800 ans depuis la naissance de sainte Agnès de Bohême

Sainte Agnès de Bohême

Il y a 800 ans naissait Agnès, princesse de Bohême, future sainte patronne des Tchèques. L’occasion de revenir sur la destinée de cette jeune femme, qui renonça à une destinée royale, voire impériale, pour se consacrer aux nécessiteux.

On ne sait évidemment pas exactement quel jour du mois de janvier 1211 est née Agnès, fille du roi Přemysl Otakar Ier et de Constance de Hongrie. Mais l’on retient généralement le 20 janvier, date à laquelle les membres de l’Ordre des chevaliers à la croix rouge fêtent sa naissance.

Anežka, comme disent les Tchèques, aurait pu vivre une vie somme toute assez « classique » de fille de sang royal : fiancée dès son plus jeune âge, elle échappera pourtant à différents mariages de raison, des alliances qui auraient même pu faire d’elle une future impératrice du Saint-Empire, comme le rappelle la cardinal Miloslav Vlk :

Miloslav Vlk, photo: Barbora Kmentová
« Elle a eu la possibilité d’accéder au pouvoir, d’avoir de l’influence, mais elle a renoncé à tout cela. »

Agnès décide de consacrer sa vie aux pauvres : elle fonde d’abord un hôpital avec son frère, le roi Venceslas Ier, qui lui donne pour se faire des terres, le long de la Vltava. Elle fonde un couvent, aujourd’hui appelé couvent Sainte-Agnès qui abrite les collections d’art médiéval de la Galerie nationale. Puis elle entre dans l’ordre des Clarisses, qui suivent l’enseignement de saint François d’Assise. Plus tard, elle participe aussi à la fondation d’ un ordre masculin hospitalier, l’Ordre des chevaliers à la croix rouge, le seul qui soit d’origine tchèque. Jan Royt, historien :

Jan Royt, photo: Barbora Kmentová
« Agnès est devenue célèbre à cause de sa compassion envers les pauvres. Mais elle est aussi restée fidèle à sa famille, à son lignage. Son neveu, le roi Premysl Otakar II, est entré plus tard en conflit avec les Habsbourg. Et là encore, même si l’Eglise avait jeté l’anathème sur Přemysl Otakar II, Agnès priait pour lui et est restée fidèle à sa famille. »

Considérée comme une sainte de son vivant, il faudra attendre novembre 1989, quelques jours avant la révolution de velours, pour que le pape Jean-Paul II canonise officiellement Agnès. Un événement qui dans le contexte de l’époque fut évidemment pris comme un symbole fort. Une des raisons pour lesquelles la canonisation de la princesse de Bohême se fit attendre, est qu’on n’avait jamais retrouvé sa dépouille.

Des fouilles archéologiques ont été menées au début de l’année dernière, sous les dalles de la nef de l’église Saint-Haštal, photo: Barbora Kmentová
A cet égard, des fouilles archéologiques ont été menées au début de l’année dernière, sous les dalles de la nef de l’église Saint-Haštal, dans la Vieille-Ville de Prague, où certains pensaient avoir décelé ce qui pourrait être les restes d’ossements de la sainte. Une légende raconte d’ailleurs que quand la dépouille sera retrouvée, ce sera le début d’une ère d’abondance en Bohême. Mais les recherches qui se sont finalement avérées infructueuses...

L’année 2011 est donc une année de jubilée pour sainte Agnès de Bohême, une année qui culminera le 25 novembre prochain, au couvent Sainte-Agnès où une grande exposition consacrée à sa vie sera inaugurée.