une jument blanche, Sixteen, qui s'est imposée.

Dusan Andres et Sixteen, photo: CTK
Pour la première fois depuis 1936, c'est donc un cheval blanc qui a remporté Velka Pardubicka, ou autrement dit le Grand Steeple-chase de Pardubice, en Bohême de l'Est. Et pour la première fois depuis 1874 et la première édition de cette course d'obstacles mythique souvent comparée au Grand National de Liverpool, c'est même une jument de couleur blanche qui s'est imposée au terme des 6900 mètres d'un parcours jalonné de trente et un obstacles. Agées de sept ans, et montée par le jockey tchèque Dusan Andres, Sixteen, encore jamais alignée auparavant au départ de Velka Pardubicka, a devancé de sept longueurs Decent Fellow, le cheval vainqueur l'an dernier. A la descente du podium, Dusan Andres a expliqué que la tactique choisie, à savoir copier la course de Sixteen sur celle de Decent Fellow, avait porté ses fruits :

Dusan Andres et Sixteen, photo: CTK
« Oui, c'est effectivement ce que j'avais en tête. Je savais que Decent Fellow passait très bien les obstacles. Mon idée était donc de le garder en ligne de mire en restant un peu derrière pour ne pas être impliqué dans une chute. Trois sauts avant l'arrivée, j'ai commencé à sentir que la victoire nous tendait les bras car Sixteen finit toujours très bien et j'ai su que nous avions course gagnée lorsque nous avons passé le dernier obstacle. »

Vainqueur pour la première fois à 36 ans et en quatorze participations, Dusan Andres pouvait remercier à l'arrivée l'entraîneur de Sixteen, Josef Vana, lui-même cinq fois vainqueur de la course en tant que jockey par le passé. A bientôt 55 ans, Josef Vana n'a pas pu participer cette année, victime d'une fracture d'une vertèbre. Pour autant, il a bien entendu suivi très attentivement le déroulement de la course pour affirmer à l'issue de celle-ci que Sixteen est vite apparue à ses yeux comme le principal cheval favori :

Photo: CTK
« Bien entendu, il ne s'agit de faire le malin après l'épreuve, surtout qu'il y a eu des chutes qui ont éliminé certains chevaux qui pouvaient prétendre à un bon classement, mais j'ai senti que Sixteen allait l'emporter dès le septième obstacle, toujours délicat à passer. Lorsqu'elle saute aussi bien comme aujourd'hui, elle devient difficile à battre, surtout que suite aux chutes, il n'y avait plus de concurrence très forte à l'approche de l'arrivée. Et puis, Sixteen était en bonne forme, je l'avais déjà remarqué lors des cinq dernières semaines d'entraînement où elle avait de meilleurs résultats que les autres chevaux. »

La princesse Anne avec Livia Klausova, photo: CTK
Outre le chèque d'un peu plus de 80 000 euros remis au vainqueur, Dusan Andres a eu l'honneur d'être félicité sur le podium par la princesse Anne. En visite de trois jours en République tchèque, la fille d'Elizabeth II, reine du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord, se trouvait parmi les 30 000 spectateurs ayant assisté au Grand Steeple-chase de Pardubice. Accompagnée de la femme du président de la République, Livia Klausova, et aux côtés du Premier ministre Mirek Topolanek, la princesse Anne, sacrée championne d'Europe du concours complet d'équitation en 1971, a apprécié la course en connaisseuse du monde hippique. Quant à Dusan Andres, c'est autre chose qu'il a, semble-t-il, apprécié :

La princesse Anne et Sixteen, photo: CTK
« Je n'avais encore jamais baisé la main d'une princesse. Aujourd'hui, cela s'est produit, c'est donc un jour parfait pour moi. »

Si la 117e édition de Velka Pardubicka restera donc dans les annales pour avoir vu la première victoire d'une jument blanche promise à un bel avenir, elle s'est malheureusement également une nouvelle fois inscrite plus tristement, un des chevaux, la jambe cassée suite à une chute collective au franchissement d'un obstacle, ayant dû être abattu. Au total, seuls neuf des quatorze chevaux ont terminé une course dont l'extrême exigence est pourtant aujourd'hui moins critiquée qu'autrefois par les défenseurs des animaux.