A table !

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Salut à tous les tchécophiles de Radio Prague – Ahoj vám všem, milovníkům češtiny Radia Praha ! A table ! Nombreuses sont les expressions tchèques qui se réfèrent aux activités, aux accessoires, aux ingrédients du déjeuner. C’est donc à un petit tour de table en compagnie de Jan que nous invitons pour cette fois…

Honzo, à table ! Le personnage de Jan, qui se dit aussi Honza ou Jenda en tchèque, et équivaut à Jean en français, revient de nouveau dans le Tchèque du bout de la langue – vous vous rappelez, le Jan qui avait un sentier sur la tête dans une émission de novembre dernier. Jan va nous aider à visualiser la tablée tchèque des expressions… Attablons-le donc, le déjeuner endiablé peut commencer ! C’est l’histoire de Jan qui veut nous dire quelque chose… Imaginons d’abord les plats qui défilent sous son nez – rýže, ryba, rak, kaše, guláš, knedliky... riz, poisson, écrevisses, purée, et puis quelques spécialités tchèques également, un guláš, le goulasch étant ce traditionnel plat de viande en sauce, accompagné de knedliky, sorte de quenelles indispensables à la sauce du guláš…

Et puis tout d’un coup, tout se mélange, les plats prennent vie et sèment la zizanie dans le repas de Jan ! Il se lève et commence à « tourner autour du pot de purée chaude »– chodí kolem horké kaše – autrement dit, il baratine, n’arrive pas à en venir à son propos. A force de tourner autour, il est complètement « dans le riz » – je v rejži. S’il était Français, il nagerait dans la panade, mais comme il est Tchèque, c’est dans le riz qu’il se noit, imaginez un peu! Pour aller avec le riz, il n’arrive pas à choisir entre le poisson et l’écrevisse – plutôt « ni l’un, ni l’autre » – ani ryba ani rak. La détermination de Jan se détériore – ni chair, ni poisson! Il a la tête toute embrouillée, comme si elle était pleine de goulash – má guláš v hlavě. Alors il décide de se calmer, finit sa purée, son riz, son non poisson, sa non écrevisse, et veut parler calmement. A ce moment-là il prend une fourchettée de guláš accompagnée d’un morceau de knedlík... qui lui reste coincé dans la gorge. « Il a un knedlík dans la gorge » - Má knedlík v krku! Bon, il s’en sortira quand même, et il a finalement de la chance, parce que s’il était Français, c’est un chat qu’il aurait dans la gorge...

Contre les knedlíky envahisseurs de gorge, quoi de tel qu’un verre d’eau – sklenice vody. Jan est déterminé à commencer puis finir sa phrase grâce audit verre d’eau. C’est sans compter l’explosion physique qui se déclenche sans crier gare : une tempête dans un verre d’eau - bouře ve sklenici vody. Le pauvre Jan s’embrouille et dehors, il pleut des cordes - lije jako z konve– soit « il flotte comme d’un broc d’eau ». Jan regarde par la fenêtre avec une soudaine envie de décrocher un bout du bleu du ciel pour le donner à quelqu’un – dát někomu modré z nebe– autrement dit, de lui donner la lune... Comme c’est impossible, il passe au dessert. Dans le plateau de fruits, difficile de se décider entre les pommes et les poires – Jan srovnává hrušky s jablky– « il compare les poires et les pommes », comme pour les torchons et les serviettes. Et puis finalement, il parle. Ce qu’il voulait en fait, ce n’était pas nous offrir la lune, c’était nous tartiner du miel autour de la bouche – mazat med kolem pusy, il voulait nous flatter, nous adoucir, pour obtenir quelque chose. Mais on a reconnu le coup du miel et on ne l’a pas laissé finir.

Le repas tire à sa fin, Jan « en a plein les dents » – Jan má toho plný zuby– il en a plein le dos. Il retouche à son verre d’eau et c’est la dernière goutte – poslední kapka– et chez les Tchèques, l’histoire ne dit pas si elle fait déborder le vase… Mais l’histoire dit qu’elle termine ce repas catastrophique et qu’elle referme ainsi ce « Tchèque du bout de la langue » ! Et en attendant de vous retrouver dès la semaine prochaine, portez-vous du mieux possible – mějte se co nejlíp !, portez le soleil en vous – slunce v duši, salut et à bientôt – zatím ahoj!