Vera Caslavska : grandeur et misère de la première dame de la gymnastique sportive

Vera Caslavska, photo: Ron Kroon / Anefo, Creative Commons 3.0

La gloire, le succès, le bonheur... Vera Caslavska, grande vedette de la gymnastique sportive tchécoslovaque, les a connus dans les années soixante du siècle écoulé. Un regard sur les hauts et les bas de la vie de cette femme hors du commun, à l'occasion de son soixantième anniversaire, ce vendredi 3 mai, avec Alena Gebertova.

Vera Caslavska, photo: Ron Kroon / Anefo, Creative Commons 3.0
Sept fois championne olympique, Vera Caslavska a brillé en 1964 à Tokio et, quatre ans plus tard, à Mexico. La charmante Vera est au sommet de la gloire lorsqu'elle épouse, pendant les Jeux olympiques dans la capitale mexicaine, le coureur Josef Odlozil, médaille d'argent olympique. Jamais un mariage entre sportifs tchèques n'aura un tel retentissement. Deux enfants, une fille et un fils, seront nés de cette union. Toujours en 1968, Vera Caslavska est proclamée meilleure sportive du monde, la seconde femme en popularité planétaire après Jacqueline Kennedy.

C'est l'écrasement du Printemps de Prague, en août 1968, et les années de « normalisation » qui s'ensuivent, qui assènent le premier coup dur à la célèbre gymnaste. Elle s'oppose ouvertement au mal instauré en signant le fameux manifeste 2000 mots, dénonçant les pratiques du régime. Celui-ci le lui rend en la faisant disparaître de la scène publique et en la persécutant. Côté vie privée, Vera Caslavska n'est pas très heureuse non plus. Elle divorce de son bel athlète, après dix-neuf ans de mariage.

La chute du régime communiste, en novembre 1989, met Vera Caslavska, de nouveau, au-devant de la scène. Elle est élue présidente du Comité olympique tchécoslovaque, reçoit des prix et des distinctions. Vaclav Havel l'invite au Château en qualité de conseillère. Tout bascule en 1993. Pendant une bagarre qui oppose son ex-mari et son fils Martin, dans une dicothèque, le père meurt. Le fils est condamné à quatre ans de prison ferme, pour être par la suite grâcié par le président Havel. Pendant quelques années encore, Vera Caslavska fait tout pour se remettre de ce drame et pour mener une vie normale. Une tentative qui s'avère impossible. A la fin des années quatre-vingt-dix, elle se réfugie dans un foyer d'assistance sociale, rompant pratiquement tous les contacts avec le monde. Ses enfants et sa grande amie, Dana Zatopkova, épouse du cèlèbre athlète défunt, Emil Zatopek, sont les rares relations qu'elle maintient. La solitude est la compagne que Vera Caslavska a choisie, pour ses soixante ans...