Accord de coalition gouvernementale : le parti TOP 09 pose un ultimatum à ses partenaires

Miroslav Kalousek, photo: CTK

Mauvaise ambiance au gouvernement, alors que les formations politiques qui le composent négocient la signature d’un nouvel accord de coalition, le parti conservateur TOP 09 a formulé un ultimatum à ses partenaires. Il souhaite imposer l’adhésion de la République tchèque au Pacte budgétaire européen, un mécanisme critiqué qui met en place des sanctions automatiques contre les pays qui ne le respectent pas, sans quoi le parti du candidat malheureux à la présidentielle Karel Schwarzenberg, ne signera pas cet accord.

La coalition gouvernementale de droite de Petr Nečas, qui rassemble le parti civique-démocrate, le parti TOP 09 et une formation plus petite LIDEM, semble connaître un état de crise permanente et pourrait ne pas s’entendre sur le nouvel accord de coalition sur lequel ils travaillent depuis la fin de l’année 2012. Le mouvement politique TOP 09 entend en effet imposer à ses partenaires la ratification du Pacte budgétaire européen, que seuls le Royaume-Uni et la République tchèque n’ont pas adopté. Pour le ministre des Finances et vice-président de ce parti conservateur Miroslav Kalousek, la situation est limpide :

Miroslav Kalousek, photo: CTK
« Nous avons à signer un accord de coalition, donc nous signerons quelque chose qui contient nos priorités. Parmi nos priorités, il y a la volonté de mener une politique étrangère pro-européenne. Dans ce cadre nous voulons imposer le paquet fiscal européen et si les partenaires de la coalition gouvernementale refusent cette demande et bien nous ne signerons tout bonnement pas l’accord de coalition. C’est très simple. »

Cet ultimatum de TOP 09 a été accueilli souvent froidement par les membres des deux autres partis de la coalition gouvernementale, dont certains ont regretté de l’avoir appris par la presse. Pour beaucoup, ce n’est pas le moment idéal pour aborder cette question du Pacte budgétaire européen, qui, il faut le rappeler, institue un mécanisme automatique de sanctions économiques, qui devraient prendre, comme en Grèce, la forme de mesures d’austérité avec des réductions de salaire et des destructions de services publics, pour les pays qui ne respecteraient pas la rigueur budgétaire. La présidente du parti LIDEM Karolína Peake considère que le débat a déjà eu lieu à l’été dernier :

Karolína Peake, photo: Filip Jandourek, CRo
« Ce n’est pas un sujet complètement nouveau. Il a été abordé il y a environ six mois quand le pacte fiscal était questionné dans le cadre de l’Union européenne. A cette époque, le gouvernement a clos cette question de façon claire en indiquant que le pacte budgétaire européen serait accepté seulement après la tenue d’un référendum sur l’adoption de l’euro. »

Mais pour les membres de TOP 09, nul besoin de référendum puisque selon eux l’adoption de la monnaie unique européenne est l’aboutissement logique de l’adhésion à l’Union européenne, qui, elle, avait été soumise à référendum. On veut également profiter du fait que Václav Klaus, qui n’aurait jamais accepté de ratifier ce Pacte européen, achève son mandat en mars prochain. Pour le candidat social-démocrate à la présidentielle, Jiří Dientsbier, éliminé au premier tour mais auteur d’un score très honorable, rejoindre ce mécanisme serait également une bonne chose, car il n’obligerait pour le moment à rien, mais il se dit fatigué qu’éclate une énième crise gouvernementale :

Jiří Dientsbier, photo: Filip Jandourek, CRo
« Adhérer au pacte fiscal européen ne nous oblige à rien jusqu’au jour où nous adopterons l’euro. C’est à nous de prendre cette décision. Sauf que cela nous permettrait de nous asseoir à la table de nos partenaires européens pour avoir des informations et débattre des futures orientations de l’UE. D’un autre côté, je ne peux pas évaluer la gravité de cette crise gouvernementale puisque presque chaque semaine nous avons droit à notre lot de crises gouvernementales et jusqu’à présent le gouvernement a survécu et survit à absolument tout. »

Pourtant, certains à l’ODS comme dans l’opposition y voient surtout une manœuvre du parti conservateur TOP 09 pour provoquer des élections anticipées et surfer sur la vague de popularité et sur la dynamique de campagne du candidat perdant à la présidentiel Karel Schwarzenberg, pour s’imposer comme la principale formation à droite. Miroslav Kalousek n’a-t-il pas déclaré dimanche que les sympathisants de TOP 09 « n’ont pas Karel Schwarzenberg comme président, ils pourraient l’avoir comme Premier ministre ». Toutefois, dans le cas où la demande du parti conservateur n’était pas exaucée, le gouvernement pourrait tout simplement continuer à fonctionner mais sans accord de coalition et dans une atmosphère toujours aussi mortifère.