1% du budget pour la culture, mot d'ordre du monde des arts vivants

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Ce mercredi, les représentants et porte-parole de théâtres et autres institutions culturelles alternatives se sont rassemblés non loin du Parlement tchèque pour demander que plus de moyens financiers soient accordés aux arts dits vivants. Directrice de l'association Tanec Praha, Yvona Kreuzmannova est l'une des porte-parole de l'Iniciative pour la culture à l'origine de ces revendications. Avant de se rendre à la manifestation, elle en a expliqué les objectifs :

« La manifestation est organisée par Iniciative pour la culture, une association des organisations professionnelles qui travaillent dans le monde des différents arts vivants. Nous sommes tombés d'accord sur la nécessité de faire quelque chose, car la situation est incroyable. Nous avons déjà commencé cet été, en contactant le ministère des Finances, en disant qu'il fallait vraiment augmenter le budget culturel. Il n'y a pas eu de réponse et le projet de budget pour l'année 2006 est toujours aussi bas. »

Vous faites la distinction : quand vous dites les arts vivants, c'est plutôt les arts alternatifs ou les institutions nationales ? Y a-t-il une différence ?

« Oui, il y a une grande différence. Il faut savoir que le ministère de la Culture dirige les grandes institutions nationales, et là, les budgets sont vraiment élevés. Par exemple, le Théâtre national reçoit près de 500 millions de couronnes par an. Si on compare tout cela avec les subventions que le ministère donne aux autres activités théâtrales qui représentent 9 millions de couronnes, on voit que la disproportion est très forte. C'est pour cela qu'on proteste, nous n'avons rien contre le Théâtre national, mais il s'agit du système qui ne s'occupe pas des autres activités à côté des institutions nationales. »

Vous allez remettre une pétition ? Comment cela va-t-il se passer cet après-midi ?

« On a déjà essayé de parler avec les élus du Parlement. Nous étions présents aussi bien au sein du Comité culturel que dans la Commission budgétaire. Il y a des gens au Parlement qui tiennent à ce que notre proposition soit soumise au vote cet après-midi. »

Comment font à l'heure actuelle tous ces arts vivants qui ne sont pas subventionnés par l'Etat ? Y a-t-il des financements privés par exemple ?

« On essaye de survivre... C'est vrai que la ville de Prague, par exemple, qui avait écouté nos protestations il y a un an, a déjà essayé de mettre en place un système de financement des activités indépendantes plus important et plus transparent. Là, on voit des progrès et on espère qu'on aura un budget plus important l'an prochain. C'est ce que le maire a promis. Il y a les budgets des régions et des villes qui sont bien sûr plus importants pour ces activités et surtout pour les théâtres. »

Et les subventions européennes ?

« Les subventions européennes sont un point très important. Parmi toutes ces activités artistiques qui protestent, il y en a qui ont déjà reçu le soutien de Culture 2000 ou de MediaDesk, mais ce n'est pas vraiment respecté par le ministère. »

Est-ce qu'il y a des modèles à l'étranger qui vous inspirent ?

« Oui, bien sûr. On utilise tous les modèles que l'on connaît. Par exemple, le modèle britannique avec les « Arts councils », soit les Conseils des Arts, qui décident vraiment avec le soutien des experts. Il y a un vrai soutien de toutes les activités. Il y a le système du financement croisé en France qui est très attirant, parce qu'il n'y a pas seulement les villes, mais aussi les départements, les régions et puis le ministère. Chacun participe. Nous essayons de comparer les différents systèmes en Europe et de troiuver notre propre voie, mais malheureusement, nous n'avons jamais eu de partenaire au sein du ministère. »