À Bratislava, la visite de Tomio Okamura réchauffe les relations tchéco-slovaques
Jamais encore sans doute depuis la partition de l’État tchécoslovaque commun, la visite d’un président du Parlement de l’un des deux pays chez le voisin n’aura suscité autant de commentaires. Dans le délicat contexte géopolitique qui, en Europe centrale, a fait suite à l’éclatement de la guerre en Ukraine, le passage du nouveau président de la Chambre des députés tchèque et leader du parti d’extrême droite SPD, Tomio Okamura, en Slovaquie, ces mardi et mercredi, a été suivi avec une attention toute particulière. Notamment parce qu’il marque probablement la fin des tensions diplomatiques entre Prague et Bratislava.
« Une relance des relations tchéco-slovaques. » Un peu plus d’un an et demi après que le cabinet du Premier ministre tchèque Petr Fiala a décidé de suspendre les consultations intergourvernementales entre les deux pays en raison de divergences fondamentales sur des questions clés de politique étrangère - et notamment sur le soutien militaire à l’Ukraine -, c’est en ces termes que Richard Raši, le président du Conseil national slovaque, a évoqué la visite à Bratislava, mardi, de son homologue tchèque :
« Je pense qu’il est important pour nos peuples, pour nos relations sociales, politiques, mais aussi économiques, que les dirigeants des parlements, nos parlements eux-mêmes et nos gouvernements soient sur la même longueur d’onde. Et que nous sachions non seulement développer nos relations historiques et naturelles, mais aussi continuer à les faire évoluer. »
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Pour Tomio Okamura, nouveau président de la Chambre basse du Parlement tchèque, il s’agissait de son premier voyage à l’étranger depuis son élection, il y a près d’un mois. Et comme le veut la tradition entre les deux pays, c’est naturellement d’abord chez le voisin historiquement et culturellement le plus proche qu’il s’est rendu.
Mais surtout, en attendant la nomination du nouveau gouvernement, une coalition tripartite qui sera composée du mouvement populiste ANO, du SPD et des Automobilistes, deux partis eurosceptiques et nationalistes, il s’agissait du premier voyage à l’étranger d’un haut représentant de la nouvelle équipe appelée à tenir le gouvernail politique en Tchéquie lors des quatre prochaines années.
Pour cette visite essentiellement de courtoisie, mais néanmoins hautement symbolique en raison, donc, du refroidissement des relations entre Prague et Bratislava depuis le retour au pouvoir de Robert Fico il y a deux ans et du rapprochement opéré par la Slovaquie avec la Russie, Tomio Okamura était accompagné de huit autres députés, parmi lesquels ne figurait aucun représentant de la prochaine opposition.
« Je dois dire que dès cette première réunion avec la partie slovaque, nous sommes parvenus à des accords sur plusieurs questions concrètes, à savoir que nous pouvons et voulons rechercher ensemble des positions communes, c’est-à-dire rejeter la mise en œuvre de certaines mesures, rejeter la politique pro-immigration de l’Union européenne et lutter pour l’abrogation de l’interdiction de vente des moteurs à combustion à partir de 2035. Cela montre clairement que nous sommes des pays de la région d’Europe centrale et que nous avons des intérêts similaires. »
Avant même de s’envoler pour Bratislava, Tomio Okamura, qui pour l’occasion a également été reçu par Robert Fico et le président Peter Pellegrini - preuve de l’importance que la partie slovaque accordait à cette visite -, avait clairement annoncé que l’objectif de celle-ci était de « renouer des relations privilégiées avec la Slovaquie », et que dans ce cadre, il ne souhaitait « vraiment pas que quelqu’un dise là-bas qu’il n'aime pas Fico ».
Preuve de cette bonne volonté, Tomio Okamura, devant les journalistes, a soutenu la décision prise cette année par la Slovaquie d’ajouter à sa Constitution, entre autres, une disposition sur la souveraineté du pays, notamment en matière d’identité nationale. En raison de cette modification de la loi fondamentale, la Commission européenne a récemment engagé une procédure d’infraction contre la Slovaquie concernant la conformité de l’amendement constitutionnel avec le principe de la primauté du droit européen sur le droit national.








