Aperçu sur le commerce en Tchéquie

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Un survol de l'économie tchèque et de la politique économique du gouvernement donnerait à nos auditeurs une idée générale sur ce qui se fait dans le domaine commercial en Tchéquie et, notamment, sur les difficultés que rencontre l'économie pour s'adapter aux changements imprévisibles du marché, et les entreprises pour moderniser leur processus de production, réduire les coûts et rendre plus concurrentiels leurs produits. C'est ce que nous nous proposons de faire. Bonne

Selon le rapport du Ministère de l'Industrie et du Commerce sur l'évolution du commerce extérieur en 2001, les automobiles constituent l'article le plus exporté, avec un revenu de 111 milliards de couronnes. La question se pose de savoir si cette prépondérance ne présenterait pas un certain risque pour l'économie. Mais les experts du ministère estiment que le commerce extérieur comporte plusieurs risques. Par exemple, la République Fédérale d'Allemagne est, avec 40% de participation au commerce tchèque, le partenaire principal. Un quelconque déséquilibre de son économie peut logiquement se répercuter sur la Tchéquie. Il est vrai que les véhicules automobiles représentent, vraiment, une grande partie des exportations, mais d'année en année augmentent également les exportations des machines, des appareils électrotechniques, électriques et d'optique. Si, en 1996, la part de ces appareils et des véhicules était de 33 %, actuellement elle est de 47 %. Le solde import-export de ces articles enregistrait un passif de 90 milliards de couronnes, alors qu'aujourd'hui, il est à plus de 14,6 milliards. Si les exportations ont augmenté, au cours de l'année dernière, de 13 %, les machines et les véhicules ont représenté 69% du total. L'accroissement de l'exportation ne réside pas dans les rails, les pierres taillées, mais dans les articles compliqués et capables d'affronter la concurrence, estime-t-on au ministère de l'Industrie et du Commerce.

Mais que faire de l'augmentation des importations que nous savons, elle aussi, constante ? N'importons-nous pas en Tchéquie que les articles que nous mangeons ou consommons ? La structure de l'importation, elle aussi, répondent les experts, change de la même manière. La part des machines et des installations augmente. Donc, les importations, nous ne les mangeons pas. Mais le commerce extérieur s'est soldé par un déficit de 119 milliards de couronnes en 2001. Ce n'est pas peu. L'opposition utilise, entre autres, ce déficit, pour critiquer la politique économique du gouvernement. Mais le commerce extérieur fait partie, organiquement, de la balance commerciale en tant qu'unité. En contrepartie du déficit de la balance commerciale, il y a surplus au compte financier, qui le compense. Les experts du ministère de l'Industrie et du Commerce disent que la balance des paiements globale est positive. Mais le pays doit s'efforcer, ajoute-t-on, d'avoir une balance commerciale équilibrée.

Dans les économies en transformation ou en croissance, ce qui est le cas de la Tchéquie, nous ne pouvons nous attendre à ce que la balance commerciale soit équilibrée, encore moins excédentaire. Les politiques ne relèvent pas trop que le déficit de la balance commerciale est, depuis quelques années, en résorption constante. Après quelques années de constante croissance, la Tchéquie a réussi à stopper le déficit de la balance commerciale. Ce qui est important est que le déficit de la balance commerciale soit sous contrôle. Cela dit, il reste vrai que le fait qu'on ait réussi à diminuer le déficit, représente une réussite de l'industrie tchèque.

Une partie des politiciens de l'opposition et de nombreux analystes soutiennent que l'Etat ne doit pas intervenir dans l'économie. Mais les socialistes au pouvoir contestent. Il est vrai que, quand les industriels ont de bons résultats et que la tendance est à la croissance, ils essayent de faire valoir des idées libérales, à savoir que l'Etat doit s'abstenir. Quand la situation change ou que pour diverses raisons ces industriels ont de mauvais résultats, ils affirment que l'Etat doit soutenir son industrie, ses entreprises, et intervenir activement. L'Etat n'est évidemment pas là pour faire des interventions radicales dans l'économie, et le ministre de l'Industrie et du Commerce, Miroslav Gregr, se défend qu'il fasse des interventions radicales et précise qu'il ne peut les faire. N'importe comment, l'Etat, sans être interventionniste, doit aider à la création d'un environnement sain pour la recherche et le développement de l'entreprise ; il doit aussi soutenir les régions, les petites et moyennes entreprises, les informer sur l'évolution dans le monde, pour qu'elles aient des articles capables d'affronter la concurrence à l'exportation. Tous les Etats développés le font, rappelle Gregr. L'aide de l'Etat ne peut pas tout à fait disparaître et, ce qui est intéressant, est que les derniers sondages STEM ont démontré que les citoyens sont souvent plus raisonnables que certains politiciens, quand ils sont convaincus que l'Etat devrait avoir une certaine influence sur l'économie. Le rôle de l'Etat est assez important, notamment par des temps durs. L'Etat trouve-t-il alors de nouveaux marchés pour les marchandises tchèques ? Il y a un an, l'économie allemande a connu un ralentissement - nous l'avons dit - et les sociétés tchèques étaient obligées de rechercher de nouveaux marchés. Les exportations vers des pays comme la France, la Grande-Bretagne et la Slovaquie ont ainsi connu une augmentation. Une certaine compensation de la chute du commerce avec l'Allemagne a donc été trouvée dans d'autres pays de l'UE. La balance commerciale avec l'UE est même passée du passif à l'actif, dit-on au gouvernement.

Mais il reste beaucoup à faire dans le domaine de la compétitivité de la marchandise tchèque. En comparaison avec les pays les plus développés en Europe, l'accroissement du hight-tech n'est pas aussi rapide qu'il devrait l'être. Par exemple, dans les exportations cela représente environ 9% des marchandises. Le problème réside dans le manque de capitaux à investir dans la recherche et dans le développement, mais aussi dans le fait que l'argent investi dans ce secteur n'est pas toujours utilisé d'une manière efficace. "Peut-être participerons-nous un jour aux sources mondiales de la connaissance ? Mais, pour le moment, nous n'innovons pas dans la pratique de nos sociétés. Il y a dix ans, les sociétés liquidaient leur propre recherche et le développement dans le but de diminuer les frais. Mais la situation semble changer, la plupart des sociétés savent que, sans une activité innovatrice, elles ne peuvent pas survivre. Le problème est que les petites sociétés, même si elles savent qu'elles ont besoin d'innovation, de technologies modernes, n'ont pas, pour le moment, de fonds suffisants. La situation va-t-elle changer avec l'admission à l'UE ?

Auteur: Omar Mounir
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